Santé

Méfiance à l’égard des vaccins : les réponses à vos questions

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Depuis quelques semaines, les vaccins contre le COVID-19 sont au cœur de l’actualité. Certains d’entre eux, comme celui de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, ont déjà commencé à être administrés dans certains pays aux populations les plus âgées et au personnel soignant de première ligne.

La science nous le dit clairement : la pandémie ne prendra pas fin à la découverte d’un vaccin, mais seulement lorsque chaque personne sur la planète y aura accès. Cependant, de nombreuses idées reçues sur la sûreté et l’efficacité des vaccins demeurent, et ont même été ravivées face à la vitesse de développement des vaccins contre le COVID-19. 

Entre espoir et inquiétude, les vaccins contre le COVID-19 font débat. Fake news, faits avérés, difficile de faire le tri entre toutes les informations qu’on trouve sur Internet. Pour y voir plus clair, nous revenons sur les principales questions que vous nous avez posées.

Si je ne me vaccine pas, cela a-t-il réellement un impact sur les autres ?

Nous ne sommes pas tous égaux face à la non-vaccination. En France, les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants encourent, entre autres, le risque de ne pas pouvoir inscrire ces derniers en collectivité. Dans les pays les plus pauvres, le risque encouru peut être mortel. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que le scepticisme à l’égard de la vaccination était l’une des 10 menaces les plus importantes à la santé mondiale.

La méfiance à l’égard des vaccins pourrait mettre en péril tous les efforts réalisés envers l’éradication de certaines maladies. Face au scepticisme concernant la vaccination, certaines maladies mortelles ont refait surface ces dernières années. Par exemple, les cas de rougeole dans le monde ont augmenté de 30%.

Dans un monde interconnecté et interdépendant, se vacciner est non seulement se protéger soi-même, mais surtout protéger les autres. 

Comment fonctionnent les vaccins ?

Généralement, les vaccins utilisent les agents infectieux (virus ou bactéries) de la maladie contre laquelle ils protègent. Ces agents infectieux sont soit affaiblis, soit inactivés (c’est-à-dire tués) avant d’être injectés dans le corps. Ils imitent une véritable infection, sans la provoquer, ce qui amène votre système immunitaire à développer des anticorps contre la maladie en question. En conséquence, vous développez une immunité contre une maladie, sans l’avoir eue, afin d’y résister si vous étiez amenés à entrer en contact avec celle-ci.

Depuis une vingtaine d’années, de nouveaux types de vaccins, sans agents infectieux, ont été développés. C’est notamment le cas de certains vaccins contre le COVID-19 qui utilisent une nouvelle technologie, appelée « ARN messager ». L’ARN messager, pour acide ribonucléique messager, est une copie temporaire d’une section de notre ADN. Lorsque l’on injecte dans notre organisme un brin d’ARN messager, on injecte en réalité les instructions d’assemblage qui vont permettre à nos cellules de créer des protéines spécifiques, capables de nous défendre. Contrairement à certaines idées reçues, cette technologie ne modifie en aucun cas notre ADN.

Pour en savoir plus, découvrez les questions les plus recherchées sur Internet concernant le fonctionnement des vaccins.

Les vaccins provoquent-ils des effets secondaires ?

Comme n’importe quel médicament, les vaccins peuvent entraîner des effets secondaires, comme des rougeurs locales, des douleurs musculaires ou de la fièvre (environ 2% à 15% des cas selon l’OMS), mais ils sont généralement bénins et de courte durée. Les effets secondaires plus graves sont très rares et font l’objet d’un suivi et de recherches approfondies lorsqu’ils surviennent.

En fin de compte, les avantages de la vaccination dépassent largement les risques éventuels. Il existe toutefois des contre-indications à respecter, par exemple chez les personnes suivant un traitement immunosuppresseur ou en cas d’allergie connue à l’un des adjuvants. Les vaccins contenant des agents infectieux affaiblis sont également déconseillés aux femmes enceintes.

Les produits contenus dans les vaccins sont-ils dangereux ?

Les vaccins comprenant des agents infectieux inactivés, moins dangereux mais aussi moins durables, ne sont pas suffisants à eux seuls pour provoquer la création d’anticorps. Pour pallier cela, un adjuvant y est ajouté pour stimuler et renforcer les défenses de l’organisme. Les sels d’aluminium sont l’adjuvant le plus utilisé et sont souvent décriés pour leurs effets secondaires, pourtant exceptionnels.

