COP 21 : Les pays les plus pauvres au premier rang des négociations

COP 21 : Les pays les plus pauvres au premier rang des négociations

Rejoindre ONE

Rejoignez le combat contre l'extrême pauvreté

Cette tribune a été initialement publiée dans Le Huffington Post.

En Ouganda, au Burkina Faso et au Ghana, 80% de la population redoute que le changement climatique ait des répercussions négatives sur leurs propres vies. En Allemagne, en Australie ou en Chine, à peine plus de 15% de la population partage cette crainte. Une différence sidérante, surtout quand on sait quels pays polluent le plus…

Ces derniers, dont la majorité écrasante de la population se pense donc à l’abri de toute conséquence personnelle, sont pourtant annoncés comme les acteurs principaux des négociations internationales qui se joueront à Paris dans une semaine. La Chine et les Etats-Unis sont les grandes têtes d’affiche du débat actuel sur le climat, si bien qu’on en oublierait presque les “seconds rôles” : Les pays les moins avancés (PMA) et les petits Etats insulaires en développement, qui sont pourtant les plus touchés par le changement climatique. L’aparté a assez duré : leurs inquiétudes doivent maintenant être entendues par tous les acteurs de la COP21.

Il est indéniable que les pays actuellement sous le feu de la rampe ont un rôle important : ce sont les plus grands émetteurs, et sans leurs contributions nationales, il ne sera pas possible de limiter le réchauffement climatique à 2°C. Mais cette négociation intergouvernementale suit le principe des négociations onusiennes, de la “démocratie internationale” : chaque pays représente une voix, et dans ce sens, un petit état insulaire vulnérable tel que Tuvalu pèse autant que la Chine. A la COP21, il n’y a donc pas de figurants: la réussite de l’accord de Paris dépend de tous ses acteurs.

Bien qu’une grande partie du débat actuel sur le climat se concentre sur la réduction des futures émissions de carbone, la moitié de la population mondiale est consciente de l’immédiateté des conséquences du changement climatique pour certaines populations dans le monde. Et ce n’est pas une coïncidence s’ils sont plus de 85% en Afrique à le penser. L’accord de Paris doit apporter une réponse aux difficultés auxquelles ces pays doivent faire face chaque jour. En effet, s’il est essentiel que tous les pays s’engagent à contenir le réchauffement futur de la planète, il est également indispensable qu’ils trouvent les moyens financiers pour endiguer les conséquences du changement climatique, qui sont depuis longtemps une réalité dans les pays les plus pauvres, et font déjà de nombreuses victimes à travers le monde. Pour cela, les fameux 100 milliards par an promis aux pays en développement, actuellement en cours de négociations, seront bien nécessaires.

Mais “pays en développement” est un terme trompeur. En effet, il regroupe des dizaines de pays aux situations bien différentes. D’un côté, des pays émergents, tels que la Chine ou le Brésil, qui ont accès aux marchés financiers, et dont les ressources financières propres sont considérables. De l’autre, des pays extrêmement pauvres, tels que la République Démocratique du Congo, dont près de 80% de la population vit sous le seuil d’extrême pauvreté, et qui ne peut pas emprunter de l’argent sur les marchés financiers pour financer des projets de développement. Entre les deux, des pays qui, de par leur exposition géographique, sont dans une situation extrêmement précaire, comme Tuvalu, par exemple.

Une importante question se posera donc, une fois la feuille de route vers les 100 milliards ficelée : Comment les répartir équitablement, avec une telle multitude de récipiendaires dont les besoins et les moyens divergent considérablement? Les pays les plus pauvres et les plus vulnérables parmi les pays en développement risquent de passer à la trappe si aucun objectif spécifique n’est fixé pour eux.

50% des financements publics pour le climat doivent être dirigés vers les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires en développement. Cela leur permettrait de se développer en respectant l’environnement, tout en s’adaptant aux changements qui affectent déjà leurs modes de vie. Ces ressources devraient également leur donner la possibilité d’avoir accès à des sources d’énergie propres, fiables et durables, et ne pas oublier d’autres défis, tels que la lutte contre l’extrême pauvreté, plus que jamais sur le devant de la scène.

A quelques jours seulement de la COP21, la communauté internationale doit prendre conscience de l’importance d’enjeu : sans un objectif spécifique pour les pays les plus pauvres et vulnérables dans l’accord pris à Paris, le changement climatique, parmi d’autres défis, restera pour eux une réalité quotidienne dévastatrice quand le rideau de la COP21 se fermera.

Rejoignez le combat contre l'extrême pauvreté

Lorsque vous indiquez vos coordonnées, vous acceptez la politique de confidentialité de ONE, et notamment le transfert de vos informations aux serveurs de ONE.org aux Etats-Unis.

Vous souhaitez savoir comment vous pouvez nous aider dans notre combat contre l'extrême pauvreté ?

Inscrivez-vous pour recevoir les emails de ONE et rejoindre les millions de personnes qui agissent à travers le monde pour mettre fin à l’extrême pauvreté et aux maladies évitables. Nous ne nous demandons pas votre argent mais votre voix. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Privacy options
Vous êtes sur-e ? Si vous cliquez sur 'Oui', nous vous tiendrons informés des actions que vous pouvez mener pour faire avancer notre combat. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Lorsque vous indiquez vos coordonnées, vous acceptez la politique de confidentialité de ONE, et notamment le transfert de vos informations aux serveurs de ONE.org aux Etats-Unis.

You agree to receive occasional updates about ONE’s campaigns. You can désinscrire at any time.

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la politique de confidentialité et les conditions d'utilisation de Google s'appliquent