Rapport DATA 2016 : Mieux répondre aux nouveaux défis mondiaux
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Rapport DATA 2016 : Mieux répondre aux nouveaux défis mondiaux

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Comme chaque année, ONE présente son rapport DATA qui analyse la situation actuelle des budgets d’aide publique au développement (APD) et les tendances dans ce domaine.

Pour cette édition 2016 Mieux répondre aux nouveaux défis mondiaux, ONE examine en particulier l’évolution de l’aide au développement dans le contexte de la crise des réfugiés et des besoins humanitaires mondiaux croissants.

Le rapport rappelle la multiplication des défis mondiaux, pour lesquels la réponse est insuffisante à l’heure actuelle. En effet, plus de 900 millions de personnes vivent toujours dans l’extrême pauvreté et selon les estimations, d’ici à 2018, plus de la moitié de ces personnes vivront dans des états fragiles. Les coûts humanitaires ne cessent d’augmenter au niveau mondial, tandis que l’insécurité, les conflits et les catastrophes naturelles ont encore exacerbé l’extrême pauvreté et les défis liés au développement.

Rapport Data 2016

Dans ce cadre, le rapport met en lumière certaines avancées et dynamiques positives. En effet, la grande majorité des pays donateurs ont augmenté leur budget d’aide en 2015 et l’aide publique au développement (APD) mondiale a connu une augmentation historique de 7 % entre 2014 et 2015 !

Cependant, ces résultats ne sont pas à la hauteur des besoins actuels de plus en plus importants. L’APD globale ne représente toujours que 0,3 % de la richesse nationale des pays du pays donateurs en 2015, encore bien loin de l’objectif de 0,7 % fixé par les Nations Unies.

De plus, l’augmentation de cette aide est fortement liée à l’augmentation des coûts d’accueil des réfugiés dans les pays donateurs. Ces coûts représentent près de 9,1 % de l’APD globale en 2015, contre 2,8 % seulement en 2010, des dépenses nécessaires mais qui ne doivent pas être prélevées sur le budget d’aide aux pays en développement.

C’est pourquoi ONE demande d’augmenter l’aide pour soutenir à la fois les besoins humanitaires urgents et le développement à long terme afin de lutter contre l’extrême pauvreté, tout en répondant aux besoins des réfugiés où qu’ils soient.

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Et la France dans tout ça ?

Un premier constat positif : après quatre années consécutives de baisse, la France a enfin augmenté, timidement, son budget d’aide au développement en 2015 de 1,5%, atteignant un montant total de 8,19 milliards d’euros.

Cependant, la France perd malgré tout sa place de 4ème donateur au niveau mondial, au profit du Japon. Une première depuis 2005. Par ailleurs, son aide publique au développement stagne à 0,37% du revenu national brut, ce qui est encore bien loin de l’objectif international fixé à 0,7%, et également inférieur au taux de 0,46% enregistré par la France en 2011, avant que François Hollande ne soit élu.

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Autre problème, cette hausse du budget de l’aide n’a pas été affectée aux priorités initialement définies par la France, à savoir aider les pays les plus pauvres et les plus fragiles du monde.

Si l’aide de la France vers ces pays a connu une augmentation importante de 11,6% en 2015, représentant aujourd’hui 26,5% du budget, elle reste cependant en dessous de la moyenne des autres pays donateurs (29,5%). L’aide française destinée aux pays les plus pauvres est donc toujours insuffisante pour faire face aux réalités d’un monde qui change.

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Alors que les besoins humanitaires mondiaux se font de plus en plus pressants, le rapport épingle la France qui, en 2014, a affecté moins de financements aux programmes humanitaires menés dans les pays en développement qu’à l’accueil des réfugiés sur son propre territoire.

De plus, bien que la France investisse beaucoup dans l’éducation, plus de 70 % de ces montants n’ont pas été dépensés dans des pays en développement mais en France, pour les bourses et le financement de l’accueil des étudiants provenant de pays en développement.

What’s next ?

Bien que la France soit sur la bonne voie en augmentant son budget d’aide au développement, ces avancées sont encore trop timides et insuffisantes, autant d’un point de vue budgétaire que politique.

Elles ne permettent pas encore de redresser la barre suite aux coupes sèches que ce budget a subies ces dernières années, et de s’approcher réellement de l’augmentation de 4 milliards d’euros d’ici à 2020 promise par le Président.

C’est pour cela que ONE se mobilisera aux côtés des parlementaires dans les prochaines semaines pour s’assurer que le budget 2017 de la France permette davantage de soutenir les populations les plus pauvres et les plus vulnérables, priorité incontestable de l’aide internationale.

Retrouvez toutes nos recommandations et analyses dans le rapport DATA 2016.

Suzanne Seillier, Assistante Plaidoyer chez ONE France.

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