Un vaccin contient entre 0,125 et 0,85 milligramme d’aluminium par dose. Or, selon une étude de l’Agence pour le registre des substances toxiques et des maladies, aux États-Unis, un Américain moyen ingère quotidiennement entre sept et neuf milligrammes d’aluminium par le biais de son alimentation. Une autre étude conduite en 2012 par l’Académie française de médecine a quantifié, quant à elle, que seul 0,01% de la dose d’aluminium injectée avec un vaccin atteignait le cerveau, soit 0,0085 mg. Une dose trop infiniment petite pour causer des dommages.

Les vaccins affaiblissent-ils nos défenses naturelles ?

Certains pensent qu’il est préférable d’attraper une maladie plutôt que de passer par le vaccin afin que le système immunitaire développe des défenses naturelles sur le long terme. En réalité, le vaccin agit de la même manière que l’infection elle-même : il stimule la production d’anticorps spécifiques contre le virus ou la bactérie, ce qui nous protège si notre corps rencontre par la suite ce microbe. Le vaccin étant spécifique à chaque maladie, il n’a aucun effet sur les autres pathogènes extérieurs.

Ainsi, le vaccin permet de nous protéger contre des maladies qui peuvent paraître bénignes mais qui peuvent parfois s’avérer mortelles en cas de complications graves.

Les vaccins ne sont-ils pas créés juste pour enrichir l’industrie pharmaceutique ?

L’industrie pharmaceutique a mauvaise réputation auprès de l’opinion publique et est souvent accusée de collusions avec les gouvernements. Cependant, il convient de rappeler que le business des vaccins n’est pas le plus rentable dans l’univers de l’industrie pharmaceutique : il ne représente ainsi “que” 27 milliards d’euros en 2019, soit 3% du marché du médicament, et est disputé par cinq laboratoires pour 80% du marché : Johnson & Johnson, Pfizer, Merck, GSK et Sanofi.

Dans une vidéo publiée sur Facebook, le médecin Baptiste Beaulieu rappelle prosaïquement que les laboratoires feraient beaucoup plus de profits si on ne se faisait pas vacciner. Par exemple, un vaccin contre la méningite coûte 50 € alors qu’une hospitalisation pour une méningite avec le traitement antibiotique représente au moins 8 000 €.

Dans le cadre plus particulier du COVID-19, nous appelons justement les entreprises pharmaceutiques à vendre leur vaccin à prix coûtant, c’est-à-dire à s’engager à ne pas faire de profit dessus, et faire preuve de transparence sur leurs tarifs. 

Comment un vaccin contre le COVID-19 a-t-il pu être développé aussi rapidement ?

Nous le savons, en temps normal, il peut parfois s’écouler jusqu’à 10 ans pour développer un vaccin sûr et efficace. Cependant, face à la pandémie de COVID-19, le monde n’a pas continué à opérer de façon « normale ». En effet, face à l’urgence de la situation, les gouvernements et les entreprises pharmaceutiques ont investi des fonds hors normes pour accélérer la recherche et le développement d’un vaccin contre le COVID-19.

Alors qu’il faut compter environ un milliard d’euros pour l’élaboration d’un vaccin, des dizaines de milliards de dollars ont cette fois-ci été alloués à la recherche et au développement d’un vaccin contre le COVID-19 de la part de gouvernements, dont 11 milliards de la part des États-Unis, et d’autres nouveaux acteurs, comme la CEPI – organisme international qui finance principalement la recherche et le développement des vaccins – qui a déboursé 1,3 milliard de dollars pour aider 9 programmes de recherche. Certains acteurs du secteur privé ont aussi mis la main à la pâte, comme la fondation Bill et Melinda Gates, l’entreprise Nestlé ou même le réseau social TikTok !

Ces financements d’une ampleur inédite ont permis de grandement accélérer la mise au point d’un vaccin contre le COVID-19. Par ailleurs, l’étude du Sars-Cov-1, à l’origine de l’épidémie de SRAS en 2002, si elle n’avait pas débouché sur un vaccin, a permis de mieux anticiper le fonctionnement du Sars-Cov-2, et donc d’accélérer d’autant plus le processus de recherche.

