Bilan du G7 : des engagements historiques qui nécessitent des financements adéquats

Bilan du G7 : des engagements historiques qui nécessitent des financements adéquats

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Ce billet a été rédigé par Maé Kurkjian, assistante plaidoyer chez ONE France.

 

05 JUIN 2015, MUNICH, ALLEMAGNE: 250 jeunes ambassadeurs demandent plus que des paroles en l'air aux dirigeants du G7.

05 JUIN 2015, MUNICH, ALLEMAGNE:
250 jeunes ambassadeurs demandent plus que des paroles en l’air aux dirigeants du G7.

Les jeunes Ambassadeurs étaient présents à Munich en amont du sommet du G7 le weekend dernier, et ils ont su se faire entendre. Les leaders des pays de G7 ont en effet pris des engagements nouveaux et audacieux lors du sommet de Schloss Elmau, et ONE s’en félicite.

Les jeunes Ambassadeurs se sont d’abord rassemblés sur la place centrale de la ville et ont déployé de gigantesques ballons à l’effigie des sept chefs d’Etat.

Cette image spectaculaire a été reprise dans le monde entier et a fait la une de plusieurs grands journaux, du Royaume-Uni au Japon en passant par une double page dans Libération !

Ils se sont dans la foulée inventés apprentis chefs d’Etat en arborant des masques à leur effigie dans les rues de Munich, sensibilisant les passants sur les grandes thématiques défendues par ONE.

06 JUIN 2015, MUNICH, ALLEMAGNE: rassemblement sur la Marienplatz.

06 JUIN 2015, MUNICH, ALLEMAGNE: rassemblement sur la Marienplatz.

Un franc succès

Les principales demandes de ONE ont ainsi été exaucées : les chefs d’Etat ont mentionné pour la première fois dans le communiqué principal l’engagement d’allouer 0,7% de leur richesse nationale à l’aide publique au développement (APD). Ils ont aussi intégré la thématique de l’autonomisation des femmes et des filles à l’agenda du G7 en promettant d’augmenter d’un tiers le nombre de femmes et de filles dans les pays en développement bénéficiant de formations professionnelles. Enfin, les dirigeants se sont aussi engagés à sortir 500 millions de personnes de la faim et de la malnutrition d’ici à 2030.

Le travail n’est pas fini !

Cependant, certains éléments ont été oubliés par les chefs d’Etat, comme les besoins des pays les plus pauvres: alors que seuls 30% de l’aide internationale leur est aujourd’hui destinée, les dirigeants n’ont fait que déclarer leur volonté d’inverser la tendance à la baisse de l’aide vers les pays les moins avancés (PMA). Il aurait été nécessaire qu’ils se donnent une cible précise, par exemple d’allouer au moins 50% de leur aide à ce groupe de pays.  D’autre part, aucun échéancier n’a été avancé concernant l’objectif des 0,7%.

D’autres domaines manquent clairement d’objectifs concrets. Concernant la transparence fiscale, seuls les précédents engagements ont été réaffirmés dans le communiqué, alors que ceux-ci n’ont pour l’instant été traduits par aucun résultat concret. Les pays les plus pauvres attendent toujours d’être véritablement intégrés dans les réformes en cours dans ce domaine. Dans le domaine de la santé, le G7 a bien pris l’initiative d’aider 60 pays à mieux se préparer à d’éventuelles épidémies, mais oublie de se donner des objectifs pour augmenter le personnel de santé qualifié dans les pays en développement.

D’une manière plus générale, les promesses applaudies concernant les femmes et les filles, la malnutrition et l’aide publique au développement doivent être rendues concrètes par des engagements financiers ambitieux lors de la conférence d’Addis-Abeba qui aura lieu en juillet. ONE est particulièrement inquiète de voir que le communiqué du G7 ne mentionne pas le caractère additionnel des financements climat par rapport au financement du développement. Addis-Abeba doit donc être l’occasion de montrer que la lutte contre le réchauffement climatique ne se fera pas au détriment des besoins essentiels des plus pauvres de la planète.

Les dirigeants ont encore un mois avant la conférence pour rectifier le tir.

Pour avoir plus de détails sur l’analyse des décisions du G7 par ONE, cliquez ici.

Pour connaître en détails nos recommandations pour la conférence d’Addis-Abeba, cliquez ici.

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