L’extrême pauvreté

LES DÉFIS

Les Objectifs de développement durables (ODD) signés par les 193 membres de l’ONU sont un ensemble d’objectifs ambitieux mais atteignables pour parvenir à un monde meilleur et plus durable [1]. Ils doivent être atteints d’ici à 2030. Ces 17 Objectifs de développement durable sont interdépendants, et le tout premier vise à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde.

D’importants progrès ont déjà été réalisés pour atteindre cet objectif. Depuis 1990, le nombre de personnes vivant avec moins de 1,90 $ par jour est passé de 35,9 % de la population mondiale à 10 % en 2015 [2]. Néanmoins, et de façon alarmante, le taux de réduction de la pauvreté a ralenti depuis l’adoption des ODD en 2015, et les prédictions montrent que cette tendance pourrait s’empirer.

LES SOLUTIONS

L’Union européenne a un rôle crucial à jouer dans l’éradication de l’extrême pauvreté. Avec ses États membres, l’UE est le plus grand donateur d’aide au développement au monde et joue un rôle majeur dans la résolution des problématiques mondiales. Son leadership est donc essentiel pour assurer le succès des ODD [3].

L’extrême pauvreté ne peut être éradiquée qu’avec des investissements suffisamment importants et pragmatiques. Les ODD réaffirment l’engagement crucial pris par les pays donateurs d’allouer 0,7 % de leur revenu national brut (RNB) à l’aide publique au développement (APD) [4]. Toutefois, en 2017, seuls quatre États membres avaient atteint cet objectif : la Suède, le Luxembourg, le Danemark et le Royaume-Uni [5]. Si les institutions européennes continuent de représenter 20 % de l’aide totale des Etats membres, l’UE devra augmenter son aide à hauteur de 140 milliards d’euros dans son prochain budget à long terme (Cadre Financier Pluriannuel, s’étendant sur la période 2021-2027) si elle veut être sur la bonne voie pour atteindre la cible des 0,7% [6].


  1. Nations unies (2015). Plateforme des Objectifs de développement durable https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/ 
  2. Banque mondiale (2018) « Rapport 2018 sur la pauvreté et la prospérité partagée – Compléter le puzzle de la pauvreté » https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/30418/211330ovFR.pdf 
  3. Basés sur les données du CAD de l’OCDE (2018).
  4. L’ODD 17 “ Partenariats pour la réalisation des objectifs” énonce la cible suivante (ODD 17.2) : « Faire en sorte que les pays développés honorent tous leurs engagements en matière d’aide publique au développement, notamment celui pris par nombre d’entre eux de consacrer 0,7% de leur revenu national brut à l’aide aux pays en développement et entre 0,15% et 0,20% à l’aide aux pays les moins avancés, les bailleurs de fonds étant encouragés à envisager de se fixer pour objectif de consacrer au moins 0,20% de leur revenu national brut à l’aide aux pays les moins avancés » ”
  5. OCDE, Comité d’Aide au Développement ’The global picture of official development assistance (ODA)’ http://www.oecd.org/dac/financing-sustainable-development/development-finance-data/ 
  6. Si cet engagement était respecté, cela impliquerait une augmentation de 40 milliards d’euros sur les 7 prochaines années, par rapport au budget actuel. Ces ressources supplémentaires sont nécessaires pour offrir des opportunités clefs aux 250 millions de personnes qui naîtront pendant la prochaine période du CFP. Ces fonds supplémentaires seront également essentiels pour les 767 millions de personnes qui vivent avec moins de 2 dollars par jour ; essentiels pour fournir des vaccins permettant de prévenir les morts de presque 6 millions d’enfants chaque année ; essentiels pour fournir aux 36,9 millions de personnes vivant avec le VIH Sida l’accès aux traitements.