Les jeunes africains sont confiants envers la Chine, mais pessimistes quant à leur avenir

Cette semaine, dans Ondes de Choc : les crises alimentaires croissantes au Soudan du Sud et en Somalie, les conflits en Tanzanie et en RDC, la percée de la Chine auprès de la jeunesse africaine, et plus encore.

ACTUALITÉS

Un état périlleux : Le Programme Alimentaire Mondial a encore diminué son aide alimentaire au Soudan du Sud en raison d’un manque de financements, après que les rations aient déjà été réduites de moitié en 2021. Cette baisse laissera près d’1,7 million de personnes sans soutien face à une insécurité alimentaire aiguë. Sous l’effet de la sécheresse, des conflits, et de l’augmentation des prix des denrées alimentaires exacerbée par la guerre en Ukraine, plus de 60 % de la population du Soudan du Sud est confrontée à la faim.

Les mains vides : La pire sécheresse qu’ait connue la Somalie depuis 40 ans a tué plus de 3 millions animaux d’élevage au cours de ces 12 derniers mois, et a placé 386 400 enfants face à un risque de malnutrition aiguë sévère – un état où la faim est si grave qu’elle rend les enfants malades et peut causer leur décès. Plus de 7 millions de personnes (45 % du pays) sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë à des niveaux critiques, ou pire. La Somalie affronte actuellement une quatrième saison consécutive de faibles précipitations. Les Nations Unies n’ont reçu que 19 % des 1,46 milliard de dollars nécessaires pour l’aide humanitaire pour le pays, le niveau le plus bas depuis dix ans.

Force de frappe : Plus de 40 personnes auraient été blessées en Tanzanie, la police ayant eu recours à la violence pour expulser par la force les autochtones Maasaï afin de faire place à la chasse et au tourisme. Selon Survival International, des manifestants luttant contre les expulsions des villages du parc national du Serengeti ont été attaqués à coups de fusil et de machette. Le gouvernement a nié les évacuations forcées : le Premier ministre tanzanien, Kassim Majaliwa, affirme que la police n’a été déployée que pour marquer le territoire d’une future réserve de chasse. Pendant ce temps, l’escalade des tensions entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda a suscité des protestations à la frontière, les rebelles du M23 ayant capturé une ville frontalière en RDC. L’armée de la RDC et les manifestants estiment que le M23 est soutenu par le gouvernement rwandais, ce que ces derniers démentent.

Blackout : Le réseau électrique national du Nigéria a subi une nouvelle panne. Celle-ci a touché plusieurs villes dans cinq régions, dont la capitale Abuja. Les pannes ont été attribuées à des problèmes d’approvisionnement en gaz et de gestion de l’eau, au vandalisme, à un financement insuffisant et au vieillissement de l’infrastructure du réseau. Il a été démontré que chaque point de pourcentage d’augmentation de la fréquence des coupures de courant entraîne une baisse de 2,86 % du PIB en Afrique subsaharienne. Le réseau s’est effondré plus de 200 fois au cours des neuf dernières années.

Dilemme énergétique : L’interdiction par la Chine des investissements étrangers dans le secteur du charbon a des répercussions sur deux centrales zimbabwéennes qui ont besoin d’être rénovées. Ces deux centrales pourraient produire près de 200 mégawatts d’énergie, ce qui permettrait de pallier les pénuries d’approvisionnement du Zimbabwe. Certains experts africains appellent à un avenir axé sur les énergies renouvelables, et une société énergétique sud-africaine a annoncé son intention de multiplier par sept la production de ce type d’énergie. Au Kenya, où 90 % de l’énergie est renouvelable, six projets font l’objet de litiges fonciers et de préoccupations en matière de droits humains. L’analyse de McKinsey suggère que les investissements dans les énergies renouvelables en Afrique sont indispensables, que l’exploitation du gaz et du pétrole se poursuive ou non.

Influenceur moderne : La Chine a dépassé les Etats-Unis en tant que puissance étrangère ayant la plus grande influence positive auprès des jeunes Africains, selon les résultats d’une nouvelle enquête. Les jeunes du Malawi, du Nigéria et du Rwanda ont exprimé le plus fort soutien. Près des trois quarts des personnes interrogées se disent préoccupées par le changement climatique, et le pourcentage de ceux qui se sentent enthousiastes et optimistes pour l’avenir a chuté de 11 points par rapport à 2020. Environ 42 % de la jeunesse mondiale devrait être africaine d’ici 2030.

Méthodes morales : Les articles de recherche qui ne reconnaissent pas les contributions de scientifiques ou de chercheurs africains ne seront plus publiés par le Lancet. Ne pas reconnaître leur travail est un manquement à l’intégrité morale, selon le rédacteur en chef de la revue médicale. D’éminents scientifiques et chercheurs africains ont salué cette initiative, tout en notant que l’absence de collaborations et de financements équitables restaient un obstacle au développement des capacités de recherche de l’Afrique.

Vers la privatisation : Les experts préviennent que le rôle des créanciers privés dans la crise actuelle de la dette ne doit pas être négligé. Ils demandent au G7 de veiller à ce que les créanciers privés soient tenus de respecter les mêmes normes que les créanciers publics dans les processus de restructuration de la dette. De nombreuses analyses se sont penchées sur le rôle incertain que la Chine pourrait jouer dans le traitement du fardeau de la dette des pays lourdement endettés, alors que les créanciers privés ont souvent été exemptés de toute obligation.

Veille virale : L’OMS va officiellement changer le nom du virus de la variole du singe à la suite de l’indignation suscitée par des représentations racistes. Les médias ont souvent utilisé des images représentant des personnes d’origine africaine, alors qu’il n’existe aucun lien direct entre l’Afrique et les épidémies actuelles en Amérique du Nord et en Europe. Pendant ce temps, le directeur général de l’OMS, Tedros Ghebreyesus, prévoit de réunir un comité d’urgence pour déterminer si la propagation du virus doit être considérée comme une urgence de santé publique internationale, étant donné que le nombre de cas enregistrés dans le monde dépasse 1 600 et que le virus présente un « comportement inhabituel ».

L’ÉQUIPE DE ONE EN ACTION : 

  • Gayle Smith, Directrice Générale de ONE, explique ce qu’il faut faire pour (enfin) mettre fin à la pandémie.
  • Lisez l’analyse de ONE sur la façon dont les Banques Multilatérales de Développement peuvent transformer des milliards de dollars de financement du développement en milliards de milliards, sans augmentation importante des contributions des pays donateurs.
  • Micaela Iveson, de l’équipe Expertise de ONE, a parlé de la crise alimentaire actuelle à Newzroom Afrika.
  • Les agricultrices produisent 70 % de la nourriture en Afrique, mais elles sont confrontées à un accès inégal aux engrais. Retrouvez les statistiques sur la sécurité alimentaire que ONE a compilé ici.

LES CHIFFRES :

  • 10 % : le risque additionnel pour les femmes de souffrir de la faim par rapport aux hommes, qui était de 6 % avant la pandémie.
  • 30 000 : le nombre de demandeurs d’asile en Ouganda à ce jour, alors que les gens fuient la violence en RDC.
  • 1,18 milliard de dollars : c’est le montant dont ont besoin les Nations Unies en 2022 pour l’aide humanitaire en Somalie, qui est confrontée à une crise alimentaire de plus en plus grave.

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