Olivier Bruyeron, président de Coordination SUD.
© LTD/Laure Playoust
À l’heure où les budgets dédiés à l’aide publique au développement (APD) reculent et où les besoins mondiaux explosent, Olivier Bruyeron, président de Coordination SUD, une coalition d’organisations engagées pour la solidarité internationale, tire la sonnette d’alarme.
Pour nous, jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices de ONE, cet enjeu ne peut rester invisible : la solidarité internationale doit rester au cœur des priorités politiques. Nous demandons le maintien et le renforcement des financements de l’aide publique au développement, et ce, dès le budget 2027 de la France.
Une baisse qui interroge les engagements de la France
L’aide publique au développement française avait atteint un niveau historique en 2022, avec environ 15,4 milliards d’euros, soit 0,56 % du revenu national brut (RNB). Cette progression semblait rapprocher la France de l’objectif international de 0,7 %, fixé par les Nations unies en 1970. Cet objectif avait par ailleurs été entériné dans la loi de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales, adoptée en 2021, qui fixait l’atteinte des 0,7 % d’ici 2025.
Pourtant, la dynamique s’est inversée. Depuis 2024, les orientations budgétaires ont multiplié les baisses de crédits pour l’APD : en trois ans, l’APD a été divisée par deux. Selon les derniers chiffres de l’OCDE pour 2025, l’aide française est retombée à 0,42 % du RNB, marquant un recul significatif.
Une réalité humaine derrière les arbitrages
Dans sa tribune, Olivier Bruyeron insiste sur ce que ces chiffres ne disent pas immédiatement. L’aide publique au développement ne se résume pas à des lignes budgétaires : elle finance des actions concrètes, parfois vitales. Cette aide permet notamment de renforcer les systèmes de santé, de soutenir l’accès à l’éducation ou encore de lutter contre les crises alimentaires et climatiques. Réduire ces financements, c’est inévitablement limiter ces actions et fragiliser des populations déjà exposées à des vulnérabilités multiples.
Un outil stratégique trop souvent minimisé
Au-delà de sa dimension humanitaire, l’aide au développement constitue également un instrument stratégique. Elle participe à la stabilité internationale, à la prévention des crises et au maintien de l’influence française dans un contexte géopolitique de plus en plus concurrentiel. Plusieurs analyses récentes rappellent qu’il s’agit moins d’un coût que d’un investissement dont les effets se mesurent à long terme, tant sur le plan diplomatique que sécuritaire.
Refuser le silence : l’engagement de ONE
C’est précisément ce silence dénoncé par Olivier Bruyeron que nous refusons. Au sein de ONE, nous nous mobilisons pour que la solidarité internationale reste une priorité politique. En tant que jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices, nous portons un plaidoyer clair : maintenir et renforcer les financements de l’aide publique au développement.
Notre engagement consiste à sensibiliser, à interpeller et à rendre visibles ces enjeux souvent absents du débat public. Car lorsque l’APD disparaît des discussions, elle devient plus vulnérable aux arbitrages budgétaires et ses impacts, eux, restent invisibles.
Faire de la solidarité un choix assumé
L’aide publique au développement représente une part limitée du budget de l’État, inférieure à 0,6 %, mais elle joue un rôle déterminant à l’échelle mondiale. La question qu’elle pose est donc profondément politique : quelle place la France souhaite-t-elle accorder à la solidarité internationale dans son action ?
Répondre à cette question implique de dépasser les logiques de court terme. Comme le rappelle Olivier Bruyeron, laisser la solidarité disparaître dans le silence reviendrait à accepter son effacement progressif.
Ne pas détourner le regard
Face à des crises globales de plus en plus imbriquées, la solidarité internationale n’est ni accessoire ni optionnelle. C’est une nécessité. Chez ONE, nous continuerons à défendre cette conviction : derrière chaque décision budgétaire, il y a des vies, et derrière chaque silence, un renoncement possible.
Refuser ce silence, c’est déjà agir.
Ce billet de blog a été rédigé par Pauline Charmeux, jeune Ambassadrice de ONE.