Ebola, 1 an après : quels enseignements et futurs défis?

Ebola, 1 an après : quels enseignements et futurs défis?

Il y a un an, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) confirmait les premiers cas officiels d’Ebola en Guinée. Au cours de ces 365 jours, ces premiers cas se sont multipliés, provoquant en Afrique de l’Ouest une épidémie sans précédent qui a contaminé plus de 24 000 personnes et fait plus de 10 000 morts. Même si l’épidémie reste confinée à la Guinée, au Liberia et à la Sierra Leone, des cas ont été observés dans six autres pays – au Nigeria, au Mali, au Sénégal, en Espagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis ­– renforçant l’impression que nous étions bien en présence d’une crise planétaire.

« Du personnel de santé devant des unités d’isolement au Liberia. Crédit photos : Frances Kennedy/PAM »

Du personnel de santé devant des unités d’isolement au Liberia. Crédit photos : Frances Kennedy/PAM

À l’heure de ce tragique anniversaire, alors que nous rendons hommage aux victimes et que nous réfléchissons à l’impact de l’épidémie, six enseignements clés sont à retenir de cette crise :

Les réponses tardives entraînent la propagation des maladies infectieuses 

Malheureusement, au cours des premiers mois de l’épidémie, très peu d’attention a été accordée à Ebola. Donateurs, agences techniques et médias ont largement ignoré le drame à ses débuts, et pendant ce temps, l’épidémie se propageait. De nombreux experts affirment aujourd’hui que si le virus s’est répandu, en silence, comme une trainée de poudre, c’est parce que la maladie n’a pas été prise au sérieux durant le printemps et l’été 2014, lorsqu’un petit nombre de communautés seulement étaient touchées.

Ce désintérêt a eu pour effet de compliquer la réponse et d’en alourdir le prix. Cette leçon vaut pour beaucoup d’autres maladies infectieuses, comme la malaria : une réponse globale tardive ou trop timide encourage directement la propagation des maladies. L’histoire a même montré qu’elles finissent par se renforcer, tandis que nous perdons du terrain.

Des avancées spectaculaires contre l’épidémie sont possibles, même dans des contextes fragiles   

Comme la communauté internationale a attendu trop longtemps avant d’agir pour combattre l’épidémie, la situation apparaissait des plus inquiétantes de prime abord ; une première analyse avait estimé que pas moins de 1,4 million de personnes risquaient d’être contaminées d’ici à janvier 2015.  Heureusement, une augmentation massive des ressources et un réel sursaut d’attention durant l’automne 2014 ont permis aux trois pays les plus touchés par l’épidémie d’accomplir des progrès majeurs dans la lutte contre la maladie et ces sombres prévisions ne se sont finalement jamais réalisées.

Les efforts héroïques menés sur le terrain par les populations locales, les gouvernements, les ONG partenaires et les agences techniques ont été renforcés par le soutien financier, médical et militaire de la communauté internationale. Ensemble, ces acteurs ont démontré qu’associer les connaissances et le leadership au niveau local à des ressources et des capacités externes permet d’établir une stratégie efficace. Cela a aussi permis de démontrer qu’il est possible de réaliser des progrès rapides sur le front d’Ebola même dans des contextes qui comptent parmi les plus difficiles au monde.

Ne pas baisser la garde tant que l’objectif « zéro cas » n’est pas atteint

Si depuis plusieurs semaines, un seul nouveau cas d’Ebola a été recensé au Liberia, l’épidémie ne recule pas en Sierra Leone et en Guinée, une information qui fait rarement la Une des médias. En effet, la semaine dernière, la Guinée a même enregistré le nombre de cas le plus élevé depuis le début de l’année.

Pour certains, Ebola se propage tel un feu de forêt ; si nous baissons la garde et n’éteignons pas toutes les braises, le feu pourrait rapidement et facilement se rallumer. Dès lors, tant que l’épidémie n’aura pas été totalement vaincue dans la région – et que nous n’aurons pas atteint l’objectif « zéro cas » –, nous devons rester extrêmement vigilants. Et d’ici là, nous devons redoubler d’efforts pour que la lutte contre Ebola reste une priorité pour les responsables politiques, les différents donateurs et les médias.

