13510 km : le périple d’une réfugiée soudanaise jusqu’à Boise aux Etats-Unis
Crise des réfugiés

13510 km : le périple d’une réfugiée soudanaise jusqu’à Boise aux Etats-Unis

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Khamisa a grandi au Sud Soudan. Lorsqu’elle avait 10 ans, son père a été tué à cause d’un litige foncier. Craignant pour leur propre sécurité, Khamisa et sa mère ont pris la route jusqu’au camp de réfugiés de Kakuma, situé au Nord-ouest du Kenya, dans lequel vivent actuellement 179 000 réfugiés.

Avec le temps, la jeune Khamisa a fini par obtenir le statut de réfugiée aux Etats-Unis, et s’est installée dans l’Etat de l’Idaho, à Boise. Elle y vit depuis maintenant depuis plus de vingt ans.

J’ai grandi dans le Sud du Soudan jusqu’à l’âge de 10 ans, et je suis ensuite partie au Kenya avec ma mère pour trouver refuge. C’était en 1996. Ce fut une situation difficile. La seule chose dont je me souviens c’est que nous n’avons pas mangé pendant plusieurs jours. Les seuls aliments qu’on l’on trouvait étaient des fruits du désert. Nous avons finalement réussi à arrêter un camion près de la frontière qui séparait le Soudan du Kenya. C’est là que nous avons pu traverser la frontière.
Khamisa

Une fois arrivé au camp de réfugiés, nous avons rapidement compris qu’en tant que filles, nous n’aurions pas la possibilité d’aller à l’école régulièrement. On nous disait que nous ne pouvions pas faire certaines choses. Les mariages précoces étaient répandus. Les filles étaient retirées de l’école lorsqu’un homme suffisamment riche ou qui possédait assez de bêtes décidait de les épouser. Les filles étaient souvent considérées comme une potentielle source de revenus, voire comme un investissement par les familles.

En arrivant aux Etats-Unis, je connaissais la langue, mais l’environnement m’était inconnu. Je ne savais pas comment et quand aller au marché, ou faire d’autres choses très simples. Lorsque je me suis installée ici, j’enchaînais les petits boulots   et je ne dormais qu’une heure et demie chaque nuit.

Je gardais tout pour moi. Je n’étais pas capable de parler de mon expérience personnelle. Dès que j’essayais d’en discuter avec quelqu’un, j’étais submergée par l’émotion. Mais grâce à des séances de conseil et de nombreux échanges avec différentes personnes, je suis devenue plus forte. Aujourd’hui, je me sens plus armée, plus solide.

J’ai tout ce dont j’ai besoin. J’ai des yeux, des pieds et des mains. Beaucoup de gens utilisent des coupons alimentaires, mais moi je préfère tout faire par moi-même.

J’ai toujours rêvé de devenir infirmière. Quand j’étais dans le camp de réfugiés, j’ai pris un cours avec le HCR (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés) pour devenir assistante psychologue. J’ai adoré travailler comme aide-soignante. J’ai décidé qu’aider les gens serait mon objectif dans la vie. J’ai vu beaucoup de gens perdre la vie parce que personne dans leur entourage ne s’y connaît en médecine.

Mes enfants me permettent de tenir le coup. Si chaque jour, je peux les voir rire, je me sens apaisée. Je me sens simplement heureuse et reconnaissante. Je pense que les choses n’arrivent pas par hasard. Si tout cela ne m’était pas arrivé, je ne serais pas là aujourd’hui.

Mobilisez vous pour que tous les enfants réfugiés aient l’avenir qu’ils méritent, à l’image de Khamisa. Signez la pétition

Adapté de l’anglais par Lucile Quatreboeufs, assistante Campagnes chez ONE France, ce billet de blog est issu d’un partenariat entre ONE et Refugees Deeply.

Les témoignages de Khamisa ont été rédigés en collaboration avec Refugees Deeply et Stronger Shines the Light Inside – un projet de photographie qui raconte l’histoire de réfugiés installés dans l’Etat de l’Idaho aux Etats-Unis.

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