La guerre en Ukraine aura aussi des conséquences en Afrique

Cette semaine, dans Ondes de Choc: l’impact de la guerre en Ukraine sur les prix des denrées alimentaires (et sur le commerce du gaz en Tanzanie), la suspension des doses de COVID-19 en Afrique et comment s’est terminé le sommet UA/UE.

ACTUALITÉS

Ricochets : L’agression russe contre l’Ukraine devrait avoir un impact important sur les prix des denrées alimentaires dans les pays à faible revenu. La Russie et l’Ukraine fournissent plus d’un quart de l’approvisionnement mondial en blé. 43% du blé consommé en Libye vient d’Ukraine. Au-delà des inquiétudes liées à l’approvisionnement, une hausse des prix pourrait entraîner des conflits et des violences. Le Kenya a dénoncé l’agression russe pour ses connotations coloniales et pour son atteinte à la paix et à la sécurité internationales, à un moment où l’impact sanitaire et économique de la pandémie frappe déjà durement les pays à faible revenu.

Guerre et commerce : En attendant, le conflit pourrait changer la donne pour les pays africains producteurs de pétrole et de gaz, dont la Tanzanie. La volonté des Européens de trouver des alternatives au gaz russe (qui représente 35 % de leur approvisionnement) les pousse à se tourner vers les marchés africains. En 2016 déjà, le FMI avait signalé que la Tanzanie pourrait devenir l’un des plus grands exportateurs de gaz au monde grâce à ses réserves estimées à 57 000 milliards de pieds cubes.

Une bonne dose de gaspillage : Le centre de contrôle et de prévention des maladies en Afrique (CDC) a demandé la suspension des dons de doses en raison des difficultés persistantes en matière de logistique et d’administration des vaccins. Cette année, le CDC Afrique a souligné les problèmes liés aux doses proches de la date d’expiration, au manque d’infrastructures et aux difficultés liées à la réticence à l’égard des vaccins. Tant que l’on ne trouvera pas les 1,6 milliard de dollars nécessaires pour administrer les doses avec succès, une partie des dons seront gaspillés. Ce n’est pas tout : l’accès limité aux tests signifie également que l’Afrique n’a probablement pas été épargnée par le pire de la pandémie, contrairement à ce que les données officielles indiquent ! Les études les plus récentes montrent des différences significatives entre les cas réels et les cas déclarés sur le continent, ainsi que des preuves d’un taux de mortalité beaucoup plus élevé que les chiffres officiels au Kenya.

Titre : BioNTech déclare qu’elle n’a pas l’intention de poursuivre en justice les scientifiques africains qui reproduisent son vaccin. Dans la lignée de ses BioNtainers récemment annoncés (qui, selon eux, intégèreront du personnel formé localement), BioNTech affirme que son objectif est de “veiller activement à ce que sa technologie soit disponible sur tous les continents”. Cette annonce est la bienvenue, mais il y a encore quelques détails à régler : Le PDG Ugur Sahin n’a pas totalement exclu l’existence d’une violation de brevet, et la société partenaire du vaccin de BioNTech, Pfizer, n’a pas suivi l’exemple de l’entreprise allemande. Pour l’instant, seul le vaccin Moderna a été copié avec succès. En fin de compte, la vaccination reste essentielle, même si certains pays pensent entrer dans  “une nouvelle ère” de la pandémie.

Montrer l’exemple : La société pharmaceutique sud-africaine Afrigen est le leader que nous attendions. Non seulement elle va partager ses connaissances pour soutenir la formation au Brésil et en Argentine, mais elle travaille déjà sur un vaccin à ARNm plus pratique (lire : accessible) qui ne nécessite pas de stockage à des températures extrêmement basses 🤩. Outre l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Kenya, le Nigeria, le Sénégal et la Tunisie sont également sur le point d’obtenir la technologie nécessaire pour développer leurs propres vaccins à ARNm. De plus, si le vaccin d’Afrigen est équivalent à celui de Moderna, les essais cliniques à long terme ne seront pas nécessaires.

A la prochaine : Le résultat du sommet UA-UE de la semaine dernière – la première réunion de ce type depuis 2017 – est mitigé. L’UE a engagé 100 millions d’euros pour soutenir l’Agence africaine des médicaments sur 5 ans, 500 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement pour renforcer les systèmes de santé, 425 millions d’euros sur un paquet de livraison de vaccins, et 150 milliards d’euros pour soutenir le continent africain en matière de santé, de transports et d’éducation. L’UE a cependant éludé plusieurs questions urgentes, notamment la dérogation en matière de propriété intellectuelle pour les vaccins et traitements COVID-19 (que l’UE bloque activement), les investissements dans les capacités de production de vaccins en Afrique et la réallocation des droits de tirage spéciaux du FMI. L’UE a promis une solution pour le transfert de technologie d’ici au printemps (ce qui nous amènerait, sauf erreur de notre part, à deux ans et demi après le début de la pandémie). Quoi qu’il en soit, les dirigeants africains se demandent un avenir fait de partenariats et non de dépendance.

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