L’histoire de Jamila qui aide les agriculteurs kenyans à sortir de la pauvreté
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L’histoire de Jamila qui aide les agriculteurs kenyans à sortir de la pauvreté

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Une femme issue d’une région rurale du Nord-Est du Kenya qui devient PDG de l’une des entreprises sociales les plus prometteuses du pays… Incroyable, mais vrai ! Découvrez l’histoire de Jamila Abass.

Jamila Abass a toujours été passionnée par l’entrepreneuriat : déjà enfant, elle cultivait un petit potager dont elle vendait les produits aux voisins pour aider sa famille. Mais ses rêves étaient bien plus ambitieux.

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“J’ai grandi dans un contexte où lorsque tu as un repas sur la table, tu peux t’estimer heureux.” explique Jamila. « J’ai aussi grandi en sachant que ce n’était pas une situation normale».

Des années plus tard, Jamila se lance dans la création de M-Farm, une entreprise dirigée par des femmes qui met en contact des agriculteurs afin qu’ils puissent échanger des informations, sur les prix du marché principalement, et ainsi mieux s’organiser.

M-Farm permet aux agriculteurs de passer d’une activité de subsistance à une réelle agriculture commerciale, les aidant ainsi à sortir de la pauvreté.

M-Farm permet aux agriculteurs de passer d’une activité de subsistance à une réelle agriculture commerciale, les aidant ainsi à sortir de la pauvreté.

Près de 70% des Kenyans travaillent dans le secteur agricole.  Mais sans idée précise des prix du marché, les agriculteurs se font souvent avoir par les intermédiaires.

“Il y a un véritable problème d’information.”, explique Jamila. « Les agriculteurs sont très bons dans leur métier, mais ne savent pas où trouver des clients et à quel prix vendre leurs produits. »

Les 686 premiers agriculteurs à utiliser M-Farm ont vu leurs profits augmenter de 100% en moyenne. Aujourd’hui, 14 000 agriculteurs utilisent M-Farm au Kenya et des associations de tout le continent souhaitent s’associer au concept.

L’entreprise est à but lucratif, mais comme le dit Jamila : “elle fait du profit tout en faisant le bien”

L’entreprise est à but lucratif, mais comme le dit Jamila : “elle fait du profit tout en faisant le bien”

Pour en arriver à ce succès, la route a été longue pour Jamila. « Là où j’ai grandi, la priorité est toujours donnée aux hommes car les femmes sont uniquement destinées à se marier – donc tout le monde investit dans les garçons ».

Malgré cela, Jamila a réussi à obtenir une place dans un lycée prestigieux près de Nairobi, devenant ainsi l’une des premières personnes de sa communauté à recevoir une éducation de qualité. Elle a ensuite obtenu une bourse pour partir étudier la programmation informatique au Maroc, ce qui a fait d’elle la première femme de sa famille à faire des études supérieures.

“C’est prouvé : lorsque les filles reçoivent une éducation, cela bénéficie aussi à leurs familles”, dit-elle.

Jamila en est le parfait exemple : même en ayant connu le succès dans la sphère technologique de la capitale, elle n’a jamais oublié les difficultés de sa communauté.

« Ce qui me motive à continuer, c’est le souvenir de ma vie d’avant. » explique-t-elle. « C’est ce qui m’inspire. Le souvenir des conditions dans lesquelles je vivais avant me rend d’autant plus persévérante ».

Jamila ainsi que les deux autres co-fondatrices de M-Farm, Linda Kwamboka et Susan Oguya, ne considèrent pas le fait d’être une femme comme un obstacle, bien au contraire !

« Si vous pensez que ce domaine est réservé aux hommes, alors vous avez tort ! » estime Jamila. « Nous sommes toutes d’accord là-dessus : nous ne sommes pas juste des femmes qui travaillons dans les technologies, mais nous sommes celles qui apportons un réel changement dans le monde ».

Vous aussi, agissez pour les femmes et les filles. Signez notre pétition adressée aux dirigeants du G7 dès aujourd’hui.

Ce blog a été rédigé par Abigail Higgins, journaliste basée au Kenya, et traduit de l’anglais par Perrine Mardiné, assistante campagnes et mobilisation chez ONE.

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