Réaction de ONE aux données préliminaires de l’OCDE sur l’APD en 2025
Paris, le 9 avril 2026 – Les chiffres préliminaires de l’OCDE sur l’Aide publique au développement (APD) pour l’année 2025 révèlent une chute vertigineuse, la plus importante jamais enregistrée, des contributions des pays donateurs. Avec un recul de 23,1 %, l’APD mondiale atteint son niveau le plus bas depuis le lancement des Objectifs de développement durable en 2015.
Pour la première fois de son histoire, le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE enregistre une baisse généralisée de l’APD, touchant 26 de ses 34 membres. Mais c’est avant tout l’effondrement des contributions des cinq principaux donateurs — États-Unis, Allemagne, France, Japon et Royaume-Uni — qui explique 95,7 % du recul total.
Points clés :
- L’APD envers l’Afrique a chuté de 23,9 %, et celle envers l’Afrique subsaharienne de 26,3 %. Les Pays les moins avancés (PMA) voient leur enveloppe fondre de 25,8 %.
- Avec une APD de 14,5 milliards de dollars, la France reste le 5e donateur mondial, mais enregistre une baisse de 10,9 %, principalement due à une réduction de ses contributions multilatérales. Les nouvelles coupes décidées en 2026 viendront alourdir ce triste bilan.
- Paris se distingue par sa forte utilisation des prêts souverains, qui représentent 20,4 % de son APD bilatérale — la troisième proportion la plus élevée du CAD, derrière le Japon et la Corée.
- L’Allemagne dépasse pour la première fois les États-Unis et devient le premier donateur mondial, avec 29,1 milliards de dollars d’APD, contre 29,0 milliards pour Washington. Un basculement historique, alors que les États-Unis dominaient ce classement depuis des décennies.
- Avec une APD représentant 0,42 % de son Revenu national brut (RNB), la France reste loin de l’objectif onusien de 0,7 %, tout comme la majorité des membres du CAD. Seuls quatre pays — Danemark, Luxembourg, Norvège et Suède — dépassent ce seuil en 2025.
Maé Kurkjian, Directrice du plaidoyer de ONE en France,déclare : « En 2025, la France a non seulement failli à ses engagements en matière d’aide publique au développement, mais elle a aussi profité du chaos créé par l’administration Trump pour se cacher derrière les États-Unis. Alors que les crises humanitaires s’aggravent et que les inégalités mondiales explosent, la France, cinquième puissance économique mondiale, choisit de réduire son aide publique au développement de près de 11 %, abandonnant un peu plus les pays les plus pauvres. Au-delà des chiffres, c’est l’architecture même de l’APD qui est aujourd’hui remise en question. La baisse des contributions multilatérales affaiblit les mécanismes de redistribution vers les pays les plus pauvres. Les donateurs privilégient désormais les canaux bilatéraux et les intérêts géostratégiques au détriment des mécanismes collectifs. »
Stephan Exo-Kreischer, Directeur Europe de ONE, déclare : « “At a time of global conflict, Europe is sounding the retreat. Given America’s continued tendency to go it alone, there is a greater need for European engagement on the world stage. This moment is a historic test of character for Europe: it must prove that, in times of crisis and war, it is the civilian superpower that works for stability and peace in the world and forges partnerships for a shared future. For this to succeed, investment in development cooperation is crucial – with the EU negotiations on the bloc’s next 7-year budget underway, it’s a golden opportunity for action.”