« Je m’appelle Lorraine et je vis avec le VIH »

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Le billet suivant a été initialement publié dans le cadre de la campagne de l’ONUSIDA : « Les visages d’une génération sans sida en Afrique australe et orientale » .

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Lorraine avec son fils Siphesihle. Crédit photo : ONUSIDA

Je m’appelle Lorraine Mashishi et je vis avec le VIH.

En 1994, mon bébé de deux semaines  a été hospitalisé. Je venais d’être mère, et au lieu de connaître la joie des premiers moments, j’ai vécu une séparation déchirante. Il a été hospitalisé pendant trois semaines, puis le médecin a autorisé sa sortie après m’avoir donné un mot. Vous connaissez l’écriture des médecins… Je n’ai pas réussi à déchiffrer ce qui était écrit.

J’ai ramené mon fils à la maison et, deux semaines plus tard, il avait de nouveau du mal à respirer et ne cessait de pleurer. Tout naturellement, je suis retournée à l’hôpital. Cette fois-ci, le médecin m’a demandé : « Pourquoi avez-vous ramené cet enfant ici ? Que puis-je faire pour un bébé qui a le sida ? ». C’est comme ça que j’ai appris que j’étais porteuse du VIH.

Quelques semaines plus tard, mon bébé est décédé. Je me suis demandé comment j’avais contracté le virus. Pendant une période, je participais à des concours de beauté. J’avais connu un homme qui sortait avec l’une de mes amies. A chaque fois qu’on se croisait, il me disait qu’il m’aimait bien. Cela m’étonnait, parce qu’il prétendait être amoureux de mon amie.

Lorraine chez elle avec son fils. Crédit photo : ONUSIDA

Lorraine chez elle avec son fils. Crédit photo : ONUSIDA

Une nuit, alors que je rentrais d’un concours, il m’a vue marcher seule dans la rue et m’a proposé de me raccompagner. Je suis montée dans sa voiture. Mais au lieu de me ramener chez moi, il a décidé de m’emmener chez lui. Quand nous sommes arrivés, il a commencé à arracher mes vêtements. Il m’a violée.

Le lendemain matin, je me suis rendue au commissariat et j’ai porté plainte contre lui pour viol. Après quelques semaines, la plainte avait disparue et le dossier était classé. Je n’avais pas d’autre choix que de continuer à vivre et surmonter le traumatisme. Mais le fait d’avoir été diagnostiquée séropositive, quelques années plus tard, a réveillé en moi ces terribles souvenirs, même si je n’avais aucune certitude d’avoir été contaminée à ce moment-là. .

Lorsque j’ai annoncé au père de mon enfant que j’étais séropositive, il m’a dit que c’était de sa faute. Il savait qu’il était porteur du VIH avant même de débuter une relation avec moi. Mais je ne lui en ai pas voulu. J’avais déjà assez de problèmes comme ça, et puis je l’aimais encore. Il est décédé en 2001, juste après avoir commencé un traitement antirétroviral, qui était enfin disponible en Afrique du Sud.

Je me suis sentie si seule quand il est décédé… je le considérais comme mon âme sœur. Le temps a passé et j’ai arrêté de prendre soin de moi parce que j’étais convaincue que j’allais bientôt mourir. J’en ai informé ma mère, qui m’a énormément soutenue. Elle m’a aidé à prier et à me préparer à ce qui allait arriver. Mais j’avais peur de le dire à mon beau-père. J’avais peur que cela compromette sa relation avec ma mère.

Lorraine dit que son fils, né sans le VIH, est son petit miracle. Crédit photo : ONUSIDA

Lorraine dit que son fils, né sans le VIH, est son petit miracle. Crédit photo : ONUSIDA

Quand j’ai parlé de ma maladie à mes voisins, ils m’ont soutenue aussi et  m’ont proposé leur aide. Un soir, alors que j’étais à la maison avec mon beau-père, je me sentais extrêmement faible. Je ne pouvais ni dormir, ni manger. J’ai donc dû lui dire la vérité, lui expliquer pourquoi j’avais l’air si malade. Je pensais qu’il me mettrait dehors. Au lieu de ça, il n’a pas dit un mot. Le lendemain matin, il s’est levé très tôt et a quitté la maison sans le dire à personne. Il est revenu plus tard dans la soirée et m’a dit : « Demain matin, toi et moi allons à la clinique ».

Nous nous somme réveillés le lendemain matin et il m’a porté sur son dos jusqu’à la clinique. L’infirmière m’a fait passer quelques examens et m’a mise sous traitement. Mon beau-père m’a sauvée. Je suis aujourd’hui mariée à un homme qui m’aime vraiment pour ce que je suis. Je l’ai rencontré par l’intermédiaire d’un ami. Nous avons un fils, Siphesihle. Son prénom signifie « beau cadeau ». C’est exactement ce qu’il est. Son père et moi avions décidé ensemble d’avoir un enfant. Je me suis assurée que mon traitement fonctionnait afin que le virus soit indétectable dans mon sang. J’ai parfois l’impression que c’est un conte de fées. J’ai le mari le plus adorable du monde et mon fils en bonne santé est mon petit miracle.

Vous souhaitez en savoir davantage sur les progrès accomplis dans la lutte contre le sida ? Lisez notre nouveau rapport ici one.org/rapportsida .

Ce billet a été adapté de l’anglais par Julie Duval, assistante plaidoyer chez ONE France.

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