Le Fonds mondial, qu’est-ce que c’est ?
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, est un fonds créé en 2002 qui agit comme un partenariat entre gouvernements, entreprises, communautés locales et société civile. Il a pour objectif d’accélérer l’élimination des trois épidémies en travaillant avec des experts locaux et en permettant à des pays à faible revenu d’acheter des traitements à faible coût.
Son impact est sans précédent : depuis sa création, il a permis de sauver 70 millions de vies, soit plus que la population française !
Le rôle de la France au sein du Fonds mondial
La France occupe une place très importante au sein du Fonds mondial. Elle est l’un des membres fondateurs du Fonds mondial, le plus grand donateur européen et le deuxième plus grand donateur public au niveau mondial, avec une contribution totale de 7,2 milliards d’euros à ce jour.
En 2022, la France s’est engagée à mobiliser 1,596 milliard d’euros, soit une augmentation de 23 % par rapport à sa contribution précédente. En 2019, la France avait par ailleurs accueilli la sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial à Lyon, et le Président Emmanuel Macron avait en personne poussé à l’atteinte de l’objectif de 14 milliards de dollars US mobilisés.
Les enjeux du Fonds mondial en 2025
En 2025, le Fonds mondial tient sa huitième reconstitution avec l’objectif de mobiliser 18 milliards de dollars US afin de sauver 23 millions de vies entre 2027 et 2029, d’éviter 400 millions d’infections et de réduire de 64 % la mortalité liée au sida, à la tuberculose et au paludisme.
Une avancée majeure illustre cette dynamique. Le contrat signé avec Gilead Sciences en juillet dernier permettra d’introduire le lénacapavir, un médicament injectable à longue durée d’action pour la prévention du VIH, dans les pays à revenu faible et intermédiaire. C’est la première fois qu’un produit de prévention contre le VIH est introduit simultanément dans les pays pauvres et riches, un progrès en matière d’égalité en santé mondiale. Cependant, l’ambition de proposer ce produit à 2 millions de personnes risque de ne pas être atteinte sans investissements urgents et durables, alors même que cette étape pourrait permettre de progresser vers l’éradication du VIH.
Chaque tranche de 100 millions de dollars US investie dans le Fonds mondial permettrait d’éviter 2,2 millions de nouvelles infections ou de nouveaux cas des trois maladies, d’offrir 9,6 millions de dépistages du VIH, de traiter 134 000 malades de la tuberculose, de distribuer 11 millions de moustiquaires et de protéger 3,1 millions d’enfants contre le paludisme saisonnier.
Mais ce n’est pas tout. En plus des vies sauvées, investir dans le Fonds mondial est un choix stratégique. Chaque dollar investi dans le Fonds mondial génère 19 dollars US de retombées économiques, tout en renforçant les systèmes de santé et en réduisant les inégalités d’espérance de vie.
Un contexte international sous tension
Si les progrès permis par le Fonds mondial sont encourageants, la santé au niveau international reste préoccupante.
Le monde traverse différentes crises sanitaires, comme l’a démontré la réapparition de la rougeole aux Etats-Unis, qui avait pourtant disparue. Ces risques sont particulièrement accrus avec les récentes coupes budgétaires de l’aide publique au développement, notamment de la part des États-Unis et des pays européens, dont la France.
Réduire les financements est une réelle menace dans la lutte contre les épidémies et dans le soutien aux infrastructures et systèmes de santé des pays à revenu faible et intermédiaire. Par exemple, les coupes budgétaires du gouvernement Trump pourraient causer la mort de 4,2 millions de personnes liée au sida d’ici 4 ans, selon ONUSIDA.
Les virus ne s’arrêtent pas aux frontières et les crises convergent : lorsque la santé des populations est touchée, c’est toute l’économie d’un pays qui est en jeu, sa stabilité sociale, sa stabilité politique. La santé mondiale est un enjeu de sécurité. C’est un objectif commun d’ici à 2030 (Objectif de développement durable n°3), elle doit donc rester une priorité pour toutes et tous.
La France doit être à la hauteur
La France se doit d’être à la hauteur de son ambition de leader en santé mondiale. Nous appelons le Président Emmanuel Macron à maintenir sa contribution au Fonds mondial, soit au moins 1,596 milliard d’euros sur les trois prochaines années.
Derrière les chiffres, ce sont des vies qui sont en jeu. Nous avons réussi à maîtriser trois des maladies les plus meurtrières au monde, nous ne pouvons pas nous arrêter en si bon chemin. Nous comptons sur la France pour être au rendez-vous !
Ce billet de blog a été rédigé par Ange, Anaïs, Alexandra et Noémie, jeunes Ambassadrices de ONE.
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