Paludisme

Chaque année, le paludisme tue environ 630 000 personnes, et touche particulièrement les enfants de moins de cinq ans.

Le défi

Pour plusieurs millions de personnes dans le monde, une simple piqûre de moustique peut avoir des conséquences mortelles. Le paludisme est une maladie tropicale provoquée par des parasites et transmise par la piqûre d’un moustique anophèle infecté.

Chaque année, le paludisme tue environ 438 000 personnes, dont deux tiers sont des enfants de moins de cinq ans.

La moitié de la population mondiale vit dans des zones de paludisme à risque et environ 214 millions de personnes sont contaminées chaque année. A eux seuls, 15 pays comptabilisent 80% des cas de paludisme et 78% des décès dus à cette maladie en 2015. Qui plus est, 89% des cas et 91 % des décès ont eu lieu en Afrique subsaharienne. Depuis 2000, la baisse de l’incidence du paludisme dans ces 15 pays (32%) a été, de façon globale, insuffisante par rapport au reste du monde (54%).

Les mesures de désinsectisation comme la pulvérisation intra-domiciliaire d’insecticide à effet rémanent (PID), les moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) et les médicaments antipaludéens tels que les associations thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA), ont permis de réduire les cas de paludisme et le nombre de décès. Mais la résistance aux insecticides et aux médicaments ne cesse de croître à mesure que les interventions se multiplient.

Le paludisme n’est pas seulement une maladie qui se propage et entraine la mort partout dans le monde, il réduit aussi la productivité et augmente le risque de pauvreté des populations et des pays touchés. Ainsi, les taux d’infection sont plus élevés lors de la saison des pluies, entraînant souvent une baisse de la production agricole. On estime que le paludisme coûte 11 milliards d’euros à l’Afrique subsaharienne en termes de productivité économique, d’investissements étrangers, de tourisme et de commerce chaque année, ce qui, selon les économistes, pourrait ralentir la croissance économique de 1,3 % par an.

Le paludisme met aussi sérieusement sous pression les systèmes de santé publique. Dans les pays fortement touchés d’Afrique subsaharienne, le paludisme représente 40 % des dépenses en matière de santé publique.

L’opportunité

Le paludisme est une maladie évitable et qui peut être soignée. Moins de 9 euros suffisent pour acheter et distribuer une moustiquaire imprégnée d’insecticide et expliquer comment il faut l’utiliser. La combinaison de l’utilisation de la moustiquaire et d’autres actions simples, telles que la pulvérisation d’insecticide dans les maisons, pourrait éviter à plusieurs millions de personnes de tomber malade. Pour les personnes contaminées par le paludisme, des traitements au prix de 1,75 euros sont très efficaces et peuvent réduire la mortalité de manière spectaculaire.

Les ressources disponibles pour lutter contre le paludisme ont augmenté de manière importante ces dernières années, résultant en des impacts positifs importants en matière de santé. Des initiatives telles que le Plan mondial de lutte contre le paludisme (GMAP en anglais), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l’Initiative présidentielle contre le paludisme (PMI), et le Programme de lutte contre le paludisme de la Banque mondiale ont élargi de façon significative la diffusion des moustiquaires et l’accès aux traitements. Le Fonds mondial, à lui seul, a distribué 548 millions de moustiquaires et traité 515 millions de cas de paludisme entre 2004 et 2015. Depuis 2000, un milliard de moustiquaires traitées à l’insecticide ont été distribuées en Afrique. Aujourd’hui, on estime à 68% le nombre d’enfants âgés de moins de cinq ans qui dorment sous une moustiquaire imprégnée en Afrique subsaharienne, contre moins de 2% en 2000.

Ce soutien n’est pas sans résultats. Entre 2000 et 2015, le taux de mortalité dû au paludisme au niveau mondial a chuté de 60% et la prévalence au niveau mondial a diminué de 37%. En 2014, 16 pays ont rapporté qu’ils n’ont observé aucun cas de paludisme et en 2015 33 pays ont rapporté moins de mille cas. Le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, a affirmé que « le contrôle du paludisme au niveau mondial est un des grands succès en matière de santé mondiale au cours des 15 dernières années. » Selon elle, « c’est un signe que nous sommes dans les délais par rapport à nos stratégies et que nous pouvons venir à bout de cette maladie mortelle, qui prend encore chaque année des centaines de milliers de vies, dont la plupart sont celles d’enfants. »

Néanmoins, il faut augmenter le financement pour la prévention et le traitement du paludisme pour tirer profit des progrès réalisés ces dernières années. En 2014, le financement pour le contrôle et l’élimination du paludisme s’élevait à 1,8 milliard d’euros. Bien que ce financement fasse partie des plus importants ayant été accordés à ce jour, il représente cependant moins de la moitié des 4,8 milliards estimés nécessaires. Il reste donc un déficit de financement de 3 milliards de d’euros.

Alors que le monde quitte les OMD pour se diriger vers la réalisation des Objectifs de développement durable, il est impératif que la lutte contre le paludisme continue. Une gamme de nouveaux outils et de vaccins antipaludéens prometteurs est actuellement en cours de développement. Ellesera  cruciale pour répondre à des menaces telles que la résistance croissante aux insecticides et la baisse des financements externes des budgets de santé publique. Un effort mondial coordonné nous permettra de continuer à progresser et de nous rapprocher de l’élimination des décès dus au paludisme.