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Réaction de l’ONG ONE au discours du Président Macron à l’AGNU :

« On peut réformer l’aide au développement sans abandonner les malades et les enfants »

Paris, le 22 septembre 2026 – Depuis la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron a appelé à « réformer l’aide au développement ». Force est de constater que la France a déjà fait un choix très différent : celui de la réduire, massivement et de manière disproportionnée – y compris les programmes de santé qui sauvent des vies.

La France a coupé de moitié son aide au développement en 3 ans à peine, et a fait un choix précis : couper la santé. Sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été réduite de 60 % – quand les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont largement préservé la leur. Difficile, dans ces conditions, de leur laisser seul la responsabilité de l’effondrement des financements mondiaux : la France y contribue de premier plan. Une récente étude montre d’ailleurs que les seules coupes françaises pourraient se traduire par plus de 3,5 millions de décès supplémentaires d’ici 2030.

-50% en 3 ans

La mission « Aide publique au développement » est devenue la variable d’ajustement du budget de l’État. La mission est la 4ᵉ plus coupée du budget en volume, alors qu’elle représente moins de 0,5 % des dépenses de l’État. Ses crédits ont été divisés par deux depuis 2024, passant d’environ 6,7 à 3,3 milliards d’euros, et une nouvelle coupe d’au moins 300 millions d’euros est annoncée pour 2027. Pis, la France fait l’inverse des Etats-Unis ou de l’Allemagne : à l’intérieur du budget d’aide, elle choisit de concentrer ses coupes sur les programmes vitaux, ceux qui acheminent médicaments et nourriture aux enfants et familles en danger en Afrique.  Ces 300 millions d’euros supplémentaires que le Gouvernement propose de supprimer sont pourtant indispensables : selon UNICEF, cette somme permettrait de fournir de l’eau, de la nourriture, et des soins à plus de 1,8 million d’enfants et de familles affectés par un conflit ou une catastrophe naturelle.

Réformer sans abandonner les enfants

Les enfants sont les premières victimes de la « réforme » de l’aide au développement vantée par le chef de l’Etat à la tribune des Nations Unies. Près de 4,9 millions d’enfants meurent chaque année avant leur cinquième anniversaire, principalement de causes évitables ou traitables. Selon une récente analyse de l’ONG ONE, les coupes dans l’aide au développement pourraient entraîner 5,4 millions de décès d’enfants supplémentaires d’ici 2030, soit un enfant qui meurt toutes les 35 secondes. Un enfant né en Afrique subsaharienne a aujourd’hui quatorze fois plus de risques de mourir avant l’âge de cinq ans qu’un enfant né à New York ou à Paris.

Khalil Elouardighi, Directeur France de ONE, déclare : « L’aide au développement n’est pas une dépense, mais l’un des investissements les plus rentables qui soient. Elle réduit le risque de conflits et d’actes terroristes et renforce la protection des Français face aux futures pandémies. Si le Président veut vraiment réformer l’aide française, deux choix s’imposent et ils n’ont rien à voir avec les choix actuels : il faut prioriser les vies humaines, la santé des enfants, la nutrition et l’éducation, et rétablir l’affectation directe de la taxe sur les billets d’avion et de la taxe sur les transactions financières à l’aide au développement, qui permettait un financement stable des programmes qui sauvent des vies. »

À propos de ONE
ONE est une organisation internationale et apartisane qui milite pour des investissements essentiels afin de créer des opportunités économiques et améliorer la santé en Afrique. En savoir plus : www.one.org/fr.