Addis, mais à cinquante-trois

En direct d’Addis Abeba, Ethiopie

 Je suis à Addis Abeba, capitale de l’Ethiopie, ou je vous écris depuis le sommet de l’Union africaine. Addis, complètement sens dessus-dessous avec la venue des représentants des 53 pays africains, et qui attend l’arrivée de notre président national, demain, pour un discours sur l’Afrique que l’on nous promet ambitieux. Les débats ont déjà commencé dans l’imposant bâtiment de l’Union africaine, où aujourd’hui on parlait notamment du MAEP, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Une aventure commencée en 2002 et qui consiste à accepter, pour un Etat d’Afrique, à se faire passer au crible par d’autres pays du continent. Neuf ans plus tard, 30 pays participent au processus, ce qui est une bonne nouvelle pour la gouvernance, même si on peut s’arracher les cheveux devant la vitesse d’escargot que prend parfois le processus…

Mais le vrai choc n’est pas dans les salles de réunion austères de l’Union africaine. Il est, en fait, lorsqu’on regarde par les fenêtres. Car, à quelques dizaines de mètres, on voit monter à un rythme effréné un immense gratte-ciel entouré de grandes banderoles en Chinois. Il ne s’agit pas de la future ambassade de l’Empire du milieu. Non : il s’agit du futur siège de l’Union africaine, que construisent jour et nuit, sept jours sur sept, une armée de travailleurs chinois, et financé entièrement par Pékin. Ce morceau de verre et d’acier posé sur le sol éthiopien résume sans doute à lui seul la chance et le défi africains.

La chance, c’est celle d’avoir trouvé en Pékin un partenaire de choix qui investit et modernise à tour de bras un continent qui a bien besoin d’infrastructures pour son décollage économique, à l’heure où les bailleurs occidentaux comptent leurs sous. L’économie africaine vit de plus en plus à l’heure asiatique, et la croissance arrogante du géant chinois entraine dans son sillage le décollage du continent Noir.

Le défi sera pour le continent de planter à son tour ses griffes dans le commerce mondial et de peser de son vrai poids dans les décisions planétaires. Avec une économie représentant 3% des échanges internationaux et des institutions, telles l’Union africaine, encore fragiles, le continent parait loin de cette vision. Et pourtant…

Avec une population qui va bientôt dépasser celle de la Chine, des réserves pétrolières et minières qui lui sont largement supérieures, une élévation spectaculaire du niveau d’éducation depuis 10 ans, une multiplication des « succès stories » entrepreneuriales, une forêt, le bassin du Congo, qui représente le deuxième poumon vert de la planète, et surtout, avec le réveil des peuples africains, qui ont soif de transparence, de démocratie et ne veulent plus jouer les seconds couteaux sur la scène internationale, les ingrédients sont peut-être réunis. Et si le lion africain détrônait le dragon chinois ?

Rejoindre ONE

Rejoignez le combat contre l'extrême pauvreté

Rejoignez le combat contre l'extrême pauvreté

Lorsque vous indiquez vos coordonnées, vous acceptez la politique de confidentialité de ONE, et notamment le transfert de vos informations aux serveurs de ONE.org aux Etats-Unis.

Vous souhaitez savoir comment vous pouvez nous aider dans notre combat contre l'extrême pauvreté ?

Inscrivez-vous pour recevoir les emails de ONE et rejoindre les millions de personnes qui agissent à travers le monde pour mettre fin à l’extrême pauvreté et aux maladies évitables. Nous ne nous demandons pas votre argent mais votre voix. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Privacy options
Vous êtes sur-e ? Si vous cliquez sur 'Oui', nous vous tiendrons informés des actions que vous pouvez mener pour faire avancer notre combat. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Lorsque vous indiquez vos coordonnées, vous acceptez la politique de confidentialité de ONE, et notamment le transfert de vos informations aux serveurs de ONE.org aux Etats-Unis.

Vous recevrez occasionnellement des informations sur nos campagnes. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la politique de confidentialité et les conditions d'utilisation de Google s'appliquent