Les crises mondiales et leurs points de pression en Afrique

Cette semaine, dans Ondes de Choc : 86% de l’économie mondiale touchée par la guerre en Ukraine, le vrai bilan de la pandémie, et ce que les élections françaises pourraient signifier pour l’Afrique.

ACTUALITES

La guerre des mondes : La guerre en Ukraine va affaiblir les économies de 143 pays cette année (qui représentent 86 % de l’économie mondiale), sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Cela pourrait signifier un plus grand risque de violence dû aux tensions politiques en Afrique, les financements d’urgence étant menacés car les pays se concentrent sur l’aide à l’Ukraine. En réponse, la Banque mondiale a annoncé 170 milliards de dollars de financement de crise jusqu’en juin 2023, soit 10 milliards de dollars de plus que pour la pandémie de COVID-19 – mais seule une partie de cette somme est constituée de nouveaux financements. Entre-temps, le gouvernement du Zimbabwe a annoncé un plan de développement en partenariat avec le secteur privé pour 51 millions de dollars afin de soutenir les petits exploitants agricoles. Les fonds supplémentaires seront ajoutés au programme existant de revitalisation de l’irrigation qui a été créé en 2016. D’après les experts, la crise alimentaire déclenchée par la guerre ne devrait pas être négligée par les décideurs politiques de l’UE.

A surveiller : Deux nouveaux sous-variants du COVID-19, BA.4 et BA.5 sont surveillés par l’OMS à mesure qu’ils se propagent en Afrique et en Europe. Jusqu’à présent, ces variants semblaient aussi contagieux et mortels que le variant Omicron BA.2, actuellement le plus répandu. Cela pourrait changer au fur et à mesure que les cas augmentent : au 8 avril, environ 100 cas avaient été détectés dans le monde. Au moment où ce nouveau variant faisait son apparition, la Maison Blanche fixait enfin une date pour le deuxième sommet COVID-19 du Président Biden qui se tiendra donc le 12 mai. Espérons que les thèmes centraux incluront une véritable solidarité internationale pour mettre fin à la pandémie partout sur la planète.

Pas les mêmes : Alors que les élections approchent, une victoire de Macron ou de Le Pen aurait des conséquences bien différentes pour l’Afrique qui ne doivent pas être sous-estimées. L’aide au développement bilatérale de la France serait probablement réduite en cas de victoire de Le Pen, après avoir augmenté sous Macron. La préférence de la candidate d’extrême droite pour une aide au développement conditionnée à des impératifs migratoires, sécuritaires ou diplomatiques de la France pourrait entraîner des coupes de cette aide pour certains pays. Elle ne souhaite pas que l’APD favorise l’égalité entre les femmes et les hommes et considère que la coopération multilatérale est inefficace. La restitution d’objets d’arts volés pendant la colonisation aux pays africains cesserait également. Le Pen a également fait face à des critiques pour son soutien à Poutine après l’expression de son admiration pour le leader autoritaire, et les révélations de dons que son parti a reçu de banques russes. Marine Le Pen a également nié l’annexion de la Crimée. Ailleurs dans l’actualité électorale : le groupe terroriste al-Shabab a revendiqué une attaque contre le Parlement somalien lors d’une session parlementaire. Cette attaque survient dans un contexte de tensions politiques accrues suite à une tentative de l’ancien président Mohamed Abdullahi Mohamed de prolonger son mandat.

Des conséquences fâcheuses : En Ouganda, les antibiotiques sont fréquemment demandés sans ordonnance (et sans contrôle médical). Les chercheurs ont constaté une résistance des infections aux antibiotiques qui peut atteindre 100 %, ce qui pourrait les rendre dangereuses à l’avenir alors qu’elles peuvent aujourd’hui être soignées. A cause de facteurs environnementaux, la résistance aux antimicrobiens est considérée comme un risque mondial et pourrait devenir la principale cause de décès d’ici 2050. En réponse, l’Ouganda, ainsi que dix autres pays africains, ont annoncé un plan d’action pour lutter contre ce phénomène.

