Du temps et de l’énergie pour mettre fin à l’extrême pauvreté
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Du temps et de l’énergie pour mettre fin à l’extrême pauvreté

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La dernière lettre annuelle de Bill et Melinda Gates m’a captivée dès le début. Elle s’adresse aux jeunes de 15 ans mais elle devrait servir d’appel à l’action à TOUS. Si les lycéens d’aujourd’hui sont sûrement ceux qui apporteront des solutions à long terme aux nombreux problèmes aux quels notre monde doit faire face, nous avons tous un rôle à jouer, et ce, dès aujourd’hui.

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Chez ONE, nous croyons profondément au pouvoir des jeunes d’aujourd’hui pour insuffler le changement. L’année dernière, 250 jeunes Ambassadeurs dans 7 pays différents ont fait campagne à nos côtés lors d’événements politiques mondiaux comme le G7 et l’Assemblée générale des Nations-Unies pour s’assurer que les dirigeants mondiaux tiennent leurs promesses envers les plus pauvres du monde.

Aujourd’hui, ONE fait campagne aux côtés d’Eva. Eva vit à Malinzanga en Tanzanie. Avec ses camarades de classe, ils ont écrit une lettre au gouvernement tanzanien de l’époque pour que ce dernier garantisse les services de base comme l’accès à l’eau potable dans leur école. Eva et ses camarades pourraient ainsi se concentrer sur leurs études plutôt que d’avoir à passer l’essentiel de leur temps à l’approvisionnement en eau et aux autres corvées.

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La lettre annuelle de Bill et Melinda Gates commence par une question posée aux lycéens : Si vous pouviez avoir un superpouvoir, lequel serait-il ? Leurs réponses : plus de temps et plus d’énergie. Deux leviers qui sont essentiels et recherchés par tous, partout dans le monde – mais l’accès à ces ressources est inégal.

Bien sûr, tout le monde veut plus de temps et d’énergie. Mais cela signifie une chose dans les pays riches et quelque chose de complètement différent au travers le regard des familles les plus pauvres du monde. La pauvreté n’est pas seulement une question de manque d’argent. C’est aussi l’absence de ressources dont les populations les plus pauvres ont besoin pour exploiter leur plein potentiel. Deux ressources essentielles sont le temps et l’énergie. – Bill Gates

Et ils ont raison. En effet, le cas d’Eva et de ses camarades constitue un exemple concret que l’énergie et le temps sont des ressources trop rares dans les pays en développement. Eva et ses amis manquent souvent les cours pour s’approvisionner en eau deux fois par jour.

Les filles d’Afrique subsaharienne peuvent marcher jusqu’à 6 heures par jour pour aller chercher de l’eau. Souvent ces tâches prennent tellement de temps qu’elles doivent ensuite faire leurs devoirs à la lumière des bougies. Comme Eva l’a écrit au Président Obama l’année dernière, « certaines personnes bénéficient des projets gouvernementaux d’approvisionnement en électricité dans les zones reculées mais elles sont peu nombreuses et beaucoup n’en bénéficient toujours pas ».

Bill Gates insiste sur le problème :

En effet, sur près d’un milliard de personnes en Afrique subsaharienne, 7 sur 10 vivent dans le noir, sans électricité. La majorité d’entre elles vivent dans les zones rurales.

Ne pas avoir un accès sûr et fiable à l’électricité n’est pas juste un désagrément – un approvisionnement irrégulier en électricité peut mettre la vie des personnes en danger. 30% des centres de santé d’Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’électricité.

Pouvez-vous imaginer votre prochaine visite chez le médecin sans électricité ? Par ailleurs, 60% des réfrigérateurs utilisés pour le stockage des vaccins dans les cliniques africaines n’ont pas une alimentation électrique fiable, menaçant ainsi l’efficacité des vaccins vitaux pour les enfants.

Ainsi, l’accès à l’énergie est essentiel. Les écoles qui sont raccordées au réseau électrique offrent à leurs élèves un environnement sain pour étudier après la tombée de la nuit et profitent souvent à la communauté toute entière. Quand les personnes ont accès à l’électricité, elles peuvent utiliser des appareils qui leur permettent de gagner en temps et en opportunité – notamment les femmes – et exercer ainsi d’autres activités génératrices de revenus. En Afrique du Sud, l’emploi des femmes a augmenté de 9.5 % là où l’électricité est accessible.

C’est l’une des raisons pour laquelle ONE s’est longuement engagé dans une campagne pour étendre l’accès à l’énergie. Il y a quelques semaines, le 8 février dernier, le Président Obama a signé le « Electrify Africa Act of 2015 » qui encourage les pays d’Afrique subsaharienne à renforcer et à améliorer l’accès à l’électricité.

Nous poursuivrons le combat pour plus d’investissements qui permettront notamment à Eva et ses camarades de bénéficier de services de santé de qualité et pouvoir étudier dans de bonnes conditions.

Photo credit: Gates Foundation

Photo credit: Gates Foundation

Comme le dit Melinda Gates, cuisiner, faire le ménage et prendre soin des petits et grands enfants sont autant de formes de travail – elles ne sont juste pas rémunérées. Pour les femmes des pays en développement, ne pas avoir suffisamment de temps n’est « pas seulement avoir le sentiment que les jours sont trop courts. Ce sont les conséquences paralysantes d’avoir à effectuer des tâches rendues harassantes par l’absence d’électricité ». Elle poursuit :

Il est presqu’impossible pour ceux d’entre nous qui sommes assez chanceux de vivre dans des pays riches de comprendre à quel point le travail non-rémunéré peut dominer la vie de centaines de millions de femmes et de filles. 

En effet, des études indiquent qu’en Afrique subsaharienne, les femmes et les filles vivant dans les pays à faible revenu, passent 40 milliards d’heures par an à collecter l’eau – l’équivalent d’une année de travail pour l’ensemble de la main d’œuvre française.

Ce travail non rémunéré n’empêche pas seulement les femmes et les filles de gagner de l’argent. Dans de nombreux pays, dès lors que les femmes cuisinent sur des feux ou des réchauds traditionnels, elles respirent des polluants à longueur de journée. Les fumées intérieures générées sont responsables, de plus d’un demi-million de décès chaque année chez les femmes dans le monde, causés par des maladies chroniques obstruant leurs poumons.

Au niveau mondial, les femmes passent actuellement jusqu’à 5 heures par jour à collecter des combustibles pour la cuisine et le chauffage de l’habitation. Cela ne doit pas être le cas pour Eva et ses camarades. Ils ne doivent pas être prédestinés à être une nouvelle génération coincée dans le cycle de la pauvreté.

En leur fournissant une source d’énergie sûre, fiable et propre, Eva et ses camarades passeront moins de temps à s’acquitter des tâches ménagères et auront plus de temps pour suivre leurs études et poursuivre leurs rêves.

Ces problèmes et les défis qui pèsent sur Eva, affectent les filles et les femmes de manière disproportionnée et prouvent une nouvelle fois que la pauvreté est sexiste. !

Plus d’énergie et plus de temps. Deux facteurs clés pour mettre fin au cycle de l’extrême pauvreté.

Téléchargez l’intégralité de la lettre ici 

Ce billet a été adapté de l’anglais par Yann Illiaquer, assistant plaidoyer chez ONE France.

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