Si l’accès à l’éducation est une crise mondiale, qu’attendent nos dirigeants pour agir ?
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Si l’accès à l’éducation est une crise mondiale, qu’attendent nos dirigeants pour agir ?

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Lors d’une visite au Nigeria le mois dernier, Malala Yousafzai a qualifié la situation concernant le manque d’accès à l’éducation dans le pays d’”extrêmement préoccupante”. Le Nigeria connaît actuellement une grave crise mais ce phénomène est loin de se limiter à ce pays. Il y a véritablement urgence au niveau mondial.

Actuellement, cette urgence ne trouve malheureusement pas de résonance dans le reste du monde. Nous devons donc nous faire l’écho de ces inquiétudes profondes avant que cette injustice ne mette en péril l’avenir de toute une génération, et fasse reculer les progrès déjà accomplis.

Le plus grand défi face à la crise de l’éducation reste son absence dans nos fils d’actualités, alors même que chacun d’entre nous a conscience qu’elle constitue une priorité. Nous passons à côté d’opportunités, lentement et silencieusement et notre inaction a un impact considérable pour tous ces enfants privés de la possibilité de s’instruire et de se former.  

Cependant, des faits alarmants devraient nous pousser à agir : 130 millions de filles ne vont pas à l’école dans le monde et un demi milliard de femmes ne savent ni lire ni écrire ! Des millions d’autres sont scolarisées mais n’apprennent rien, ou peu qui soit valorisable au vu des réalités du monde professionnel qui s’offrent à elles et aussi de la priorité donnée aux STEM – les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.

Après avoir doublé en à peine une génération, la population nigériane doublera à nouveau d’ici la prochaine génération, comme dans le reste de l’Afrique. Cette jeunesse, en plein boom démographique, va demander des investissements conséquents. S’ils ne sont pas suffisants, une génération entière qui pourrait pourtant soutenir la croissance économique mondiale sera abandonnée et contrainte aux déplacements de masse. Cela ne pourra qu’encourager les conflits aux dépens du progrès !

Au-delà de ce triste constat, il existe heureusement aujourd’hui des dispositifs de levée de fonds qui pourront permettre de scolariser ces enfants. Le Partenariat Mondial pour l’Education et le programme Education Cannot Wait (“L’éducation ne peut attendre”) sont prêts à agir à grande échelle, avec davantage de financements provenant de la Banque Mondiale et du nouveau mécanisme de financement international pour l’éducation.

Comme dans beaucoup de secteurs oeuvrant pour le développement, il y a par ailleurs de nombreuses initiatives aux acronymes divers qui doivent désormais s’aligner et être davantage transparentes. Cela nécessite que leurs données soient accessibles, fiables et actualisées. Mais on y arrive, petit à petit.

Bien entendu, ce mouvement doit avant tout être porté par les Etats Africains eux-mêmes qui doivent faire en sorte que les impôts collectés au sein du pays servent bien à garantir une éducation décente à leurs citoyens. Un système éducatif à la hauteur, pour les prochaines générations, doit être au cœur du contrat social qui unit toute nation et aussi toute la communauté mondiale.

Le 20 septembre dernier, le président sénégalais M. Sall et le président français Emmanuel Macron ont déclaré organiser conjointement la conférence des donateurs du Partenariat Mondial pour l’Education, à Dakar le 8 février prochain. C’est un premier pas très encourageant.

Pour pleinement jouer son rôle de leader, la France doit maintenant rapidement annoncer une contribution de 300 millions de dollars au Partenariat mondial pour l’éducation pour la période 2018-2020. Cette annonce doit se faire au plus vite, afin d’entraîner d’autres pays donateurs dans son sillage et de s’assurer, comme l’a annoncé Emmanuel Macron, que le Partenariat puisse être financé à hauteur des besoins, soit 3,1 milliards de dollars sur 3 ans.

Pour répondre efficacement et de manière durable à cette crise, il faut maintenant traduire les paroles en actes. L’éducation doit être placée au cœur du débat public mondial et s’accompagner de solutions innovantes et de choix ambitieux et adaptés.

C’est pourquoi ONE a lancé une nouvelle pétition pour demander à tous les dirigeants de rejoindre le mouvement en faveur de l’éducation dans le monde et d’apporter le soutien nécessaire au Partenariat mondial pour l’éducation.
Aidez-nous à faire entendre cet appel et signez la pétition !

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