Lutte contre le sida : tout ce que vous ignorez sur l’épidémie

Tout ce que vous ignorez sur la lutte contre le sida

Pourquoi la crise du sida n’appartient pas encore au passé ?

Même si nous avons gagné des batailles, nous devons garder à l’esprit que la lutte contre le sida est loin d’être terminée. Aujourd’hui, 37,7 millions de personnes vivent avec le virus. rien que l’année dernière, 1,5 million de personnes supplémentaires ont été infectées. Il existe encore de nombreux obstacles au dépistage et à l’accès au traitement du VIH : 12,6 millions de personnes séropositives n’ont toujours pas accès aux médicaments antirétroviraux.

Les fragilités économiques facilitent la transmission du VIH et les conséquences économiques du COVID-19 ont creusé les inégalités à l’origine des risques d’infection chez de nombreuses populations vulnérables. La pandémie a déjà poussé 97 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté rien qu’en 2020.

Si les inégalités et la pauvreté continuent de s’aggraver au sein des populations vulnérables, le risque de contracter le VIH/sida augmente également et pourrait entraîner une augmentation des nouvelles infections dans les années à venir.

Les chiffres nous montrent l’ampleur du problème, et témoignent de l’urgence d’agir pour mettre fin à l’épidémie.

LE VIH/SIDA

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) attaque et détruit les cellules immunitaires, ce qui affaiblit la capacité du corps à se défendre contre les infections et d’autres maladies. S’il n’est pas traité, le VIH peut se muter en syndrome d’immunodéficience acquise (Sida). Le sida est la phase la plus grave de l’infection du VIH. Plus qu’une seule maladie, il se présente comme un amas de différents symptômes quand le nombre de cellules C4 de la personne séropositive chute trop bas, réduisant radicalement son espérance de vie. Le terme de VIH/sida est utilisé à la fois pour décrire le virus ainsi que les symptômes et maladies qu’il cause.

Le VIH se propage d’une personne à une autre par le contact avec certains fluides corporels, généralement suite à des rapports sexuels ou l’utilisation d’aiguilles. Bien qu’il n’existe pas encore de traitements contre le VIH, il peut être contenu grâce à des traitements antirétroviraux (ARV) dont la prise quotidienne peut considérablement rallonger l’espérance de vie de la personne séropositive et réduire ses risques de contagion.

Les préservatifs, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) et la circoncision médicale volontaire chez les hommes sont des méthodes hautement efficaces qui peuvent être utilisées pour réduire les risques d’attraper le VIH.  Des interventions de sensibilisation ou d’actions sanitaires, comme une éducation sexuelle renforcée et les programmes d’échange de seringues (PES), peuvent aussi contribuer à faire changer les comportements et à lutter contre la propagation du VIH.

Il y a trente ans, le VIH/sida s’est rapidement propagé partout dans le monde. Recevoir le diagnostic, c’était comme être condamné à mort. Trois décennies plus tard, nous avons fait d’énormes progrès : le nombre de décès liés au sida a été réduit de moitié. Malheureusement, ces avancées ont créé un sentiment de sécurité illusoire qui menace notre capacité à mettre fin à l’épidémie.

Le sida au niveau mondial

  • Le VIH/sida a tué environ 36,3 millions de personnes. Un chiffre qui équivaut à celui de la population du Maroc.
  • Aujourd’hui, environ 37 millions de personnes sont séropositives.
  • Selon l’OMS, en 2020, 1,5 million de personnes ont été infectées par le VIH et 680 000 personnes sont mortes de causes liées au VIH. Soit près de 2 000 personnes par jour.
  • Chaque semaine, environ 5 000 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées parle VIH.
  • Près de 1000 jeunes femmes sont infectées par le VIH chaque jour. Soit 40 femmes par heure
  • Seulement environ la moitié des enfants séropositifs reçoivent un traitement.

Le sida en Afrique subsaharienne 

  • En Afrique subsaharienne, les femmes et les filles représentaient 63 % de toutes les nouvelles infections au VIH.
  • Les jeunes femmes et adolescentes représentent 1 infection sur 4 en Afrique subsaharienne.
  • L’Afrique subsaharienne concentrait près des deux tiers des victimes du VIH/sida au niveau mondial.

