Maladies infectieuses

Le nouvel élan dans la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme a favorisé l’accès de millions de gens à des traitements préventifs et curatifs.

Le défi

Le VIH/sida, la tuberculose (TB) et le paludisme sont des maladies évitables qui, malgré les traitements existants, touchent de manière disproportionnée les populations pauvres du monde. L’Afrique subsaharienne est la région la plus durement atteinte : c’est dans cette région du monde que l’on déplore 90 % des décès dus au paludisme et 26% de tous les cas de tuberculose. C’est aussi en Afrique subsaharienne que vivent près de 70% des patients atteints du VIH.

L’impact humain de ces maladies est indéniable. De plus, leur poids socio-économique a de lourdes conséquences. Le VIH et la tuberculose touchent souvent les personnes pendant les années les plus actives de leur vie. Les entreprises perdent des travailleurs, les gouvernements des fonctionnaires et les familles non seulement leurs proches, mais aussi une source de revenus.

Le monde a combattu le paludisme et la tuberculose pendant des siècles mais l’immense coût humain du sida à la fin des années 1990 a remis en évidence l’urgence des efforts de prévention et de traitement. Malgré la croissance exponentielle des ressources consacrées à la lutte contre ces maladies au cours des années 2000, le financement reste insuffisant pour les combattre au niveau mondial. La lutte contre les maladies infectieuses représente un défi important, puisque même lorsque des progrès ont été accomplis, il suffit que les efforts de la communauté internationale cessent ou stagnent pour que celles-ci repartent à la hausse.

Les systèmes de santé défaillants compliquent encore plus la lutte contre ces maladies, surtout en Afrique subsaharienne. Le manque de professionnels de santé, par exemple, ralentit considérablement la propagation des efforts de traitement et de prévention. L’Afrique subsaharienne totalise 66 % de la charge mondiale de morbidité due à la tuberculose, au VIH et au paludisme, mais dispose de seulement 4 % du personnel soignant mondial. Le personnel de santé à tous les niveaux,  ainsi que les systèmes, les sources d’approvisionnement et les infrastructures de santé, ont besoin d’être renforcés pour combattre les maladies infectieuses afin d’assurer de meilleurs soins de santé de base et un meilleur état de santé de la population en général.

L’opportunité

 

Un nouvel élan dans la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme a permis à plusieurs millions de personnes d’accéder à des services de prévention et de traitement. Le traitement antirétroviral des personnes vivant avec le VIH/sida coûte généralement 100 dollars par patient et par an de nos jours, contre 10 000 dollars en 2000. Les quatre outils de l’élimination du paludisme (moustiquaires traitées à l’insecticide, traitement antipaludéen, pulvérisation intradomiciliaire à effet rémanent et traitement préventif pour femmes enceintes) sont également très abordables. L’achat et la distribution de moustiquaires, par exemple, coûte moins de 8 euros, tandis qu’une dose du traitement coûte 1,50 euros ou moins. L’infection par la tuberculose peut également être évitée et soignée. Dans de nombreux pays où la TB est endémique, 20 dollars suffisent en moyenne pour acheter un cycle de traitement complet de six mois permettant de guérir la TB.

L’augmentation mondiale des ressources pour lutter contre ces trois maladies a entraîné des résultats concrets. Le nombre de morts du paludisme a diminué de 60% au cours des 15 dernières années. Cela a permis de sauver 6,2 millions de vie, dont 95% d’enfants. En 2014, 13 pays n’ont pas reporté de cas de paludisme et six pays ont reporté moins de 10 cas.

Le traitement antirétroviral permet de sauver des vies : pour des millions de personnes, cela signifie qu’être diagnostiqué séropositif n’est désormais plus synonyme d’une condamnation à mort. Plus de 17 millions de personnes recevaient un traitement antirétroviral contre le VIH/sida dans le monde en  2015, contre moins de 770 000 personnes en 2000.  12,1 millions d’entre eux vivent en Afrique subsaharienne. Au cours de la même période, la mortalité globale due au VIH/sida a diminué, passant de 2 millions en 2004 à 1,1 million en 2015. Grâce au diagnostic et au traitement efficaces de la tuberculose, l’OMD visant à stopper et inverser la tendance de l’incidence de la tuberculose a aussi été atteint au niveau mondial (dans chacune des six régions de l’OMS et dans 16 des 22 pays les plus durement touchés qui totalisent 80% des cas de tuberculose). 49 millions de vies ont été sauvées depuis 2000.

Afin de réaliser des progrès rapides qui permettraient à terme d’éliminer ces pandémies – tout en se préparant à faire face aux nouvelles maladies émergentes telles qu’Ebola et Zika – nous avons besoin d’une augmentation continue des ressources provenant à la fois des donateurs et des budgets nationaux des pays lourdement touchés. Nous avons également besoin d’une mise en œuvre plus intelligente des stratégies de traitement et de prévention. Mais nous avons désormais la capacité fondamentale d’infléchir l’évolution de ces pandémies, de maîtriser et de vaincre ces maladies une fois pour toutes.

En savoir plus sur les défis à relever et les nouvelles opportunités dans la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.