La santé maternelle et infantile

La chute rapide du nombre de décès infantiles dans le monde ces 20 dernières années est l’une des réussites les plus spectaculaires et les plus encourageantes.

Le défi

Entre 1990 et 2015, la mortalité maternelle dans le monde a diminué de 44%. Pourtant, dans de nombreux pays parmi les plus pauvres du monde, il est très difficile de s’assurer que les mères et leurs enfants restent en vie et en bonne santé. 289 000 303 000 mères sont mortes en 2015 de causes liées à la grossesse et plusieurs millions d’autres ont souffert de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement, telles que les hémorragies, les infections, les troubles hypertensifs ou les dystocies. Le risque de décès maternel est de 1 sur 180 dans les pays en développement (comparé à 1 sur 4 900 dans les pays développés). Dans les pays désignés comme étant des Etats fragiles, ce risque est de 1 sur 54.

Le risque de mourir en bas âge étant multiplié par cinq pour les enfants qui ont perdu leur mère, les défis de la santé maternelle et de la santé infantile sont étroitement liés. En 2015, 5,9 millions d’enfants sont morts avant leur cinquième anniversaire. Seuls 62 pays ont atteint l’Objectif du millénaire pour le développement (OMD) numéro quatre visant à réduire de deux tiers la mortalité des enfants de moins de cinq ans par rapport au niveau de 1990. Si les niveaux de mortalité pour les enfants de moins cinq ans demeurent identiques à ceux d’aujourd’hui, 94 millions d’enfants de moins de cinq ans mourront entre 2016 et 2030.

Plus qu’aucune autre région dans le monde, l’Afrique subsaharienne connait le niveau de mortalité infantile le plus élevé – environ trois millions en 2015. Malgré les progrès réalisés par certains pays –spectaculaires dans certains cas – en matière de santé de l’enfant au cours de ces dernières années, la moyenne de mortalité infantile en Afrique subsaharienne 12 fois supérieure à celle des pays à hauts revenus. Beaucoup de ces décès sont liés à des causes entièrement évitables et traitables telles que la pneumonie, la diarrhée, la malnutrition et le paludisme.

Avec des soins et des traitements appropriés, presque toutes ces morts pourraient être évitées. Les systèmes de santé de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire souffrent d’une pénurie de professionnels de la santé, d’un manque d’équipements et d’infrastructures de base ainsi que d’un accès inadéquat aux outils de prévention et de traitement de base pourtant vitaux. L’amélioration des systèmes de santé est essentielle

L’opportunité

Heureusement, des solutions simples et économiques qui permettent d’améliorer la santé maternelle et infantile existent déjà. On peut aider les femmes à rester en bonne santé pendant leur grossesse en leur permettant de planifier et d’espacer les naissances, en soignant les maladies infectieuses et en améliorant leur alimentation. En outre, l’éducation des femmes en général –  plus particulièrement pendant leur grossesse, et immédiatement après – permettent aux mères d’apprendre comment et quand avoir recours aux soins de santé pour elles et pour leurs enfants.

Les soins qualifiés d’une sage-femme pendant la grossesse et l’accouchement, les soins obstétricaux d’urgence et les soins postnataux immédiats contribuent à réduire la mortalité maternelle. Ces services de base avant et après l’accouchement pourraient empêcher jusqu’à 80 % des décès maternels et ont déjà contribué à diminuer de 44% le nombre annuel de décès maternels depuis 1990.

De nombreux enfants pourraient être sauvés par des interventions peu coûteuses. Les vaccinations contre des maladies telles que l’hépatite B, les Haemophilus influenzae de type B (HiB), la coqueluche, la rougeole et la fièvre jaune peuvent sauver plusieurs millions de vies chaque année. Depuis 2000, l’Alliance GAVI a appuyé la vaccination de près de 580 millions d’enfants et a aidé à sauver 8 millions de vies. La vaccination contre la rougeole a permis une baisse du nombre de morts liées à la rougeole de 79% dans le monde et de 86% en Afrique subsaharienne entre 2000 et 2014. Des interventions simples comme les suppléments de vitamine A, qui coûtent 85 centimes d’euro par enfant et par an, pourraient sauver plus d’un quart de million de jeunes enfants chaque année en réduisant le risque et la gravité des diarrhées et des infections. Le suivi régulier du poids des enfants est un moyen simple et bon marché de surveiller leur bien-être. Les sels de réhydratation orale (SRO) et les suppléments de zinc peuvent également aider au traitement des maladies diarrhéiques.

Les traitements de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, les moustiquaires imprégnées d’insecticide, et la promotion de l’allaitement maternel et d’une bonne alimentation peuvent également protéger contre les maladies infectieuses et assurer une bonne santé dans les premiers stades de l’enfance.

La chute rapide du nombre de décès d’enfants dans le monde ces 20 dernières années est l’une des réussites les plus spectaculaires et les plus encourageantes. Elle montre ce qu’il est possible de réaliser moyennant les ressources, les programmes et la volonté politique adéquats. L’histoire ne s’arrête cependant pas là, nous avons encore un long chemin à parcourir avant d’atteindre les cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui vise à protéger la santé de la mère et de l’enfant de développement durable (ODD) visant à réduire le ratio de mortalité maternelle à travers le monde à moins de 70 pour 100 000 naissances, le ratio de mortalité néonatale à 12 pour 1 000 naissances ou moins, et à réduire le taux de mortalité des moins de cinq ans à 25 pour 1 000 naissances ou moins.

Avec des millions de femmes et d’enfants qui courent toujours le risque de mourir de causes évitables, la survie maternelle, des nouveau-nés et des enfants doit demeurer au cœur de l’agenda du développement pour l’après 2015, et ce au niveau mondial.