Bilan : Une étude de l’OMS a revu à la hausse les décès estimés dus au COVID-19, les portant à environ 15 millions à la fin 2021. Au moins 4 millions de ces décès ont été attribués à l’Inde, mais le Premier ministre Modi refuse de revenir sur les chiffres enregistrés par son gouvernement, qui s’élèvent à un peu plus d’un demi-million. Si la plupart des chiffres révisés correspondent à des décès qui n’avaient pas été comptabilisés auparavant et qui sont la conséquence directe du COVID-19, les nouvelles estimations incluent également des décès indirects causés par les perturbations des soins dus à la pandémie. Au Sierra Leone, la comptabilisation des décès demande beaucoup de travail : les enquêteurs font du porte-à-porte. Seulement un quart des décès est signalé par le système national d’enregistrement des statistiques vitales, mais ceux qui sont signalés n’ont pas de cause attribuée. Les efforts déployés pour combler cette lacune visent également à améliorer les mesures et les budgets de santé publique, ainsi qu’à tirer des enseignements essentiels pour les crises et pandémies futures.

Externalisez votre humanité : La Grande-Bretagne a conclu un accord sévèrement critiqué avec le Rwanda pour envoyer des demandeurs d’asile dans le pays d’Afrique de l’Est, en relocalisant spécifiquement les migrants qui ont utilisé des “itinéraires illégaux ou dangereux” pour atteindre le Royaume-Uni. La Grande-Bretagne a payé 158 millions de dollars d’avance pour cet accord, qui devrait durer cinq ans (et qui sera probablement confronté à des contestations juridiques). Les responsables rwandais ont présenté l’accord comme faisant partie d’un engagement national en faveur des demandeurs d’asile et des réfugiés, mais ses détracteurs (notamment les partis d’opposition rwandais) ont déclaré que cela constituait un transfert des responsabilités et des obligations internationales du Royaume-Uni vers le Rwanda. Amnesty International UK, ainsi que d’autres groupes de défense des droits de l’homme et des réfugiés, ont qualifié cette décision de projet néocolonial inhumain et cruel.

Alerte aux catastrophes : Les pluies les plus fortes depuis 60 ans ont dévasté l’Afrique du Sud, tuant au moins 448 personnes. Ce désastre est le dernier en date d’une série de tempêtes dans le sud et l’est de l’Afrique, et l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l’histoire du pays. Près de 4 000 maisons ont été détruites, plus de 40 000 personnes ont été déplacées et environ 600 écoles ont subi des dommages à hauteur de 28 millions de dollars. La tempête a également interrompu les activités de l’un des ports les plus fréquentés d’Afrique par lequel transite 60 % des expéditions de l’Afrique du Sud et envoie des marchandises jusqu’en République démocratique du Congo. La tempête a engendré en une seule journée environ 75 % des précipitations annuelles moyennes de l’Afrique du Sud – et le changement climatique entraînera des événements similaires de plus en plus fréquemment.

A quel prix ? : Shanghai possède le plus grand port à conteneurs du monde, et la fermeture de la ville pendant près de trois semaines conformément à la politique chinoise de zéro cas de COVID-19 aura des répercussions dans le monde entier. Le nombre de navires en attente de chargement ou de déchargement a atteint des niveaux stupéfiants, doublant tous les records précédemment établis pendant la pandémie. La chaîne d’approvisionnement mondiale a déjà été touchée, certaines usines Tesla étant fermées et les usines Apple fonctionnant à capacité réduite. Les analystes ont appelé la Chine à abandonner sa politique de zéro COVID-19, préoccupés par les impacts sur la croissance nationale et les conséquences plus larges de la poursuite des blocages.

Une perte incalculable : 11 536 écoles au Nigeria ont été fermées depuis 2020 en raison des enlèvements et des problèmes de sécurité posés par les groupes extrémistes, selon un nouveau rapport de l’UNICEF. Ces fermetures ont eu un impact sur environ 1,3 million d’enfants en 2020 et 2021, et pourraient entraîner une perte de revenus d’environ 3,4 milliards de dollars – en plus du préjudice invisible “incalculable et irrémédiable” sur les victimes d’attaques d’écoles. Malgré la ratification par le Nigeria de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, l’UNICEF affirme que les écoles et les apprenants ne sont pas suffisamment protégés. L’UNICEF a lancé des programmes de formation pour permettre aux comités scolaires de mieux protéger les élèves. Entre-temps, le gouvernement américain a adopté une approche différente, acceptant de vendre des hélicoptères d’attaque d’une valeur de 997 millions de dollars au Nigeria pour aider à lutter contre la violence des groupes extrémistes. La vente avait été suspendue l’année dernière à la suite d’informations faisant état d’attaques de civils par les forces nigérianes.

Compter les comptes : La semaine dernière nous avons affirmé par erreur que 800 000 Africains auraient contracté le COVID-19 au 1er septembre 2021. Le chiffre correct est 800 millions.

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