Rapport DATA 2012 : la feuille de route au nouveau gouvernement

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Pour la septième fois ONE lance aujourd’hui son rapport annuel, le rapport DATA. Le sujet peut paraître aride pour le commun des mortels : décortiquer les promesses d’aide au développement faites par les pays donateurs pour voir si elles ont été tenues, ou pas. Ce qui est malheureusement plus fréquent…

Cette année, ce rapport intervient cependant dans un contexte bien particulier, en France, en Europe et dans le monde. Les engagements du G8 de Gleaneagles sont arrivés à échéance fin 2010 et de nombreux pays, Etats-Unis et Japon en tête, n’ont pas fixé de nouveaux objectifs chiffrés.

L’Union européenne, seule région au monde à avoir encore des promesses en cours, entame en ce moment-même les négociations pour son prochain budget septennal, le cadre financier pluriannuel 2014-2020. Il s’agit notamment de savoir quel pourcentage de l’enveloppe globale ira au développement. La commission a fait en 2011 une proposition ambitieuse, mais il ne faut pas lâcher les pays membres qui tentent de la revoir à la baisse.

Enfin, la France vient de changer de majorité. Pour la première fois sous la 5e République la gauche a tous les leviers du pouvoir en main. Le rapport DATA 2012 dresse donc un rapport sans concession de l’aide française aux cours des cinq dernières années et dresse une feuille de route pour le prochain quinquennat.

La France s’est notamment engagée à consacrer d’ici à 2015 pas moins de 0,7% de sa richesse nationale à l’aide au développement. Une partie de cette aide (0,15-02%) doit être consacrée aux pays les moins avancés et 50% de toute hausse doit bénéficier à l’Afrique subsaharienne.

Le rapport DATA jette une lumière crue sur le bilan de l’aide française : dopée artificiellement par la comptabilisation des annulations de dette et l’utilisation de plus en plus massive de prêts aux pays intermédiaires au détriment des dons aux pays les plus pauvres, l’aide publique chute malgré tout brutalement en 2011, de 287 millions d’euros (-3,3%).

Au cours de notre campagne ONE Vote, François Hollande a déclaré qu’il souhaitait «engager un cheminement crédible pour atteindre progressivement l’objectif des 0,7% » et s’est prononcé en faveur d’une loi de programmation pour rendre l’aide plus transparente ». Europe Ecologie les Verts s’était engagé à s’assurer, s’ils étaient présents au gouvernement, à ce que le PS ne se dédouane pas de cet objectif et était particulièrement sensible à l’importance du budget européen.

L’objectif des 0,7 reste un objectif réaliste, malgré la crise. Le DATA démontre que l’atteindre la France doit augmenter son APD de 6,58 milliards d’euros. Plusieurs de ses partenaires, comme le Pays-Bas, le Luxembourg ou la Suède, y sont déjà. D’autres, comme le Royaume-Uni sont en bonne voie malgré la crise financière.

Elle pourrait notamment s’engager dans la bonne voie en encourageant ses partenaires européens à consacrer une partie plus importante du budget de l’Union à l’aide au développement permettant ainsi à l’UE d’atteindre son objectif des 0,7%.

Si en 2011 l’aide globale (EU + Etats membres) de l’UE a baissé pour la première fois depuis 2002, elle contribue toujours à plus de la moitié de l’APD mondiale (54,1%). Cela représente 0,4% de son RNB soit un ratio bien supérieur aux autres bailleurs internationaux (USA 0,2%, Japon, 0,17%, Canada 0,31% et moyenne CAD 0,3%). Sept Etats membres ont atteints ou dépassés leurs objectifs individuels à mi-parcours (2010), mais d’autres sont à la traine, notamment l’Allemagne, l’Italie, la France et l’Espagne.

Pourtant, l’aide européenne permet un effet de levier sur l’aide des pays membres de l’UE, en particulier les nouveaux pays membres de l’UE et ceux qui font transiter une part importante de leur aide par l’UE. L’UE joue aussi un rôle important de coordinateur de l’aide, la rendant plus efficace, et permet une distribution de l’aide dans des pays où les pays membres ne sont pas forcément présents (exemple Erythrée). De plus son cycle budgétaire long permet une aide plus prévisible ce qui est utile pour les pays bénéficiaires et les organisations non gouvernementales qui utilisent l’aide de l’UE.

Mais l’aide européenne souffre, tout comme les banques grecques ou espagnoles. Elle ne bénéficie pourtant pas des mêmes plans de sauvetage. L’aide à l’Afrique a particulièrement souffert : alors qu’entre 2004 et 2010, l’APD de l’UE-15 accordée à l’Afrique subsaharienne devait progresser de 15,58 milliards d’euros, c’est 10,54 milliards de moins qui ont finalement été versés à ces pays, les plus pauvres de la planète.

Chez ONE nous appelons cela « la face cachée de l’austerité ». L’Europe trouve sans problème 100 millions d’euros pour sauver les banques espagnoles, mais elle n’honore pas les promesses envers les plus démunis. Avec l’argent qui manque à l’appel, on aurait pu prévenir le rachitisme et la malnutrition chronique de plus de 38 millions d’enfants dans les pays les plus pauvres, ou traiter 2 millions de personnes contre le sida et 15 millions de personnes contre le paludisme.

Si vous voulez nous aider à influer sur les dirigeants européens, merci de signer notre pétition leur demandant d’adopter le projet financier ambitieux présenté par la commission en 2011. Au prochain sommet européen cette semaine à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement y jetteront un premier coup d’œil.

 

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