VIH/sida : Vuyiseka se bat pour l’émancipation des femmes séropositives
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VIH/sida : Vuyiseka se bat pour l’émancipation des femmes séropositives

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Passionnée de course à pied, Vuyiseka Dubula finit actuellement son doctorat. Mais elle est surtout une porte-parole reconnue de la société civile Sud-Africaine. Portrait d’une femme courageuse, passionnée et dotée d’une détermination sans faille.

Née dans un milieu défavorisé, dans la petite ville de Dutywa à l’est de l’Afrique du Sud, Vuyiseka n’a pas eu une enfance facile. Elle rêvait d’une vie meilleure, pour elle et pour sa sœur.

A 22 ans, elle fut diagnostiquée séropositive. Sans ressources pour financer son traitement, elle n’aspirait pas à grand-chose. Mais très vite, elle a bénéficié de l’aide du Treatment Action Campaign (TAC), une organisation qui milite pour un meilleur accès aux soins pour faire face au VIH.

Après une longue période de dépression, elle s’en est sorti en s’engageant au sein de l’organisation et en finissant même par ouvrir un bureau chez elle.

Je n’ai pas choisi de m’engager dans la lutte contre le VIH. Elle s’est imposée à moi. Le Treatment Action Campaign était la seule organisation qui, selon moi, s’attaquait de manière directe et radicale aux problèmes d’accès aux traitements du VIH.

 

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Ce petit groupe de 10 volontaires est rapidement devenu une organisation de plus de 8 000 membres présents sur 7 des 9 provinces d’Afrique du Sud. Chaque membre est formé sur les problématiques liées au VIH, la tuberculose et d’autres maladies, ainsi que sur les droits dont ils peuvent bénéficier au sein du système de santé publique.

De son engagement au Treatment Action Campaign, Vuyiseka se souvient avant tout des petites victoires, comme l’obtention d’une réglementation en 2002 qui oblige le gouvernement Sud-Africain à fournir des traitements antirétroviraux empêchant la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

“Nous avons travaillé sans relâche, pendant 14 longues années”, explique-t-elle. Vuyiseka a été obligée de laisser sa fille à sa belle-famille lorsque, une fois secrétaire générale du Treatment Action Campaign, la charge de travail est devenue trop importante.

Elle a occupé ce poste 6 ans après avoir été élue à deux reprises. Visionnaire, elle a permis le développement de cette organisation, qui fait désormais partie des plus grands acteurs de la lutte contre le sida sur le continent africain.

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Bien sûr, ses premières années d’engagement ont été très difficiles. De nombreux de ses proches sont malheureusement décédés suite à des complications liées au VIH. Mais grâce au soutien de sa famille et des autres membres du TAC, elle a tenu bon et n’a jamais cessé de lutter.

Je ne me laisse pas souvent abattre, parce que je sais que nous finirons par vaincre le virus. Grâce aux nombreux progrès de la médecine, nous savons que, peu importe le temps que cela nous prendra, nous finirons par gagner ce combat. Et cette conviction permet de garder l’énergie nécessaire à la poursuite de nos actions.

Elle puise aussi sa force et sa détermination chez ses enfants, une petite fille de 9 ans et un garçon de 3 ans.

Ils sont bien plus qu’une motivation. Ils me rappellent que je dois continuer de travailler pour améliorer l’avenir des générations futures ».

Vuyiseka fait toujours partie du conseil du Treatment Action Campaign. Cette organisation travaille pour révéler les cas de corruption liés au système de santé et les autres failles présentes dans les secteurs de santé publique et privé.

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Avant de quitter son poste de secrétaire générale, Vuyiseka a créé un centre pour former des activistes sur les problématiques de l’éducation et du développement permettant ainsi de soutenir les personnes sans emplois atteintes du VIH. Une structure unique en Afrique du Sud.

Jusque-là, grâce à ce centre, au Treatment Action Campaign et au centre africain contre le VIH de l’université de Stellenbosch, plus de 30 personnes séropositives ont pu obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur.

Vuyiseka explique que la prochaine étape est d’étendre les activités du centre dans les autres provinces d’Afrique du Sud.

Ce sont les femmes qui sont les principales actrices du changement social. Mais sans soutien au niveau éducatif, elles sont souvent rejetées, décrétées non-employables et livrées à elles-mêmes sans moyens de subvenir à leurs besoins.

Vuyiseka a un but : que les femmes activistes dont le rôle n’est pas assez reconnu puissent occuper, comme elle, des postes de direction au sein d’organisations de la société civile. Car, encore aujourd’hui, ces postes sont essentiellement occupés par des hommes. Un but ambitieux, mais atteignable, surtout pour une femme qui a déjà repoussé tant de limites.

Koketso Moeti. Adapté de l’anglais par Lucile Quatreboeufs, assistante Campagnes chez ONE France.

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