La Fondation Mathare met des appareils photos entre les mains des enfants kenyans

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Les bidonvilles sont le reflet dramatique des inégalités socio-économiques de chaque grande métropole. Le problème des bidonvilles ne peut pas être résolu simplement avec de l’argent. Il faut également tenir compte des facteurs psychologiques et sociaux.

Un jeune garçon lisant une bande-dessinée à Mathare. Photo de Joyce Aidi.

Les enfants qui vivent dans ces conditions ont rarement l’occasion d’exprimer leurs sentiments et leurs attentes. Sans possibilité de s’exprimer, ils sont plus susceptibles de sombrer dans la dépression, l’aversion et même la criminalité. Dans le bidonville de Mathare près de Nairobi au Kenya, où plus de 52% de la population a moins de 25 ans, les statistiques sont alarmantes :

  • En 2012, 80% des habitants ont déclaré avoir été agressés au cours de l’année écoulée.
  • Le revenu mensuel moyen d’un ménage à Mathare représente moins de 8500 shilling kenyan (moins de 3 euros par jour).
  • Seulement 29% des ménages vivent à moins de 30 mètres de toilettes publiques salubres.
Selon une étude de 2012 tirée du Muungano Support Trust, du Slum Dwellers International (SDI), de l’université de Nairobi (Faculté de l’Aménagement Urbain et Régional), et de l’université de Californie, Berkeley (Faculté de l’Aménagement Régional et de la Ville)

“Peu importe que nous ayons des chaussures de foot ou pas” affirme le co-fondateur de la Fondation Mathare, Eric Omwanda. “Ce qui compte, c’est la passion et le talent”. Photo d’Eric Omwanda.

Toutefois, la Fondation Mathare pense qu’il est possible de changer le futur d’un pays en faisant évoluer les mentalités de sa jeunesse. Cet organisme communautaire enregistré auprès du gouvernement kenyan propose aux jeunes de Mathare entre 10 et 16 ans des formations et la possibilité de faire de la photo, du football et même de découvrir les arts de la scène.

Participer à ces activités peut aider les enfants à développer des compétences en leadership, des capacités d’expression personnelle et d’acquérir plus de confiance en eux. Ces activités sont également mixtes, dans l’espoir de construire des relations respectueuses entre les filles et les garçons.

Des enfants préparant du chou frisé dans les rues de Mathare. Photo de Manase Odhiambo.

La plupart des photos de ce récit ont été prises par les enfants qui vivent dans ces bidonvilles. Les habitants des bidonvilles sont généralement mal à l’aise à l’idée d’être photographiés dans leur misère. Mais quand le photographe est leur propre enfant, ils se sentent moins réservés et la photographie prend alors une toute autre signification.

Eric Omwanda, co-fondateur de la fondation – et lauréat du Prix « Commonwealth Youth Workers » – a lui-même grandi dans les bidonvilles de Mathare. Cette année, il espère lancer le Slum Kids Festival (Festival des Enfants des Bidonvilles), un événement d’une semaine qui célèbrerait les réussites des étudiants de la fondation et accueillerait des expositions, un tournoi de football, un forum, des projections de films…

Mobiliser des enfants talentueux comme ces petits photographes en herbe est notre façon d’aider le pays à avancer et à se développer. La fondation dépend entièrement des dons, ce qui n’est pas toujours évident. Mais, en continuant à travailler avec les enfants de Mathare, nous construisons une vision positive pour le futur de la région.

Des enfants visionnant un film à Mathare. Photo de Pamela Anyango.

Apprenez-en plus sur la Fondation Mathare et rejoignez ONE pour nous aider à lutter contre l’extrême pauvreté en Afrique.

Ce billet a été rédigé par Maria Hyra Belmejdoub, co-fondatrice de la Fondation Mathare et adapté de l’anglais par Justine Marlas, assistante campagnes chez ONE France.

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