Au Kenya et au Rwanda, une start-up livre des tampons et des préservatifs aux femmes dans le besoin

Au Kenya et au Rwanda, une start-up livre des tampons et des préservatifs aux femmes dans le besoin

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Ce billet a été initialement rédigé par James Hitching-Hales pour Global Citizen et adapté en français par Roxanne Aminou, stagiaire Campagnes chez ONE.

Aujourd’hui, nous pouvons nous procurer à peu près tout ce qu’on veut sur Internet.

Saviez-vous que quelqu’un avait fait une offre de 40 000£ pour un sac rempli d’air d’un concert de Kanye West ? Ou encore qu’un fan de Justin Timberlake avait acheté, pour près de 800£, deux tranches de pain que le chanteur avait laissé derrière lui après une interview radio à New York ?

Heureusement, le monde peut faire mieux que cela. Et c’est déjà le cas: prenez l’exemple de Kasha, un service à la Deliveroo qui fournit des tampons et des contraceptifs aux femmes dans le besoin au Rwanda et au Kenya.

Kasha est une start-up « femtech » qui a lancé en 2016 un magasin mobile permettant aux femmes de commander de manière confidentielle des produits de santé et d’hygiène tels que des préservatifs, des tampons, des contraceptifs d’urgence et des tests de dépistage du VIH.

Le projet a commencé au Rwanda avant de s’étendre au Kenya, offrant à chaque fois des options abordables qui dépassent les barrières socio-économiques. Tout peut être commandé via une application sur un smartphone – ou sinon, un service de messagerie hors ligne.

Le Telegraph raconte que les livraisons sont réalisées en toute discrétion, souvent acheminées par mobylette ou par une représentante de l’entreprise dans les régions plus éloignées. La startup compte maintenant plus de 20 000 clients et s’appuie sur une équipe de 75 «Kasha ladies» qui entretiennent des relations de confiance au sein des communautés rurales afin de sensibiliser au fonctionnement de ce service.

Aucun pays d’Afrique de l’Est n’arrive au niveau du Kenya avec son taux de contraception de 55%, tandis qu’au Rwanda, 49% des femmes mariées utilisent un moyen de contraception — selon un rapport publié en 2018 par le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Ces chiffres sont beaucoup plus élevés que la moyenne de 33% sur l’ensemble du continent, chez les 16 à 49 ans.

Avec les avancées de la technologie, l’accès est encore amélioré – et à la fin de l’année dernière, Kasha a célébré sa 100 000e livraison. Commande par commande, client par client, la start-up élimine lentement les préjugés entourant la contraception et les produits menstruels, notamment car elle sensibilise les femmes locales à l’importance de ces produits.

«Dans le monde entier, les femmes ne vont pas dans les cliniques – c’est tellement difficile de s’y rendre et de demander des contraceptifs et des produits menstruels», a déclaré la cofondatrice Joanna Bichsel au Telegraph. «Nous voulons changer la façon dont les femmes, en particulier dans les pays en développement, peuvent accéder aux produits de santé.»

«Il y avait un fossé considérable entre les technologies au service des femmes et leurs besoins.», a-t-elle ajouté. «Nous avons un modèle d’e-commerce, mais nous avons choisi de l’optimiser pour les femmes et les consommateurs défavorisés.»

Et afin que cette incroyable initiative puisse prendre forme , la Grande-Bretagne a joué un rôle essentiel.

Le Département pour le Développement International (DfID) du Royaume-Uni a en effet soutenu le démarrage de Kasha dans le cadre du programme «Transform» qu’il a lancé en 2015 en partenariat avec la multinationale de produits de soins et d’hygiène Unilever.

La Grande-Bretagne consacre 0,7% de son revenu national brut (RNB) à UK Aid – le budget britannique dédié à aider les 736 millions de personnes dans le monde vivant dans l’extrême pauvreté. En 2017, cela représentait un peu plus de 14 milliards de livres sterling.

Le contrat de 40 millions de livres sterling entre le DfID et Unilever vise à soutenir des projets novateurs qui aident les familles défavorisées dans les pays en développement et permettent de progresser dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) – une série de 17 objectifs qui tendent tous vers l’élimination de l’extrême pauvreté d’ici 2030.

«Nous rendons service à des femmes de tous les milieux, qu’elles viennent de communautés rurales à faible revenu ou qu’elles soient des cadres dans des bureaux», a précisé au Telegraph Dianne Dusaidi, directrice pays au Rwanda. «Nous avons d’ailleurs été surpris par notre popularité en zones rurales – nous pensions que Kasha n’attirerait que les classes moyennes.»

«La majorité de nos représentantes sont des veuves, des mères célibataires ou les soutiens principaux de leur famille.», a ajouté Malyse Uwase, responsable régionale santé et impact de Kasha. «Nous recherchons des femmes motivées et en qui leur communauté a confiance, qui peuvent présenter les produits et accompagner les clientes tout au long du processus de commande. Elles sont le visage de Kasha.»

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