Un aperçu du plus grand camp de réfugiés au monde
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A-family-in-the-refugee-camp-in-Dadaab-Kenya.-Photo-by-Jonathan-ErnstCe blog a été rédigé par Andrew Marshall et traduit par Yann Illiaquer.

Le Kenya fait partie des 10 pays accueillant le plus grand nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés : près de 600 000 personnes selon l’ONU. L’équivalent de la population de Glasgow au Royaume-Uni, de Dusseldorf en Allemagne, ou de Milwaukee aux Etats-Unis, ou plus que celle de Lyon en France.

La plupart des réfugiés Kenyan vit dans deux camps gigantesques : Daadab et Kakuma, tous deux plus grands que de nombreuses villes ou agglomérations.

Une grande partie des réfugiés somaliens ont fui vers Dadaab, dans le Nord-Est du Kenya. Ce camp regroupait, au 1er mars 2016, près de 345 000 réfugiés et demandeurs d’asile, dont 95% originaires de Somalie. Le premier camp a été construit en 1991 et a connu de nombreuses extensions depuis. Chaque année, des milliers de personnes naissent sur place et de nombreuses personnes y ont passé toute leur vie. Selon l’agence onusienne pour les réfugiés, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), 80% des résidents sont des femmes et des enfants.

Même si ce camp est en place depuis des années maintenant, il s’agit toujours d’un endroit temporaire. Le gouvernement kenyan interdit les structures permanentes à Dadaab et les réfugiés y vivent dans des tentes distribuées par l’ONU. L’eau provient de points de distribution et les toilettes ne sont toujours que des trous dans le sol.

Ben Rawlence, un écrivain britannique, vient de publier un livre sur la vie à Dadaab. City of Thorns: Nine Lives in the World’s Largest Refugee Camp suit la vie de 9 habitants du camp de Dadaab. « Depuis les airs, je pense que ça ressemble à Atlanta » a déclaré l’auteur dans une interview à NPR (la radio nationale publique aux Etats-Unis). « Il y a tant de grillages, ce sont cinq villes différentes qui entourent l’implantation originelle de Dadaab. »

« Le camp est organisé en blocs, chaque bloc est divisé en 10 ou 20 maisons mais ces maisons ne sont finalement que des huttes posées sur le sables. Le sable est rouge et les clôtures sont faites d’arbustes épineux car c’est le seul véritable matériel de construction disponible dans le désert. Tout autour du camp, sur environ 100 km, tous les acacias ont été coupés pour être utilisé comme matériaux de construction. Au milieu de chaque camp, il existe une sorte de marché informel. »

Il est très difficile pour les réfugiés de trouver du travail au Kenya, l’ONU doit donc continuer à acheminer plus de 5000 tonnes de nourriture chaque mois, principalement du riz et des haricots. Fournir suffisamment à manger pour tous les réfugiés dans le camp représente un effort majeur.

A cause des risques liés à la sécurité et aux restrictions de mouvement, entrer et sortir de Dadaab est très compliqué. Afin de quitter le camp, les habitants ont besoin d’un passe spécial qui n’est délivré qu’à l’issue d’un processus d’enquête et d’entretiens. C’est extrêmement compliqué et prend du temps alors la plupart des habitants apprennent à vivre au sein du camp. Certains y sont depuis des années sans jamais avoir pu en sortir – d’autres n’en sont jamais sorti depuis leur naissance.

Il ne s’agit pas du seul camp de réfugiés dans le pays. L’essentiel des personnes fuyant les conflits du Sud Soudan arrivent au camp de Kakuma, dans le Nord-Ouest. La population enregistrée y est de 187 867 réfugiés, principalement  du Sud Soudan (51%) et de Somalie (30%), suivi du Soudan (5%), de la République Démocratique du Congo (5%) et de l’Ethiopie (4%).

L’Afrique subsaharienne recueille 27% des réfugiés du monde. La réalité du terrain à Dadaab, et dans les camps en Afrique et au-delà, est que les réfugiés finissent par vivre l’essentiel de leur vie dans ce qui devient des villes semi-permanentes. Les personnes vivant dans ces camps comptent parmi les plus vulnérables de la planète. Ils ont très peu voire aucun moyen de  subsistance, ne peuvent pas jouir pleinement de leurs droits et sont souvent malnutris et sans accès aux services de base essentiels. Les femmes et les enfants sont menacés d’attaques et de violences sexuelles.

Il s’agit d’une situation désespérée. Le monde doit en prendre conscience, financer pleinement et mieux aider ces personnes prisonnières de ces camps, comme toutes celles qui fuient l’insécurité et la souffrance.

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