Le portable, un outil de développement pour l’Afrique ?

Le portable, un outil de développement pour l’Afrique ?

Rejoindre

Rejoignez le combat contre l'extrême pauvreté

On entend souvent que la diffusion de la technologie est un moyen d’accélérer le développement d’un pays. L’utilisation des portables sur le continent africain est un sujet intéressant et en constante évolution, des évolutions dont je n’avais pas forcément conscience.

Le téléphone portable qui  est un outil de communication incontournable mais aussi souvent un gadget en France, en Europe peut apporter bien plus. On peut entrevoir le portable en Afrique comme source d’informations, d’échanges et de changements. 

Le portable sert de relais entre les personnes, pourquoi ne pas plus l’utiliser et le développer ? C’est la question que je me suis posée en tant que stagiaire campagnes à ONE. Ces quelques lignes sont des exemples à explorer .

Avec plus de 650 millions de téléphones portables recensés à travers tout le continent, soit plus qu’en Europe et aux États-Unis, l’Afrique vit une véritable mutation technologique entamée depuis déjà quelques temps. Outre son utilisation première, le portable est devenu un outil qui remplace un système bancaire peu développé entre les métropoles et les zones les plus reculées ou bien encore facilite le développement d’applications innovantes dans les domaines de l’agriculture notamment.

L’exemple le plus significatif de cette utilisation intensive de la téléphonie mobile s’illustre à travers le succès du lancement de M-Pesa en collaboration avec Saraficom, le premier opérateur kényan et Vodafone. L’idée de départ était de faciliter les transactions entre membres d’une même famille mais éloignés géographiquement, de pouvoir régler des factures via son mobile et sans ouvrir de compte bancaire. On compte désormais au Kenya 17 millions d’utilisateurs du système M-Pesa sur 19 millions d’adultes dans le pays.

Un kiosque M-Pesa au Kenya. Source: Agence Ecofin

Non seulement actif comme réseau bancaire, le portable sert également parfois de plateforme d’échanges et d’open data lorsqu’un évènement politique ou social se produit dans le pays.

Il ne faut pour autant pas généralisé l’utilisation des portables à tout le continent africain, le taux de pénétration des marchés varie d’un pays à un autre, il est de 90% au Sénégal et de seulement 7% en Érythrée. L’utilisation des smartphones reste elle aussi mineure quand la majeure partie des communications entre mobiles se fait par SMS.

L’impact sur le développement est néanmoins non négligeable, en effet de nouvelles formes de transactions, d’échanges et d’organisations se mettent ainsi en place grâce à la téléphonie mobile. On peut noter l’intéressante initiative ghanéenne de l’entrepreneur social Simon Bright : il a développé un service permettant de vérifier l’authenticité d’un médicament grâce à l’envoi d’un simple SMS lorsque l’on connaît les effets néfastes sur la santé de l’utilisation de faux médicaments. Un bel exemple d’innovation avec peu de moyens techniques nécessaires mais un impact forcément décisif pour les utilisateurs.

Un autre aspect important est à souligner d’après moi, les créations d’emplois liées à l’utilisation directe ou indirecte des portables. Plus de 5 millions d’emplois sur le continent. Une tendance à la hausse et une véritable opportunité pour les populations qui d’une part bénéficie de l’apport technologique et pratique du téléphone mobile et d’autre part d’une source de croissance économique positive pour le pays.

Le développement économique d’un pays va de pair avec son développement social, et si le portable servait de tremplin ? J’y crois en tout cas, à vous de nous faire part de vos commentaires sur la question.

Source du blog : http://winch5.blog.lemonde.fr/2013/08/22/comment-le-mobile-change-lafrique/

Venez discuter

Lignes directrices pour les commentaires