L’égalité de genre

LES DEFIS

Les inégalités de genres sont une cause majeure de la pauvreté. En somme, la pauvreté est sexiste.

Dès leur plus jeune âge, les filles vivant dans les pays les plus pauvres sont tout particulièrement discriminées et défavorisées. Chaque jour, ce sont 41 000 filles de moins de 18 ans qui sont mariées [1]. Soit près d’une classe entière de jeunes filles, chaque minute qui passe.

Une femme à qui l’on refuse l’accès aux services de bases que sont l’éducation, la santé et l’emploi de qualité ; une femme qu’on prive de sa voix dans sa famille ou dans la société toute entière est une femme qui sera bien moins capable de donner à ses propres enfants les opportunités dont ils auraient besoin pour avancer dans la vie. Ces discriminations contre les femmes freinent donc des communités entières, des pays entiers. A l’échelle mondiale, les écarts de revenus tout au long de la vie entre les hommes et les femmes privent les pays de 160 000 milliards de dollars, soit environ deux fois le PIB mondial annuel [2].

LES SOLUTIONS

L’amélioration des conditions de vie des filles et des femmes constitue une opportunité majeure, encore inexploitée. Si les inégalités de genre au travail et dans la société étaient réduites, on estime que le PIB global pourrait augmenter à hauteur de 12 à 28 000 milliards de dollars d’ici à 2025 [3].

L’UE a su faire preuve de leadership en termes de reconnaissance de l’importance de l’égalité femmes-hommes dans le cadre de sa diplomatie. Cependant, le prochain Parlement Européen doit aller au-delà des discours et de la rhétorique. A l’heure actuelle, aucun pays n’a atteint une véritable égalité des genres, aucun pays n’est en voie d’atteindre les ODD les plus cruciaux pour les filles et les femmes [4].

Les investissements de l’UE en matière d’égalité femmes-hommes demeurent encore particulièrement éloignés des objectifs que l’UE s’est elle-même fixée. Dans son Plan d’action II sur l’égalité des sexes [5], l’UE s’est engagée à faire de l’égalité femmes-hommes un objectif principal ou significatif pour 85% de ses nouveaux programmes extérieurs d’ici à 2020. Entre 2014 et 2016, seuls 24% de l’aide européenne faisaient de l’égalité des genres un objectif, parmi lesquels seuls 7,7% en faisait un objectif principal.


  1. Le Centre international de recherche sur les femmes ( ICRW) & la Banque mondiale (2017), l’impact économique des mariages précoces. http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2017/06/26/child-marriage-will-cost-developing-countries-trillions-of-dollars-by-2030-says-world-bankicrw-report http://documents.worldbank.org/curated/en/530891498511398503/pdf/116829-WP-P151842-PUBLIC-EICM-Global-Conference-Edition-June-27.pdf
  2. Banque Mondiale (2018). Les écarts de revenu entre les hommes et les femmes représentent un manque à gagner de 160 000 milliards de dollars dans le monde https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2018/05/30/globally-countries-lose-160-trillion-in-wealth-due-to-earnings-gaps-between-women-and-men 
  3. Woetzel et al. (2015). Le pouvoir de la parité : comment la progression de l’égalité hommes-femmes peut ajouter 12 mille milliards de dollars à la croissance mondiale. https://www.mckinsey.com/global-themes/employment-and-growth/how-advancing-womens-equality-can-add-12-trillion-to-global-growth 
  4. D’après l’index de l’OCDE sur les Institutions sociales et le genre, aucun pays n’a reçu de score parfait concernant l’égalité femmes-hommes. Centre de développement de l’OCDE (2019) Social Institutions and Gender Index (SIGI)’. https://www.genderindex.org 
  5. EU Gender Action Plan II. Transformer la vie des jeunes filles et des femmes dans le contexte des relations extérieures de l’Union européenne (2016 2020) http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/ATAG/2018/621889/EPRS_ATA(2018)621889_FR.pdf