Des milliards manquants avant le sommet mondial sur le COVID-19

Aujourd’hui, jeudi 12 mai, le Belize, l’Allemagne, l’Indonésie, le Sénégal et les États-Unis accueillent conjointement le deuxième sommet mondial sur le COVID-19. Dans cette édition spéciale, nous mettons en lumière ses principaux enjeux. Spoiler : le monde souhaite en finir avec le COVID-19, mais le virus est loin d’en avoir fini avec nous.

ACTUALITÉS :

Discrimination vaccinale : Le sommet mondial sur le COVID-19 se déroule dans un contexte d’inégalité persistante en matière de vaccination et de menace permanente de mutation du virus en un variant encore plus dangereux. Seuls 4 % des 11,7 milliards de vaccins contre le COVID-19 administrés dans le monde l’ont été en Afrique. Sur près d’1,3 milliard d’Africains, seul 1 sur 6 est entièrement vacciné, souvent avec des vaccins sans ARN jugés moins efficaces contre le variant Omicron. Quatorze pays africains ont un taux de vaccination inférieur à 10 % ; au Burundi et en RDC, il est inférieur à 1 %. Les pays riches, en revanche, ont atteint l’objectif de vaccination de 70 % fixé par l’OMS. Pendant ce temps, l’Afrique du Sud est sur le point de connaître sa cinquième vague de la pandémie, et le nombre officiel de décès aux États-Unis approche le chiffre alarmant d’un million.

De belles paroles et peu d’action : Heureusement, les vaccins ne sont pas les seuls outils disponibles pour lutter contre la pandémie : les antiviraux, comme ceux développés par Pfizer et Merck, peuvent être une véritable bouée de sauvetage pour les patients atteints du COVID-19. De plus, ils sont relativement faciles et peu coûteux à administrer dans les pays à faible revenu. Or, comme pour les vaccins, les pays riches ont acheté la quasi-totalité de l’approvisionnement initial en médicaments, ne laissant presque rien aux pays pauvres, où ils sont pourtant encore plus nécessaires au vu des faibles taux de vaccination. Les pays riches se sont ainsi accaparés 98,7 % de l’approvisionnement en Paxlovid de Pfizer et 65,9 % du molnupiravir de Merck. Les États-Unis ont désormais un excédent de Paxlovid. Pfizer et Merck ont conclu des accords avec le Medicines Patent Pool (Communauté de brevets pour les médicaments) afin de fournir des versions génériques de leurs médicaments dans respectivement 95 et 105 pays. Mais les pays africains ne les recevront probablement pas avant 2023, et les accords excluent de nombreux pays à revenu intermédiaire.

Test de patience : Seuls 21,5 % des quelque 6 milliards de tests COVID réalisés dans le monde l’ont été dans des pays à revenu faible et intermédiaire, où vit pourtant la moitié de la population mondiale. Plus de 60 % ont été utilisés dans des pays à haut revenu. Ces tests sont pourtant essentiels pour suivre et combattre le virus. Le nouveau plan stratégique de l’Accélérateur ACT a mis au point des tests pilotes prêts à être lancés dans 20 pays, mais le manque de financement entrave les progrès. 🤦 ️D’après de nouvelles estimations de l’OMS, la surmortalité, soit le nombre total de décès associés directement ou indirectement à la pandémie de COVID-19 était d’environ 15 millions, soit près de trois fois le chiffre annoncé par les statistiques officielles.

Mind the gap : Malgré les différentes crises, il manque toujours  14,89 milliards de dollars au financement de la réponse internationale au COVID-19. 👀 Jusqu’à présent, 3,91 milliards de dollars ont été versés pour les vaccins, traitements et tests afin d’apporter une réponse au COVID-19 dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Ce montant comprend 1,96 milliard de dollars provenant du tracker ACT-A, 1,7 milliard de dollars promis par les gouvernements donateurs lors du sommet COVAX du 8 avril, ainsi que des contributions bilatérales pour le soutien à la livraison.

Des promesses recyclées : Sur le plan économique, les promesses de recyclage de DTS ont atteint 60% de leur objectif de 100 milliards de dollars, et certains pays comme la Chine et l’Allemagne ont atteint leurs cibles. Pendant ce temps, les États-Unis restent bloqués à zéro – et il semble que cela va durer car le Congrès américain n’a pas réussi à adopter une nouvelle enveloppe budgétaire afin d’apporter une réponse internationale au COVID-19, laissant le Président Biden les mains vides pour le sommet du 12 mai.

Une dérogation lente : La saga léthargique visant à obtenir une dérogation ADPIC significative se poursuit…très lentement. 🐌 L’OMC et ses membres ont pris 18 mois à examiner une proposition urgente de dérogation à l’ADPIC proposée par l’Inde et l’Afrique du Sud en octobre 2020. C’est à peu près à ce même moment que les pays riches finalisaient leurs accords d’achat anticipé afin d’acheter l’approvisionnement mondial en vaccins contre le COVID-19. La semaine dernière, un projet de proposition de dérogation aux ADPIC – qu’une coalition de 170 groupes a qualifié d’insuffisant et de fastidieux à cause des barrières de propriété intellectuelle et de l’exclusion des tests et traitements – a été présenté à l’ensemble des membres de l’OMC. Il a reçu une réponse tiède, aucun pays ne semblant vouloir s’approprier la proposition.

Tous les systèmes sont en panne : Le COVID-19 a durement touché les secteurs de la santé des pays africains. Si certaines perturbations causées par la pandémie sont similaires à celles d’autres régions du monde, il existe des différences systémiques entre les pays : les dépenses de santé par habitant se situent entre 8 et 129 dollars dans les pays africains, contre 4 000 dollars dans les pays à haut revenu, en partie à cause du faible PIB et des impôts. Cela s’est traduit par une mauvaise préparation à la pandémie, des ressources et des équipements insuffisants, ainsi qu’une capacité de dépistage limitée, qui ont ébranlé les réponses de ces pays au COVID-19. La diminution des vaccinations systématiques (ainsi que celles contre le COVID-19) fait partie des nombreuses conséquences de la pandémie, avec une augmentation de 400 % des cas de rougeole en Afrique. La baisse des recettes publiques rendra encore plus difficile pour les pays à faible revenu de renforcer leurs systèmes de santé afin de combattre l’épidémie et se préparer à la prochaine. Les DTS, s’ils sont réaffectés aux pays dans le besoin, pourraient contribuer à combler cette lacune.

L’ÉQUIPE DE ONE EN ACTION : 

  • La directrice générale de ONE, Gayle Smith, met au défi les dirigeants mondiaux de faire preuve d’audace et d’un leadership déterminé dans la mise en place d’une stratégie cohérente pour mettre fin à la pandémie.

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