VIH et COVID-19, liaisons dangereuses

Un tour d’horizon des dernières actualités, statistiques et analyses de l’impact du COVID-19 en Afrique. Cette semaine, dans Ondes de Choc: l’impact du VIH sur le COVID-19 et vice-versa, l’état des soins de santé dans le monde et les niveaux d’endettement vertigineux de l’Afrique.

ACTUALITÉS

Liaisons dangereuses : Une équipe d’experts du Network for Genomic Surveillance en Afrique du Sud a récemment documenté le cas d’une femme séropositive dont l’infection au COVID-19 a duré 9 mois et a entraîné plus de 20 mutations virales. Les experts s’inquiètent du manque d’accès aux vaccins dans les pays pauvres, qui, combiné à des taux plus élevés de personnes immunodéprimées, augmente la probabilité que le prochain variant du COVID-19 puisse provenir du Burundi, de la RDC, du Nigeria ou de la Tanzanie.

Le pire peut être à venir : Le prochain variant du COVID-19 pourrait être plus bien dangereux que les précédents : c’est ce qu’estiment des scientifiques néerlandais qui ont découvert un nouveau variant du VIH. Cette mutation est quatre fois plus contagieuse et entraîne une détérioration deux fois plus rapide du système immunitaire. On pense que ce variant est apparu chez une personne dont l’infection a duré plus longtemps que d’habitude, ce qui souligne l’importance des mesures visant à réduire la durée et la gravité des infections, comme les vaccins et les traitements. Paradoxalement, l’accès aux soins contre le VIH a particulièrement été perturbé par le COVID-19. Plus de 90 % des pays étudiés ont signalé un impact sévère sur leurs systèmes de santé. Les programmes de vaccination de routine ont également souffert, tandis que les soins urgents se sont encore détériorés entre 2020 et 2021.

Payer sa dette : La dette publique de l’Afrique atteint désormais près de 550 milliards de dollars, soit plus que les recettes publiques de l’ensemble du continent. Le Fonds africain de développement propose d’utiliser les Droits de Tirage Spéciaux du Fonds Monétaire International pour lever les fonds nécessaires pour payer le service de la dette.

Solution locale : Les faibles taux de vaccination ont été une source d’inquiétude lors du sommet de l’Union Africaine de cette semaine, le continent n’étant encore qu’à 11% de personnes totalement vaccinées. La solution existe : les chefs d’Etats ont répété que la production locale de vaccins sera essentielle pour atteindre les objectifs de vaccination et assurer la résilience régionale, mais le partage de technologies reste la pièce manquante du puzzle. En attendant, l’Inde et la Chine pourraient être exclues de la dérogation sur les accords des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) afin de faire passer l’accord. L’Inde est pourtant l’un des principaux partisans de la dérogation depuis le début de la pandémie. Les négociations entrent maintenant dans leur deuxième année, car, c’est bien connu, il n’y a pas de période plus propice pour des délibérations interminables qu’une pandémie mondiale…

Money, money, money : Les inégalités flagrantes d’accès aux vaccins dans le monde ne sont visiblement pas une raison suffisante pour empêcher J&J d’interrompre la production de son vaccin COVID-19 dans sa seule usine qui en produisait 🤦🏾‍♀️. Au lieu de cela, l’entreprise pharmaceutique a réorienté la production vers un vaccin plus lucratif et sans aucun rapport avec la pandémie actuelle. Le vaccin J&J et sa dose unique est pourtant le premier choix pour les pays pauvres en raison de sa facilité d’utilisation et d’acheminement. J&J n’a déjà fourni que 2 % des doses promises à COVAX et a produit moins de la moitié du milliard de doses prévues en 2021.

Jackpot : Il n’y a pas que J&J qui privilégie ses profits avant tout : Cette semaine, Pfizer a annoncé des revenus de 36,8 milliards de dollars pour son vaccin COVID en 2021, soit sept fois plus que ce dont a besoin COVAX pour réussir sa mission. Pendant ce temps, Merck et Lilly ont déclaré environ 1 milliard de dollars chacun pour les ventes de leurs traitements antiviraux COVID-19 respectifs. Les profits records réalisés par les vaccins et les médicaments COVID-19 créent une incitation perverse pour les entreprises pharmaceutiques à vendre aux pays les plus riches. Les premières ventes des nouveaux médicaments contre le COVID-19 de Pfizer et Merck laissent penser que nous allons assister à une nouvelle version du nationalisme vaccinal mais avec les traitements, du moins à court terme, les pays riches étant les premiers à avoir accès aux nouveaux médicaments et les pays à faible revenu étant relégués à l’arrière de la file.

Inégalités à tous les étages : L’Afrique doit multiplier par 6 ses taux de vaccination pour atteindre l’objectif mondial de 70%, soit passer de 6 millions à 36 millions de doses par semaine. Ces chiffres masquent toutefois des inégalités en matière de vaccination au sein des pays. Au Kenya, les zones pauvres situées en dehors de la capitale ont des taux de vaccination de 6,5 %, alors que la capitale Nairobi a dépassé les 40 %. Et comme si les inégalités d’accès à la vaccination dans le monde ne suffisaient pas, le Royaume-Uni cherche à réaliser un “profit” de 232 millions de dollars sur les doses qu’il a stockées et données par la suite. Le gouvernement profite en effet du prix par dose donnée établi par l’OCDE dans les règles de comptabilisation de l’aide au développement pour demander un remboursement plus élevé que ce qu’il a payé par dose donnée. Parfait, c’est exactement ce dont le monde avait besoin : une motivation financière pour que les pays riches achètent et stockent des doses. 🤯

Dur à avaler : Les scientifiques tentent de combattre la peur des aiguilles qui fait obstacle aux vaccins COVID-19 avec une capsule à avaler. Malheureusement, il n’y a peut-être pas de remède à la peur qui s’est rapidement répandue lors du lancement du vaccin d’AstraZeneca en raison des inquiétudes suscitées par de rares cas de caillots sanguins. L’atteinte à la réputation du vaccin a “probablement tué des centaines de milliers de personnes”, selon un scientifique qui a participé à sa mise au point.

#Inspiration : Selon le FMI, les citoyens se sont davantage préoccupés du changement climatique pendant la pandémie. Il y a toutefois une réserve importante : les habitants des 16 pays étudiés ont tendance à moins s’y intéresser s’ils sont touchés par une perte de revenus à cause de la pandémie. C’est un gros problème si la tendance se confirme pour tous les pays d’Afrique subsaharienne, qui ont perdu 13,5 millions d’emplois pendant la pandémie, tandis que 5 millions de travailleurs et leurs familles sont tombés dans l’extrême pauvreté. Pendant ce temps, le ministre sud-africain de l’environnement considère les pays producteurs de charbon comme l’Inde, la Chine et l’Australie comme des modèles de lutte contre le changement climatique. Il est allé jusqu’à s’en prendre aux militants opposés à l’exploration pétrolière dans le pays. L’horreur.

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