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One Health Summit : quand la santé mondiale devient l’affaire de tous

Actualité

Du 5 au 7 avril derniers, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, Lyon, capitale française de la santé mondiale, a accueilli un événement inédit : le One Health Summit. Un rendez-vous que nous avons suivi de très près chez ONE.

Pourquoi ce sommet était-il si important ?

Pour la première fois dans l’histoire de la diplomatie sanitaire mondiale, des chefs d’État et de gouvernement du monde entier, des représentants d’organisations internationales, des scientifiques, des acteurs du secteur privé, de la société civile et de la jeunesse se sont réunis autour d’une même conviction. Notre santé, celle de nos écosystèmes comme la faune et la flore, sont indissociables. C’est précisément ce que porte l’approche « One Health » : Une Seule Santé.

Ce n’est pas une idée nouvelle, mais c’est une urgence renouvelée. Les crises sanitaires récentes, comme la pandémie de COVID-19, ont mis en évidence la nécessité d’apporter des réponses coordonnées, fondées sur la science, la prévention et la coopération internationale. Nous l’avons vécu. Nous le vivons encore. Et pourtant, les systèmes de gouvernance mondiale peinent à intégrer cette réalité dans leur fonctionnement quotidien.

Ce que ce sommet a voulu changer

Le One Health Summit n’était pas un sommet de plus. Il a eu pour ambition de repenser le cadre institutionnel mondial en faisant émerger une culture commune One Health, en engageant acteurs publics et privés dans des actions concrètes, et en approfondissant les solutions pour prévenir les risques sanitaires, alimentaires et environnementaux qui pèsent sur nos populations.

Les travaux se sont orientés autour de quatre grandes thématiques au cœur des enjeux de santé globale : les réservoirs zoonotiques et vecteurs de maladies, les résistances antimicrobiennes, les systèmes alimentaires durables, ainsi que les expositions aux pollutions. Des sujets techniques, certes, mais qui se traduisent en réalités très concrètes pour des millions de personnes à travers le monde.

Un enjeu particulièrement fort a également été mis en lumière lors de ce sommet : la santé maternelle, néonatale et infantile, au cœur des enjeux de prévention et de résilience. L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule environ 70 % des décès maternels dans le monde, ce qui illustre l’ampleur des inégalités en matière d’accès aux soins. Un sujet qui résonne profondément avec nos combats chez ONE.

L’un des principaux objectifs de ce sommet était donc d’établir un cadre commun et opérationnel, le One Health, pour penser et mener à bien des actions conjointes en faveur de la santé des animaux, des humains et de la nature, à toutes les échelles, qu’elles soient locales, nationales ou mondiales.

Ce qu’il s’est vraiment passé à Lyon

Malgré l’ambition de ces grandes orientations, le bilan du sommet est contrasté.

D’un côté, la tenue même de cet événement représente une avancée symbolique et politique réelle. Réunir pour la première fois des dirigeants du monde entier autour de la santé planétaire, c’est reconnaître officiellement que les crises sanitaires, écologiques et alimentaires sont liées, et qu’elles appellent des réponses communes. C’est un signal fort, que nous saluons.

De l’autre, les actes n’ont pas été à la hauteur des discours. Alors que le président de la République a rappelé le rôle fondateur de la France dans le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, un instrument qui a permis de sauver plus de 70 millions de vies depuis sa création en 2002, aucune annonce concrète n’est venue confirmer cet engagement. Pire : la France a réduit de près de 60 % sa contribution à ce même Fonds, sans jamais l’assumer publiquement. Une décision aux conséquences dramatiques, qui pourrait condamner directement plus d’un million de personnes dans les pays les plus vulnérables.

Ce désengagement est d’autant plus difficile à comprendre que les priorités du Fonds mondial rejoignent exactement les ambitions affichées à Lyon : renforcer les systèmes de santé, prévenir les crises, lutter contre les grandes pandémies qui causent encore 2,5 millions de morts chaque année dans le monde. On ne peut pas appeler la communauté internationale à se préparer aux prochaines pandémies, tout en fragilisant ceux qui les préviennent déjà aujourd’hui.

À titre de comparaison, la Commission européenne a annoncé lors du sommet une contribution de 700 millions d’euros au Fonds mondial. L’incohérence française n’en est que plus frappante. C’est ce que nous avons mis en avant lors d’une mobilisation conjointe avec d’autres ONG, devant l’Hôtel de Ville de Lyon, en marge du sommet. Une mobilisation largement reprise par les grands médias nationaux et régionaux.

Lyon, le 7 avril 2026.
Action devant l’Hotel de Ville pendant le One Health Summit. © Bruno Amsellem

Notre voix dans ce débat

Chez ONE, nous croyons que la santé mondiale ne doit pas être un privilège. Nous sommes convaincus que les maladies transmissibles comme non-transmissibles, ainsi que les crises alimentaires ou environnementales, ne connaissent pas de frontières. De ce fait, les réponses politiques ne peuvent pas, elles non plus, rester cloisonnées, ni se contenter de belles intentions sans lendemain.

Le One Health Summit, en s’inscrivant dans le cadre de la présidence française du G7 en 2026, portait une responsabilité particulière. Les engagements pris à Lyon ces derniers jours pourraient bien façonner les grandes orientations de la santé mondiale pour les années à venir. 

Encore faut-il que ces engagements se traduisent en actes.

Alors, restons mobilisés. Continuons à porter ces enjeux auprès des responsables politiques et de nos concitoyens. Parce que la santé des autres, c’est aussi la nôtre. One Health.

Ce billet de blog a été rédigé par Noémie Pottier et Pauline Charmeux, jeunes Ambassadrices de ONE.

Sources : 

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