Chaque année, lors du vote du budget, les jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices engagé·e·s aux côtés de ONE se mobilisent pour interpeller les député·e·s à l’Assemblée nationale afin de défendre un montant de l’aide publique au développement (APD) à la hauteur des crises contemporaines.
Cependant, la tendance des dernières années tend vers une réduction croissante du montant alloué par la France à l’APD. Entre 2023 et 2026, l’APD a été réduite de moitié. Les financements français de l’année 2026 sont retombés au niveau de 2008, malgré des preuves documentées sur l’efficacité de l’APD pour sauver des vies.
C’est pourquoi, cette année plus que jamais, il nous paraissait crucial de faire entendre notre message. Retour ci-dessous sur la mobilisation de nos jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices.
Plaider pour défendre la santé mondiale
Dans le projet de loi de finances (PLF) 2027, le gouvernement prévoit une nouvelle coupe de 400 millions d’euros pour l’APD. Cette décision pourrait causer jusqu’à 3,5 millions de décès supplémentaires d’ici à 2030. A l’inverse, ces 400 millions permettraient de sauver près de 400 000 vies et de vacciner 6,5 millions d’enfants, selon un calcul de ONE.
La santé mondiale est un enjeu global : investir dans les pays en développement, c’est un acte de solidarité, mais aussi de “sécurité collective, de stabilité géopolitique et de résilience des sociétés”.
Dans ce contexte, la coupe annoncée est particulièrement disproportionnée et injustifiée. L’APD ne représente que 0,5 % du budget de l’Etat, or elle fait partie des lignes budgétaires les plus impactées par les coupes prévues dans le PLF. Justifiées par le gouvernement par la nécessité de mesures d’austérité budgétaire dans le contexte économique actuel, ces coupes ne sont pas une fatalité, elles sont le résultat de choix politiques avec des conséquences directes sur notre santé collective.
Bien que la composition actuelle de l’Assemblée nationale ne dégage pas de majorité claire, nous, jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices, avons choisi de nous organiser en amont de l’examen du PLF. Notre objectif ? Parvenir à obtenir le plus de rendez-vous possible pour défendre l’APD, notamment les financements liés à la santé, auprès des député·e·s.
Reconnecter l’aide internationale aux taxes solidaires
Nos demandes sont simples et n’exigent pas de dépenses supplémentaires. Elles mobilisent des outils financiers transpartisans qui existaient par le passé et qui ont prouvé leur efficacité.
- Réaffecter les taxes solidaires à l’APD
La taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) et la taxe sur les transactions financières (TTF), créées respectivement par les présidents Jacques Chirac en 2006 et Nicolas Sarkozy en 2012, font partie des taxes solidaires dont les recettes étaient directement affectées à l’APD. Or, depuis 2025, ces taxes sont renvoyées au budget général de l’Etat pour combler le déficit, sans garantie que les recettes financent la solidarité internationale, conformément à leur objectif initial.
➡️ ONE demande le rétablissement du lien historique entre ces taxes et l’APD afin de garantir des fonds prévisibles et stables pour l’APD.
2. Prioriser la santé dans l’APD
L’aide internationale dans le domaine de la santé est le secteur le plus touché par les coupes budgétaires prévues. La France a déjà coupé de 60 % sa contribution à la santé mondiale, alors qu’elle avait permis de sauver 8 millions de vies en 25 ans, soit l’équivalent de la population en Suisse.
➡️ONE demande la priorisation de la santé mondiale dans les allocations budgétaires de l’Etat, en dépriorisant ce qui peut être financé par le privé (banque, énergie, transport…).
Une formation approfondie avant de passer à l’action
Afin de porter ces demandes auprès des député·e·s, nous nous sommes organisé·e·s et préparé·e·s ensemble dans les locaux de ONE ! Le 4 octobre, 23 d’entre nous avons passé un dimanche après-midi à la fois studieux et convivial. Au menu de la journée : formation sur les sujets de fond, ateliers de prise de parole en public, simulation de rendez-vous plaidoyer, ou encore formation à la communication médiatique.
Nous avons aussi eu un temps dédié par groupe d’Ambassadrices et d’Ambassadeurs pour préparer les rendez-vous prévus avec les député·e·s la semaine suivante. Cela nous a permis d’arriver confiant·e·s le jour-J du rendez-vous avec les élu·e·s.
L’élément clé à retenir de cette formation ? Notre légitimité en tant que citoyens et citoyennes à interpeller nos représentant·e·s pour la solidarité internationale. En nous rappelant ce qui dans nos histoires personnelles nous a conduit à nous engager avec ONE, nous avons pu renforcer notre motivation à agir et notre sentiment de légitimité !
Une mobilisation réussie
Avec près de 120 député·e·s contacté·e·s, nous avons pu rencontrer 13 député·e·s à l’Assemblée nationale de divers partis, ainsi qu’obtenir un rendez-vous avec la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Eléonore Caroit.
Les rencontres avec les élu·e·s ont été constructives et ont porté leurs fruits ! Nos propositions d’amendements ont été déposées en commission des finances par près de 5 groupes politiques différents, qui ont aussi choisi d’en parler au sein de leurs groupes respectifs, et ont également été déposées en séance publique.

Nos prochaines étapes
Les efforts que nous avons fournis ont porté leurs fruits, mais la mobilisation n’est pas encore terminée !
Les négociations budgétaires sont encore en cours, et le vote d’un budget n’est pas tout à fait assuré. Nous allons poursuivre notre engagement pour interpeller les député·e·s, sénateur·rice·s et le gouvernement afin de protéger l’APD, notamment en santé, dans le budget pour l’année 2027.
Nous sommes tou·te·s légitimes à agir
Cette mobilisation a renforcé notre conviction collective : en tant que jeunes citoyen·ne·s engagé·e·s, notre voix compte. Nous avons une légitimité à agir et à défendre nos convictions auprès de nos représentant·e·s politiques.
La coupe drastique du montant de l’aide internationale n’est pas un mal nécessaire pour pallier un budget déficitaire. La solidarité internationale est un choix politique. Défendre la santé mondiale et préserver des millions de vies est possible, pour un monde plus juste et égalitaire pour tou·te·s.
C’est pourquoi, nous, jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices de ONE, continuerons de promouvoir le droit à la santé et à une vie digne pour tou·te·s. Cette séquence nous a prouvé que nous étions tou·te·s légitimes, en tant que citoyen·ne·s, à interpeller nos élu·e·s sur les sujets qui nous préoccupent.
Alors n’hésitez plus et engagez-vous à nos côtés !
Cet article de blog a été rédigé par Antonina Savykine, jeune Ambassadrice de ONE.
Vous souhaitez agir à nos côtés ?
Apportez votre soutien à la cause et signez notre pétition pour appeler à réaffecter les taxes solidaires à l’aide publique au développement. Chaque signature compte !