Les impacts du covid sur la lutte contre le sida

Même avant le COVID-19, ONUSIDA avait prévenu que le monde n’atteindrait aucun des objectifs fixés pour 2020 en matière de progrès accomplis pour mettre fin à l’épidémie du sida.

Aujourd’hui, le COVID-19 impacte en premier lieu les personnes atteintes du VIH, puisqu’elles sont plus à risque de développer une forme grave du COVID-19 si elles en sont infectées. Les premières données issues d’études menées en Angleterre et en Afrique du Sud suggèrent que les personnes vivant avec le VIH sont deux fois plus susceptibles de décéder du COVID-19. Elles sont également plus susceptibles de contracter des formes sévères de maladies.

De plus, les mesures de confinement et de distanciation sociale affectent la capacité des personnes séropositives à accéder aux services de santé essentiels. Le nombre de personnes touchées par les programmes de prévention du VIH a diminué de 11 % et le dépistage du VIH/sida dans le cadre des programmes soutenus par le Fonds mondial a baissé de 22 % entre 2019 et 2020. Ce dernier estime notamment que 37 millions de tests VIH supplémentaires auraient pu être administrés en 2020 s’il n’y avait pas eu la pandémie.

Ces perturbations ont des conséquences mortelles : si les systèmes de santé s’effondrent ou si les services de traitement et de prévention sont interrompus, le nombre de décès dus au VIH, à la tuberculose, au paludisme et à d’autres maladies pourrait dépasser celui des décès dus au COVID-19 lui-même. Une interruption de six mois de la thérapie antirétrovirale contre le VIH pourrait entraîner plus de 500 000 décès supplémentaires dus à des maladies liées au sida, y compris la tuberculose, en Afrique subsaharienne.

Comment les leçons tirées en matière de lutte contre le sida peuvent-elles nous aider à mettre fin au COVID-19 ?

Près de quatre décennies après le début de la lutte contre le sida, de nombreux enseignements peuvent être appliqués à d’autres maladies infectieuses. En voici trois qui devraient être pris en compte dans la réponse au COVID-19 :

  • Les inégalités en matière de santé doivent être anticipées, reconnues et prises en compte. Les nouvelles infections par le VIH se concentrent de plus en plus parmi les personnes et les pays les plus pauvres, ainsi que les populations les plus vulnérables comme les femmes, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les travailleuses et travailleurs du sexe. De la même façon, le COVID-19 touche plus particulièrement certains groupes et nécessite donc une réponse non pas uniforme, mais adaptée aux vulnérabilités de chaque groupe.
  • Dès que de nouveaux traitements et des vaccins sûrs et efficaces seront mis sur le marché, ils devront être disponibles pour tous les groupes vulnérables, quel que soit l’endroit où ils vivent. La lutte contre le sida a tragiquement démontré les effets d’une logique de marché qui détermine l’accès aux soins de santé. Lorsque des traitements efficaces contre le sida ont été découverts, il a fallu près de deux décennies pour qu’ils deviennent facilement accessibles aux populations les plus touchées en Afrique, en partie à cause de prix trop élevés et de lois contraignantes sur les brevets. Nous risquons de voir le même phénomène apparaître avec le COVID-19, alors qu’un petit groupe de pays riches – qui représente seulement 13% de la population mondiale – a déjà acheté plus de la moitié des stocks de vaccins prévus. Les dirigeantes et dirigeants politiques doivent donner la priorité d’accès aux innovations en matière de santé pour les personnes qui en ont le plus besoin, et pas seulement celles qui en ont les moyens.
  • Le leadership politique est primordial. Au début de la pandémie de sida, de nombreux gouvernements ont refusé pendant des années de reconnaître l’existence du virus et de sa létalité, ce qui a contribué à alimenter la stigmatisation et à contrecarrer les efforts de prévention et de changement des comportements. Pour le COVID-19, l’action politique a été plus réactive. Une coalition d’institutions internationales a mis en place un dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre le COVID-19 (ACT-A) afin de fournir une réponse mondiale coordonnée à la pandémie. Mais le leadership a parfois échoué, lorsque la politisation du virus a pris le pas sur la science et des vies ont été inutilement perdues. Les dirigeants mondiaux doivent écouter la science et collaborer au-delà des frontières pour faire progresser les efforts collectifs.

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