Afrique: Il faut investir beaucoup plus dans la santé
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Afrique: Il faut investir beaucoup plus dans la santé

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Fin août, nous avons publié notre rapport DATA Afrique 2016, axé sur la santé, composante essentielle des investissements pour le développement.

D’après cette étude, il est crucial d’investir dans ce secteur car les maladies et les problèmes de santé non traités limitent les progrès du développement dans de nombreux pays à faible revenu, et notamment en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, le secteur de la santé en Afrique subsaharienne est le plus défaillant au monde.

Les taux de mortalité maternelle et des enfants de moins de 5 ans, le nombre de naissances non assistées par du personnel de santé qualifié et le nombre d’enfants d’un an n’ayant pas bénéficié de la vaccination DTC27 sont en effet près de deux fois plus élevés que la moyenne internationale.

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Au-delà de ce constat global alarmant, on peut aussi observer que trop souvent, le niveau de richesse est le déterminant principal de l’état de santé de quelqu’un, les inégalités variant selon les indicateurs.

Par exemple, au Gabon, les enfants de moins de cinq ans vivant dans une famille appartenant aux 20 % des ménages les plus pauvres courent un risque de malnutrition cinq fois plus élevé que ceux vivant dans les 20 % de familles les plus riches.

Le rapport montre également qu’une augmentation des investissements dans le secteur de la santé permet d’alléger la pression sur les revenus des plus pauvres et augmente aussi les retombées économiques.

En effet, une étude a montré qu’en Afrique chaque augmentation de 10 % des dépenses publiques de santé par habitant avait entraîné une diminution de 25 % de la mortalité des enfants de moins de cinq ans et de 21 % de la mortalité infantile. Or, jusque-là, de nombreux pays membres de l’Union Africaine (UA) n’ont pas été capables de réaliser leurs promesses d’investissements dans ce secteur.

Il s’est passé 15 ans depuis la signature de la déclaration d’Abuja, durant laquelle les pays membres de l’UA se sont engagés à  allouer au moins 15% de leurs dépenses publiques à la santé. Aujourd’hui cependant, moins de la moitié de ces pays ont atteint leur objectif à une année donnée. En outre, entre 2012 et 2014, 32 pays d’Afrique subsaharienne ont dépensé moins de 86$ par habitant dans la santé, ce qui est pourtant le niveau de dépense minimum recommandé pour permettre un service de santé publique de base.

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Si chaque pays dont les dépenses de santé par habitant sont inférieures à ce seuil de 86$ réalisait cet objectif, les fonds supplémentaires permettraient de financer : 545 millions de nouveaux traitements antirétroviraux contre le VIH, 5,4 milliards de moustiquaires imprégnées d’insecticides pour combattre le paludisme, ou encore 2,6 milliards de vaccins pour protéger les enfants des autres maladies qui sévissent en Afrique.

D’autre part, les investissements dans la santé doivent améliorer la qualité et l’accès aux soins pour les plus pauvres. Les programmes de protection sociale comme le programme de transferts sociaux monétaires au Kenya et l’utilisation des TIC (technologies d’information et de communication) comme pour le programme Centre de santé par téléphone au Malawi sont des exemples majeurs qui montrent que les investissements dans le secteur de la santé peuvent avoir un impact considérable sur l’état de santé des plus pauvres.

Pour s’assurer que les investissements soient alloués à leur but initial, et que l’état de la santé soit suivi et évalué de manière appropriée, il est aussi crucial que les budgets des gouvernements soient transparents et que les données de santé soient correctement enregistrées et rapportées.

Pour en savoir plus sur le rapport Data Afrique 2016 : cliquez ici.

, Traduit de l’anglais et adapté par Lucile Quatreboeufs, assistante Campagnes chez ONE France.

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