Moins de semences et un meilleur rendement grâce à un système innovant d’intensification du riz au Mali

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Depuis son lancement à Madagascar dans les années 1980, le système d’intensification du riz (SIR) apporte la preuve que des petits agriculteurs défavorisés peuvent augmenter leur production tout en réduisant les coûts en modifiant simplement leur méthode de riziculture. D’autres pays africains comme le Mali lui emboîtent à présent le pas et les résultats sont plus qu’encourageants.

« Avant, nous cultivions du riz sur toutes nos terres. Aujourd’hui, nous produisons la même quantité de riz sur la moitié seulement de nos terres, et nous faisons pousser des légumes sur l’autre moitié, » explique Moussa, un agriculteur de la région aride du centre du Mali. « La riziculture est devenue une activité rentable et nous allons donc pouvoir rester dans notre village et envoyer nos enfants à l’école, chose que nous n’aurions jamais osé imaginer avant le SIR »

Moussa et sa famille utilisent une méthode de riziculture baptisée Système d’intensification du riz (SIR). Ce système, relativement simple à mettre en place, fait appel à une série de pratiques et de principes agricoles intelligents qui permettent aux agriculteurs de « produire plus avec moins ».

Le SIR permet d’augmenter la productivité du riz irrigué grâce à d’autres méthodes de gestion des plants, des sols et de l’eau. Dans des pays arides comme le Mali, les agriculteurs utilisent moins de semis, de terre et d’eau puisqu’ils n’ont pas la possibilité d’irriguer leurs champs et d’utiliser de grandes quantités d’engrais chimiques. Grâce à cette nouvelle méthode, les coûts diminuent et les revenus augmentent.

Moussa ne jure plus que par ce système et il nous explique : « Cela coûte désormais beaucoup moins cher de cultiver du riz. Avant, nous utilisions cinq fois plus de semis, huit fois plus d’engrais, deux fois plus d’eau et trois fois plus de gaz pour pomper l’eau. Aujourd’hui, nous dépensons moins pour faire pousser notre riz. »

 

 

Avant l’introduction du SIR dans le village, les femmes restaient accroupies pendant des jours dans les champs inondés, pour transplanter le riz et arracher les mauvaises herbes. À force d’être assises dans l’eau, elles tombaient malades, faisaient de la fièvre ou avaient des diarrhées. Aujourd’hui, comme les champs ne sont plus inondés, les hommes assurent l’essentiel du désherbage avec un sarcloir, ce qui laisse aux femmes davantage de temps pour s’occuper de leur potager, une source importante d’aliments dans une région où la malnutrition est très fréquente.

Moussa, et d’autres fermiers de son village, ont essayé la méthode SIR sur la suggestion d’Africare, une ONG américaine. À une petite échelle pilote, ils ont pu constater l’efficacité de cette méthode et ont commencé à faire pousser du riz dans leurs propres champs. D’autres villages veulent à présent savoir comment ils y sont parvenus. Moussa préside aujourd’hui la Fédération des unions des coopératives du district de Goundam au Mali. Et il est même venu à Washington, DC pour défendre et préconiser l’utilisation du SIR !

Africare met en œuvre des projets de SIR dans 28 villages du Mali. Des agriculteurs de 47 pays bénéficient également de cette nouvelle méthode. USAID finance les activités SIR d’Africare au Mali. Better U Foundation, la fondation de Jim Carrey, finance également le projet Africare. L’acteur a d’ailleurs défendu cette méthode en Haïti, à Madagascar et au Mali.

 

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