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La faim devient une arme de guerre

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Cette semaine dans Ondes de Choc : la persistance des inégalités face à l’épidémie de sida, la faim comme arme de guerre, l’Afrique du Sud se verdit, et plus encore.

ACTUALITES

Hors trajectoire : Le monde n’est pas en bonne voie de mettre fin à l’épidémie de sida d’ici 2030, notamment à cause des inégalités. Les femmes et les filles, les populations marginalisées et les enfants sont laissés pour compte. En Afrique subsaharienne, les femmes représentaient 63 % des nouvelles infections au VIH en 2021. Au cours de la dernière décennie, le déclin des nouvelles infections a été beaucoup plus lent pour les femmes que pour les hommes, et il n’y a pas eu de déclin perceptible chez les hommes homosexuels et bisexuels. La lutte contre ces inégalités – ainsi que les discriminations et les normes de genre néfastes qui en découlent – nécessitera une augmentation des investissements nationaux et internationaux. L’année dernière, il manquait 8 milliards de dollars au financement nécessaire pour les programmes de lutte contre le VIH dans les pays à revenu faible et intermédiaire . C’est réconfortant de voir que le COVID-19 nous a appris que la réponse aux crises sanitaires nécessite des investissements importants. 🤦🏽

La faim comme arme de guerre : La faim est utilisée comme une arme de guerre au Sud-Soudan, aggravant les crises alimentaires et celle des réfugiés, qui a déjà provoqué le déplacement de plus de 4 millions de personnes. Les incendies,la destruction des biens, la destruction des denrées alimentaires et des marchés ainsi que les attaques contre le personnel des organisations humanitaires font partie des tactiques utilisées tant par le gouvernement que par les forces d’opposition. Depuis 2013, 130 travailleurs humanitaires ont été tués dans le pays, la majorité d’entre eux étant des Sud-Soudanais. Les Nations Unies estiment qu’en 2023, deux tiers de la population (7,8 millions de personnes) seront en situation d’insécurité alimentaire aiguë et 9,4 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire.

Moins de mauvaises nouvelles : L’Allemagne, qui avait prévu de réduire son budget d’aide au développement de 1,3 milliard d’euros, ne le réduira finalement que de 190 millions d’euros, ce qui la remet sur la bonne voie pour atteindre l’objectif des Nations Unies de consacrer 0,7 % de son revenu national brut à l’aide publique au développement en 2023. À la suite des vifs appels lancés par la société civile, la Norvège semble prête à faire un revirement similaire en ce qui concerne son projet de réduire sa contribution à l’APD de 1 % à 0,75 % du RNB (et ce, alors que l’on prévoit une augmentation record des recettes pétrolières et gazières du pays). Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les pays à revenu faible et intermédiaire qui souffrent des conséquences de la pandémie, de la dépréciation de leur monnaie et de l’augmentation de leur dette.

Un remède amer : La décision du Ghana de restructurer sa dette est un revirement qui ne sera probablement pas accueilli avec enthousiasme, puisqu’elle revient sur les promesses du président Nana Akufo-Addo selon lesquelles les détenteurs d’obligations du gouvernement ne subiraient aucune perte. La restructuration de la dette intervient parallèlement à d’autres mesures d’austérité, dont le gel des embauches et la réduction des dépenses des fonctionnaires, l’augmentation de la TVA et l’utilisation de l’or au lieu des réserves de dollars pour l’achat de carburants. Le pays est sous pression pour assainir ses finances alors qu’il négocie avec le Fonds monétaire international un prêt de 3 milliards de dollars pour l’aider à faire face à l’aggravation de sa crise économique. En conséquence, l’agence de notation Moody’s a rétrogradé le Ghana à la deuxième note la plus basse, à égalité avec le Sri Lanka, qui n’a pas pu honorer ses dettes au début de l’année. Moody’s a déclaré qu’il fallait s’attendre à des « pertes considérables » pour les créanciers privés.

Voir vert : Le gouvernement sud-africain a accordé à neuf projets d’hydrogène vert le statut de priorité pour une mise en œuvre accélérée, et dix autres sont en préparation. Le pays souhaite se positionner comme leader mondial dans la production d’hydrogène vert dans le cadre d’une stratégie plus large de transition énergétique. Mais cette transition et l’abandon des énergies fossiles n’est pas sans poser problème. Le ministre des ressources minières et de l’énergie, ouvertement favorable à l’expansion des énergies fossiles, s’est joint à la multinationale pétrolière Shell pour faire appel d’une récente décision de justice qui a bloqué les projets d’exploration pétrolière et gazière de l’entreprise le long de la Wild Coast, une zone écologiquement sensible du pays. Shell se présente comme un « partenaire du changement », notamment par le « respect de la nature », la « protection de l’environnement » et « une contribution positive à la biodiversité ».

Rebelle : Le groupe rebelle M23 a accepté un cessez-le-feu conditionnel dans l’est de la République démocratique du Congo. Le groupe a toutefois ignoré les appels des dirigeants d’Afrique de l’Est au désarmement et au retrait des troupes des territoires conquis. Le gouvernement de la RDC a rejeté une demande de pourparlers directs avec le M23, qu’il considère comme un groupe terroriste. Pendant ce temps, le Rwanda a discrètement étendu sa participation aux missions de sécurité en Afrique. Il est le cinquième contributeur aux missions des Nations Unies dans le monde et le deuxième en Afrique, un rôle qui a accru l’influence du pays dans la région et qui pourrait en partie viser à atténuer les critiques internationales sur des violations présumées des droits humains.

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