Nouveau cas d’Ebola en Sierra Leone : une situation qui rappelle la nécessité de ne pas perdre de vue l’enjeu global

Nouveau cas d’Ebola en Sierra Leone : une situation qui rappelle la nécessité de ne pas perdre de vue l’enjeu global

Quelques heures à peine après l’annonce de la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) jeudi dernier, les autorités sierra-léonaises ont confirmé un nouveau décès lié à Ebola.

Le 7 novembre dernier, la fin de la transmission du virus en Sierra Leone est annoncée, et une semaine après, ce feu vert est étendu à l’ensemble de la région. Conformément aux procédures de l’OMS, cette annonce est intervenue 42 jours après que les seconds dépistages consécutifs des deux cas les plus récents se révèlent négatifs. Malheureusement, cette bonne nouvelle n’a duré que quelques heures.

16194422410_005047de77_o-600x407

Liberia: Une équipe chargée de l’inhumation déposant au début de l’épidémie le corps d’une victime d’Ebola dans une tombe d’un nouveau cimetière. Le site funéraire a été ouvert le 23 décembre 2014 dans la localité de Disco Hill pour s’assurer que les victimes d’Ebola de Monrovia et des départements avoisinants soient enterrées d’une façon sûre et digne. Photo: UNMEER/Martine Perret

Ceci est un rappel de la fragilité persistante de la situation – un fait que nous avons constaté à maintes reprises depuis le premier cas en mars 2014. Prenons l’exemple du Libera : le pays a été déclaré à deux reprises exempt de contagion avant l’annonce de jeudi dernier, mais le virus est réapparu en novembre 2015, exactement comme en Sierra Leone actuellement. Il y a cependant une différence importante entre l’épidémie de 2014 et le cas que connaît la Sierra Leone en ce moment : les professionnels de santé sont maintenant beaucoup mieux préparés à cette éventualité et mieux équipés afin de contenir la maladie.

Mais la facilité avec laquelle Ebola survient à nouveau aujourd’hui soulève des questions importantes : souhaitons-nous combattre l’épidémie d’Ebola de façon sporadique en permutant entre le rouge et le vert comme un feu de signalisation ? Prenons-nous pour acquis le personnel de santé, héros désintéressés qui sont en première ligne ? Ou voulons-nous combattre la maladie ainsi que ses causes profondes pour de bon ?

 Des étudiants chargés des pulvérisations assurent la sécurité des infirmiers à Makeni en Sierra Leone: Lamin Koroma et Suley Kamara étudiaient tous les deux à l’université avant de rejoindre l’équipe du centre de traitement d’Ebola de Makeni construit par le Royaume-Uni. Ce duo joue un rôle crucial dans la protection des infirmiers quand ils quittent les salles – en les pulvérisant entièrement avec du chlore pour tuer le virus et en les guidant afin d’assurer le retrait minutieux de leurs combinaisons de sécurité.

Des étudiants chargés des pulvérisations assurent la sécurité des infirmiers à Makeni en Sierra Leone. Lamin Koroma et Suley Kamara étudiaient tous les deux à l’université avant de rejoindre l’équipe du centre de traitement d’Ebola de Makeni construit par le Royaume-Uni. Ce duo joue un rôle crucial dans la protection des infirmiers quand ils quittent les salles – en les pulvérisant entièrement avec du chlore pour tuer le virus et en les guidant afin d’assurer le retrait minutieux de leurs combinaisons de sécurité.

Il y a trois points clés que nous devons garder en mémoire et par rapport auxquels nous devons prendre des mesures pour assurer la fin de l’épidémie :

  • Nous devons continuer à lutter contre Ebola tout en étant prêt à faire face à de nouveaux cas. Nous n’avons pas éradiqué la maladie et un remède n’a pas encore été trouvé. La maladie est toujours présente et nous devons rester extrêmement vigilants, pas seulement en Afrique de l’Ouest mais au niveau mondial. Nous sommes conscients du fait qu’une résurgence du virus est toujours possible. Il nous faut prioriser le développement de vaccins et d’autres moyens de diagnostics, qu’Ebola fasse la Une des médias ou non.
  • Le renforcement des systèmes de santé est primordial. Lorsque l’épidémie est apparue pour la première fois, le Liberia comptait 3 travailleurs de santé pour 100 000 habitants. Il faut doubler, tripler, quadrupler ce chiffre afin d’atteindre un niveau équivalent à celui des pays développés et d’assurer ainsi aux pays touchés une solide défense contre les flambées épidémiques. Cependant, la solution nécessitera d’aller plus loin : des écoles mal équipées, une alimentation insuffisante et déséquilibrée et des infrastructures fragiles constituent un vivier dont raffolent les épidémies. Un développement global à long terme est nécessaire en Afrique de l’Ouest et dans les autres pays vulnérables afin de s’assurer que les communautés et les pays sont suffisamment prêts à faire face à Ebola et aux autres épidémies.
  • La façon dont les gouvernements rendent compte de leurs contributions financières doit être améliorée. Les pays de l’Afrique de l’Ouest doivent investir de façon plus importante – et plus transparente – dans leurs économies et les services de base. De même, les gouvernements donateurs doivent redéfinir leur plan financier pour faire face aux crises. Assurément, une des questions les plus basiques et les plus fondamentales que beaucoup d’acteurs doivent clarifier est la suivante : « A quelle hauteur les donateurs ont-ils tenu leurs promesses faites dans le cadre de la lutte contre la maladie ? » Notre outil de suivi des engagements dans la lutte contre Ebola a mis en lumière différents domaines dans lesquels les donateurs doivent améliorer la transparence et leur responsabilité au niveau des flux de ressources en période de crises.

ONE continuera de travailler avec ses partenaires afin de s’assurer que nous faisons le maximum pour allouer les ressources là où elles sont le plus nécessaires pour qu’un jour l’Afrique de l’Ouest – et les régions au-delà – soient libérées d’Ebola.

Rejoignez ONE et faites campagne aux côtés de nos 7 millions de membres à travers la planète pour mettre fin aux maladies évitables comme Ebola !

Ce blog a été rédigé par Andreas Hübers, directeur intérimaire du plaidoyer en matière de santé chez ONE et adapté de l’anglais par Aude Goumbri, assistante plaidoyer chez ONE France.

Rejoindre ONE

Rejoignez le combat contre l'extrême pauvreté

Rejoignez le combat contre l'extrême pauvreté

Lorsque vous indiquez vos coordonnées, vous acceptez la politique de confidentialité de ONE, et notamment le transfert de vos informations aux serveurs de ONE.org aux Etats-Unis.

Vous souhaitez savoir comment vous pouvez nous aider dans notre combat contre l'extrême pauvreté ?

Inscrivez-vous pour recevoir les emails de ONE et rejoindre les millions de personnes qui agissent à travers le monde pour mettre fin à l’extrême pauvreté et aux maladies évitables. Nous ne nous demandons pas votre argent mais votre voix. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Privacy options
Vous êtes sur-e ? Si vous cliquez sur 'Oui', nous vous tiendrons informés des actions que vous pouvez mener pour faire avancer notre combat. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Lorsque vous indiquez vos coordonnées, vous acceptez la politique de confidentialité de ONE, et notamment le transfert de vos informations aux serveurs de ONE.org aux Etats-Unis.

Vous recevrez occasionnellement des informations sur nos campagnes. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la politique de confidentialité et les conditions d'utilisation de Google s'appliquent

Les billets récents