Le Dr Philderald Pratt, délégué adjoint du FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) au Liberia, aux côtés de sages-femmes devant la maternité du JFK Memorial Hospital à Monrovia. Crédit photos : FNUAP Liberia

Le Dr Philderald Pratt, délégué adjoint du FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) au Liberia, aux côtés de sages-femmes devant la maternité du JFK Memorial Hospital à Monrovia. Crédit photos : FNUAP Liberia

L’importance de la responsabilité des différents donateurs

Près de 575 000 membres de ONE se sont déjà mobilisés en signant une pétition appelant les  responsables politiques à prendre et respecter des engagements ambitieux en vue de combattre l’épidémie et d’assurer la reconstruction des zones touchées sur long terme. En septembre 2014, les généreuses promesses de nombreux gouvernements nous ont redonné espoir, mais, comme les crises précédentes nous l’ont appris, avec des promesses d’aide, la partie n’est qu’à moitié gagnée.

Nous continuons à travailler avec nos partenaires afin de clarifier ces engagements à l’aide de notre outil interactif de suivi des engagements. Car nous sommes convaincus qu’il est tout aussi essentiel de savoir quelles ressources ont été décaissées sur le terrain, quels engagements ont été additionnels, plutôt qu’une simple réaffectation des moyens, et quels donateurs se sont montrés les plus généreux et quels sont ceux qui accusent un retard.

L’épidémie d’Ebola : bien plus qu’une crise sanitaire

L’impact direct d’Ebola sur la santé est aujourd’hui connu mais on peut craindre que son impact indirect, dans les domaines de la santé et du développement, soit encore plus grave. De nouvelles données de l’UNICEF révèlent qu’en Sierra Leone par exemple, le nombre d’enfants bénéficiant des premiers vaccins essentiels a baissé de 21 % et que le nombre d’enfants traités contre la malaria a chuté de 39 %. À cela s’ajoute le recul de la productivité agricole, l’aggravation de l’insécurité alimentaire et le fait que près de 5 millions d’enfants n’ont pas été à l’école pendant plusieurs mois.

Selon la Banque mondiale, ces dégâts collatéraux pourraient entraîner, pour les pays en question, des pertes économiques s’élevant à plus d’un milliard de dollars en 2015. Dès lors, lorsque nous évoquons Ebola, nous ne pouvons la décrire seulement comme une crise sanitaire. Au contraire, nous devons l’appréhender comme une crise de développement au sens large, qui mérite une attention internationale soutenue et des efforts de reconstruction multisectoriels.

Des bénévoles de Restless Development assistent à une formation avant de travailler comme agents communautaires de proximité. Photo : Kabba S. Kargbo

Des bénévoles de Restless Development assistent à une formation avant de travailler comme agents communautaires de proximité. Photo : Kabba S. Kargbo

La meilleure façon de rendre hommage aux victimes d’Ebola, c’est de reconstruire et de renforcer les systèmes de santé   

Face à cette crise, le pire serait finalement d’atteindre l’objectif « zéro cas » et de quitter ensuite la région, la laissant dans la même incapacité à faire face à une autre épidémie qu’en 2014. Pour assurer une reconstruction intelligente, les donateurs doivent travailler en partenariat avec les pays touchés afin de renforcer un large éventail de capacités, y compris dans le domaine de la surveillance des maladies, de la gouvernance et de la gestion des crises.

Plus important encore, nous devons sans tarder remédier à la terrible pénurie de personnel soignant et consolider les systèmes de santé fragilisés des trois pays les plus touchés. Renforcer le personnel soignant dans les pays confrontés à Ebola ne relève pas seulement de notre devoir – cet effort est financièrement accessible et permet de résoudre bien d’autres défis sanitaires auxquels doivent faire face les citoyens.

Aider ces pays à se doter de plans durables pour maintenir le personnel soignant à son poste et améliorer les systèmes de santé est une tâche des plus ambitieuses – mais essentielle – à laquelle la communauté internationale devra s’atteler. Nous n’avons toutefois aucune excuse pour ne pas commencer dès maintenant.

Agissez : signez notre pétition pour demander aux dirigeants mondiaux d’agir MAINTENANT pour mettre fin à l’épidémie d’Ebola ! 

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