Serafina se bat pour que toutes les filles aient accès à l’éducation
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Serafina se bat pour que toutes les filles aient accès à l’éducation

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Récit et photos de Megan Iacobini de Fazio

La famille de Serafina l’a encouragé à continuer l’école. Désormais elle se bat pour que toutes les filles aient aussi ce droit.

Serafina a 20 ans. À cet âge, elle devrait être à l’université, mais au lieu de ça, elle vient tout juste de terminer l’école primaire.

Comme beaucoup d’autres élèves au Kenya, de nombreuses circonstances, indépendantes de sa volonté, l’ont empêché de poursuivre sa scolarité. « Depuis que j’ai commencé l’école l’année dernière, j’ai essayé de faire de mon mieux pour rattraper mon retard, ce n’est pas facile, mais j’essaie.  Dès que j’aurai les résultats de mes examens, j’irai au lycée puis à l’université ».

Sérafina

Serafina est née à Khartoum au Soudan, où sa famille s’était installée pour échapper aux violences sévissant dans le pays. Elle a grandi dans cette région, elle a connu la violence et la discrimination. Elle la cadette d’une fratrie de 9 enfants, jusqu’à ce que la guerre les contraigne à fuir et à s’installer au sein du plus jeune Etat au monde, le Sud-Soudan.

« J’ai grandi en parlant ma langue maternelle, l’arabe – la langue officielle du Soudan. A l’école, je n’avais aucune notion d’anglais ». Ce fut un obstacle majeur à son éducation. Mais contrairement a beaucoup de filles au Soudan du Sud, la famille de Serafina, l’a vivement encouragé à continuer ses études.

Certaines filles se marient très jeunes, elles sont privées de leur enfance car elles n’ont pas l’opportunité d’aller à l’école. Elles dépendent d’abord de leurs familles, puis leurs maris, c’est un cercle vicieux. « C’est la raison pour laquelle mon père m’a toujours poussé à poursuivre mes études ».

Pour pouvoir étudier l’anglais, elle s’est même installée, pendant un temps, au Kenya avec l’une de ses sœurs. Mais quand le père de Serafina a perdu son emploi au Soudan, il était incapable de continuer à payer ses études.

« J’ai dû rester à la maison pendant 3 ans sans aller à l’école, j’étais très mal car la seule chose que je souhaitais c’était de pouvoir apprendre ».

Mais elle n’a jamais baissé les bras. Elle a passé tout son temps libre à étudier l’anglais et le swahili en discutant avec les gens à l’église par exemple. Elle a vu sa vie changer quand ses amis lui ont parlé de la Sud Academy, une école près de chez elle, qui a ouvert spécifiquement pour répondre aux besoins de la communauté grandissante soudanaise, en donnant accès à un enseignement abordable.

« J’ai commencé immédiatement, j’étais tellement heureuse de pouvoir retourner à l’école ».

Mais reprendre le chemin de l’école n‘est pas le seul avantage. « C’est bien de pouvoir être avec d’autres Soudanais de différentes régions du pays, on parle souvent de ce qu’on veut faire plus tard, de ce qu’on peut faire pour contribuer à construire un meilleur avenir pour notre pays ».

Malgré les défis auxquelles certaines écoles font face – manque de financement et d’équipement, classes bondées etc. – Serafina reconnaît avoir eu beaucoup de chance car cette école lui a permis de bénéficier d’un enseignement de qualité. Et elle n’est pas la seule, de nombreux jeunes soudanais ont aussi, grâce à cette école, de belles perspectives d’avenir devant eux.

Sérafina et son amie Elizabeth lors d’un cours.

“Il y a encore beaucoup de jeunes qui ne vont pas à l’école et il existe peu de professeurs au Soudan du Sud. C’est pourquoi je veux devenir enseignante et aider les autres enfants qui sont dans la même situation que moi”.

Soutenez les filles comme Serafina en signant notre lettre ouverte aux dirigeants mondiaux !

 

Ce blog a été traduit de l’anglais par Fatima Ben Mekki, assistante campagnes chez ONE France.

 

 

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