L’Afrique vue de ma baignoire

Pendant longtemps, les pays africains riches en ressources naturelles ont été en proie à l’instabilité, à la corruption et à de flagrantes inégalités. Il existe pourtant une solution pour mettre à terme à ces fléaux : la transparence.

ONE milite depuis des mois pour l’adoption d’une législation européenne, similaire à la loi de finance américaine (Cardin Lugar), qui impose aux sociétés pétrolières et minières de publier, sous peine de sanctions, ce qu’elles versent aux gouvernements et dirigeants des pays où elles exercent leurs activités.

Paris accueille les 2 et 3 mars une conférence internationale sur le sujet. ONE France suit cet événement de très près. Par ailleurs, Guillaume Grosso, directeur de ONE France, saisit l’occasion pour raconter l’Afrique, « vue de sa baignoire » !

L’Afrique vue de ma baignoire

Imaginez un pays producteur de pétrole, riche comme le Portugal, avec un revenu moyen par habitant dépassant 20 000 euros par an. Imaginez aussi que dans ce pays les trois quarts de la population vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Impossible ? Hélas, non. Je parle de la Guinée Equatoriale, petit Etat d’Afrique de l’Ouest, dont le président, Teodoro Nguema Obiang, au pouvoir depuis 1979,  sait pourtant être généreux, du moins avec sa famille : son propre fils, par ailleurs ministre de son père, a acheté une propriété valant 25 millions d’euros à Malibu, en Californie. La fortune personnelle du président est estimée par le magazine Forbes à plus de 500 millions d’euros. Pour réaliser un tel exploit, la recette est simple et efficace : accaparer la manne pétrolière avant même qu’elle ne puisse bénéficier aux populations.

Cela ne vous rappelle rien ? C’est le vieux problème d’école de la baignoire qui fuit: l’or noir, qui coule à flots dans les caisses de l’Etat, en repart aussitôt, aussi vite qu’il y est entré. Difficile dans ces conditions d’imaginer que les populations puissent connaitre autre chose que la misère. L’histoire se répète ailleurs en Afrique, de la Libye au Zimbabwe, avec d’autres richesses – pétrole ou gaz, or ou diamants. Leur exportation représente déjà 9 fois le montant de l’aide publique au développement. Et les sous-sols de l’Afrique regorgent de ces richesses d’une valeur dépassant 25 mille milliards d’euros, selon les dernières estimations. Une somme vertigineuse. Les appétits s’aiguisent.

Pendant longtemps, la France et les autres pays du Nord ont fermé les yeux sur ces détournements. Le remède, pourtant, existe: la transparence. Exposer au grand jour, pour chaque projet, dans chaque pays, les contrats qui lient les compagnies pétrolières et minières, souvent européennes ou américaines, aux Etats dans lesquels elles opèrent. Il devient ainsi possible de suivre les flux financiers. Et de demander des comptes.

Pour mettre fin aux contrats opaques, les Etats-Unis viennent d’adopter une loi obligeant les compagnies extractives, sous peine de sanctions, à publier ce qu’elles paient. Le président Sarkozy avait promis, il y a quelques semaines, de pousser l’Union européenne à légiférer à son tour. Paris accueille aujourd’hui et demain une conférence internationale sur le sujet. En même temps, Nicolas Sarkozy accueille le président sud-africain Jacob Zuma. Aucun des deux n’a prévu de se rendre à la conférence, encore moins d’y prendre la parole…

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