La vitesse de développement du vaccin contre le COVID-19 ne met-elle pas en cause sa sûreté ?

Les processus de vérification des vaccins ont été considérablement accélérés : l’Agence européenne des médicaments a créé des procédures pour évaluer plus rapidement qu’à l’accoutumée les vaccins en développement sans pour autant déroger à la rigueur scientifique. Les données fournies par les laboratoires ont été analysées toutes les deux semaines, ce qui a permis de réduire le processus de 210 jours à moins de 150 jours. En outre, les résultats des entreprises pharmaceutiques font toujours l’objet d’une vérification par des comités d’experts indépendants.

Les vaccins en cours de développement passent de nombreux tests répartis en plusieurs phases avant d’être considérés comme sûrs et efficaces, d’abord sur les animaux puis sur les hommes :

  • La phase 1 consiste à tester le vaccin sur quelques dizaines de personnes afin d’en vérifier l’immunogénicité (provoque-t-il une réponse immunitaire ?), l’innocuité (provoque-t-il des effets indésirables ?), et la tolérance du corps humain au produit.
  • La phase 2, cette fois menée sur plusieurs centaines de personnes, continue de vérifier les paramètres de la phase 1, mais essaye aussi de déterminer quelle est la meilleure posologie : à quel moment vacciner, à quelle dose, et quelle fréquence adopter ? Combien de temps le vaccin protège-t-il ? 
  • La phase 3 consiste à tester le vaccin sur plusieurs milliers de personnes. Elle vise à déterminer la balance bénéfice/risque du vaccin et à établir son efficacité à grande échelle. Cette étude permet aux laboratoires, lorsque les résultats sont positifs, de poser des demandes d’autorisation de mise sur le marché auprès des agences concernées. 
  • La phase 4 est celle de la pharmacovigilance : elle a pour but la surveillance de l’évolution du vaccin une fois ce dernier diffusé et le signalement de tout effet secondaire encore inconnu.

Pour gagner du temps, les laboratoires ont également fait le choix de lancer simultanément plusieurs phases : les phases 1 et 2 ont ainsi été lancées de manière conjointe, puis les phases 2 et 3 se sont également chevauchées. Il s’agit ici d’une prise de risque dans la course au vaccin, l’échec d’une phase entraînant naturellement l’arrêt des phases suivantes. De la même façon, certains laboratoires ont décidé de lancer la production de leurs vaccins avant même d’avoir obtenu l’aval des autorités afin d’assurer une distribution plus rapide et de réduire les délais pour la mise sur le marché des vaccins une fois l’autorisation donnée.

Pour renforcer la confiance de l’opinion publique, certaines entreprises pharmaceutiques ont publié des documents décrivant la manière dont leurs essais sont menés et les critères de sécurité et de réussite. Une preuve de transparence qu’il faut encourager et poursuivre.

Pourquoi faut-il garantir un accès équitable et universel aux vaccins ?

Nous ne sommes pas toutes et tous égaux face à la pandémie. Les pays les plus vulnérables seront ceux qui en pâtiront le plus, notamment par manque de structures sanitaires efficientes et de ressources économiques pour contrer le virus.

Les pays les plus riches n’ont pas attendu pour se procurer les vaccins contre le COVID-19 : alors qu’ils ne représentent que 13% de la population mondiale, ils ont déjà acheté près de 53% des doses de vaccins disponibles, laissant moins de la moitié au reste du monde. Non seulement injuste, ce scénario ne fera que prolonger la durée de la pandémie pour toutes et tous, partout.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas céder au risque du « nationalisme vaccinal » et laisser de côté les pays les plus pauvres. En ces temps difficiles, nous nous devons, d’une part, de faire preuve d’une solidarité infaillible, mais aussi de rendre accessibles, de manière universelle et équitable, les outils de lutte contre le COVID-19.

Sources : Les éléments de réponse dans ce billet de blog ont en grande partie été tirés d’un article de France Culture et de Futura Sciences.

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À l'attention des PDG de l'industrie pharmaceutique :

La coopération et la solidarité internationales sont indispensables pour mettre fin à la pandémie de COVID-19. C'est pourquoi nous vous appelons :
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