Comment fonctionne l’outil interactif de suivi des engagements dans la lutte contre Ebola

Comment fonctionne l’outil interactif de suivi des engagements dans la lutte contre Ebola

Lorsqu’une crise comme celle de l’épidémie Ebola éclate en Afrique de l’Ouest, il appartient aux organisations de plaidoyer de faire en sorte que les dirigeants respectent leurs engagements afin que les pays touchés puissent déployer sur le terrain les services nécessaires pour sauver des vies – et ce, dans les plus brefs délais.

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De nombreux indicateurs de qualité permettent de suivre les différents aspects financiers de la riposte contre Ebola, entre autres ceux du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), de l’ONU et de la Banque mondiale. Mais pour faire un état des lieux complet, nous devons comprendre ce qui se cache derrière les chiffres : quels sont les pays ayant déjà pris des engagements ambitieux ? Quels sont les montants additionnels aux engagements existants en faveur de la santé et du développement ? Quels sont les pays qui répondent aux besoins les plus urgents en termes notamment de matériel et de personnel soignant spécialisé ?

Nous avons exposé, il y a trois semaines, les données les plus récentes quant aux contributions promises par les principaux pays donateurs, l’idée étant de déterminer au mieux quels sont les pays ayant affecté le plus de ressources à la lutte contre Ebola, pour les trois catégories suivantes : financement, personnel soignant et contributions en nature.

Notre travail de recherche repose sur des données figurant dans certains des indicateurs précités, mais se distingue des analyses existantes puisque nous nous basons aussi sur des communiqués de presse, des informations communiquées par des représentants des gouvernements, des entretiens avec des organismes techniques et d’autres études.

Aujourd’hui, nous lançons ces mêmes données sous forme interactive pour que vous puissiez faire les comparaisons et explorer davantage les engagements de chaque pays.

Quelles sont nos attentes ?

Nous faisons pression sur les gouvernements afin que les ressources engagées soient :

  • planifiées et définies dans le temps, pour garantir une riposte sans délai, flexible et axée sur les besoins ;
  • additionnelles, car les gouvernements doivent engager de nouvelles ressources pour lutter contre l’épidémie – et non libérer cette aide financière au détriment d’autres priorités de développement ou réaffecter des flux d’aide existants en faveur des pays touchés par cette urgence sanitaire ; et
  • transparentes, pour que les citoyens et la société civile puissent suivre les promesses d’aide et s’assurer que les dirigeants tiennent leurs engagements.

Quelles sont nos conclusions ?

  • Les données sur les ressources promises sont très incomplètes. Aucun donateur n’a réellement précisé si ces efforts s’inscrivaient dans le cadre de l’urgence Ebola ou s’il s’agissait simplement d’une réaffectation des flux d’aide.
  • Il existe d’importantes lacunes dans les données sur les engagements et les taux de décaissement. Aucun donateur n’a précise de délais clairs quant à la date de décaissement. Le laps de temps entre la transformation des promesses en engagements contractuels et leur conversion en décaissements est, dans de nombreux cas, trop long.
  • L’évaluation de l’engagement des donateurs doit porter sur les trois catégories. Seulement tenir compte des engagements financiers peut biaiser l’état réel des contributions. Une vue holistique- toujours dans une certaine mesure – nous permet d’évaluer les efforts des donateurs sous différents critères comme par exemple leur volonté de faire le plus possible ou de repérer ceux qui sont à la traîne.

Compléter ces données est bien plus qu’un exercice purement comptable. Si nous ne savons pas quels sont les engagements pris et si les efforts ne sont pas correctement coordonnés, les ressources engagées ne permettront pas de répondre efficacement aux besoins sur le terrain. Sans ces données, nous ne pourrons pas fournir les ressources nécessaires à la riposte, le déficit de ressources ne pourra pas être clairement identifié et les retards qui en résulteront se traduiront par de nouvelles victimes.

Quelle est la nouveauté de cette version interactive ?

Cet outil interactif est un travail en cours, et ne couvre pas encore tous les pays qui ont pris des engagements dans la riposte contre Ebola. Nous espérons, dans les semaines à venir, développer cet outil en y ajoutant deux catégories : les contributions africaines faites dans la lutte contre Ebola, et la liste des pays retardataires.

Les contributions africaines

Bien qu’aucun donateur africain n’ait encore contribué à plus de 10 millions de dollars (notre point de départ pour l’analyse), beaucoup ont apporté des contributions importantes et louables. Par exemple, le Nigeria a promis 3,5 millions de dollars, le Kenya, la Namibie et la Côte d’Ivoire ont chacun promis 1 million de dollars et l’Ethiopie a annoncé un plan visant à donner 500 000 dollars. La semaine dernière, les individus et les entreprises les plus riches du continent ont annoncé un engagement total de 28,5 millions de dollars.

La RDC, le Nigeria et la Communauté de l’Afrique de l’Est ont ouvert la voie en promettant d’envoyer plus de 2000 personnels de santé pour aider sur le terrain. Des pays comme l’Afrique du Sud ont offert des contributions en nature. Et de nombreuses organisations africaines font un travail important sur le terrain, avec des services essentiels pour lutter contre Ebola et pour améliorer la prévention.

Les pays à la traine

Ces tableaux n’exposent pas non plus les pays à la traine (même si beaucoup de pays donateurs déjà inscrits pourraient contribuer encore plus compte tenu de leur RNB). L’Argentine, le Portugal, la Thaïlande, et l’hôte du G20 de l’année prochaine, la Turquie, sont parmi les pays qui ne semblent pas avoir contribué financièrement à la lutte contre Ebola et n’ont délivré que très peu d’aide en nature.

Nous sommes conscients que ces données changent tous les jours. Pour améliorer cet outil, il est essentiel que les donateurs nous communiquent leurs commentaires, ainsi que les informations et les précisions dont ils disposent. Mais nous comptons aussi sur nos partenaires et sur les citoyens. Si vous souhaitez clarifier les données, nous vous invitons à prendre directement contact avec Erin, par courriel.

Alors que le nombre de cas d’Ebola augmente de façon exponentielle, notre responsabilité à tous est engagée. La lutte contre Ebola est une course contre la montre : plus vite nous disposerons de données de qualité, plus vite les équipes sur le terrain et les donateurs pourront gagner cette course contre la montre et endiguer l’épidémie.

Pour nous aider à maintenir la pression, signez notre pétition appelant les dirigeants du monde à apporter une réponse rapide et efficace contre Ebola.

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