Eau et assainissement

Les liens entre le manque d’accès à l’eau et aux équipements sanitaires et les objectifs de développement sont clairs, et les solutions à ces défis sont connues et abordables.

Le défi

L’eau insalubre et le manque d’installations sanitaires de base sapent les efforts visant à mettre fin à l’extrême pauvreté et aux maladies dans les pays les plus pauvres du monde. L’Afrique subsaharienne est confrontée aux difficultés les plus criantes. Seules 68% des personnes vivant dans la région ont accès à un point d’eau amélioré et seulement 30% des personnes ont accès à un système d’approvisionnement en eau et assainissement amélioré. Près de la moitié de toutes les personnes qui utilisent des sources d’approvisionnement non améliorées vivent en Afrique subsaharienne (tandis qu’un cinquième vit en Asie du Sud).

La combinaison d’une eau insalubre et d’un manque d’équipements sanitaires reste l’une des principales causes de mortalité infantile. On estime à 800 le nombre d’enfants qui meurent chaque jour de diarrhée, causée par un manque d’hygiène et d’installations sanitaires adéquates. Des études montrent que les femmes et les filles d’Afrique subsaharienne vivant dans les pays à faible revenu passent 40 milliards d’heures par an à aller chercher de l’eau. Il est également estimé que le temps consacré à l’approvisionnement en eau dans le monde génère chaque année 24 milliards de dollars de pertes de bénéfices pour l’économie mondiale.  Dans les pays en développement, les femmes et les filles parcourent en moyenne 6 km à pied chaque jour pour aller chercher l’eau, autant de temps qu’elles pourraient consacrer à l’école ou au travail

Le sixième des nouveaux Objectifs de développement durable vise à garantir l’accès à une eau potable, saine, et abordable ainsi qu’à des installations sanitaires et à l’hygiène pour tous, et de mettre fin à la défécation en plein air. Il est prévu d’accorder une attention particulière aux besoins des femmes et des filles et des populations vulnérables.

L’opportunité

Les liens entre le manque d’accès à l’eau et aux équipements sanitaires et les objectifs de développement sont clairs et les solutions à ce problème sont connues et d’un bon rapport efficacité-prix. On estime que chaque euro dépensé pour l’eau et l’assainissement génère 4 euros de productivité accrue. Un accès universel à l’eau et à des installations sanitaires engendrerait environ 29 milliards d’euros de bénéfices pour l’économie mondiale chaque année. Cet accès universel entrainerait en effet une diminution des coûts liés aux soins et une réduction des maladies qui permettrait une augmentation de la productivité.

Rien qu’au Kenya, le coût généré par des installations sanitaires de mauvaise qualité est de 324 millions de dollars  par an. Ce constat est valable dans d’autres régions en Afrique, et l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’assainissement sur le continent permettrait aux pays d’économiser des milliards de dollars qu’ils pourraient allouer à d‘autres priorités de développement aussi importantes. De plus, l’accès à une eau de bonne qualité et des installations sanitaires permettrait une augmentation du nombre d’enfants scolarisés, en particulier de filles. Cela réduirait le temps que passent les femmes dans les pays en développement à s’approvisionner en eau, et leur permettrait de participer à d’autres activités génératrices de revenus.