Éducation

Parmi les 61 millions d’enfants toujours non scolarisés dans le monde, 95% vivent dans des pays en développement.

Le Défi

Le manque d’accès à une éducation de qualité empêche plusieurs millions de personnes à travers le monde de sortir du cycle de l’extrême pauvreté. La plupart des 59 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire qui sont hors du système scolaire comptent parmi les plus pauvres et les plus marginalisés. Plus de la moitié d’entre eux sont des filles et la plupart vivent dans des pays en conflit ou en zone rurale. Par conséquent, et malgré les progrès importants accomplis, l’objectif visant à assurer une éducation primaire universelle ne sera pas atteint en 2015.

Bien que de nombreux gouvernements aient éliminé le plus grand obstacle à la scolarisation en supprimant les frais de scolarité, d’autres freins financiers empêchent encore beaucoup d’enfants parmi les plus pauvres de fréquenter l’école, tels que les uniformes et les frais d’examen. Pour de nombreuses familles pauvres, les avantages à long terme de la scolarisation de leurs enfants – surtout les filles – sont contrecarrés par le bénéfice immédiat de les faire travailler ou de les garder à la maison pour aider aux tâches ménagères.

De nombreux pays dans lesquels la scolarisation primaire a rapidement progressé n’ont pas été capables de réaliser les investissements nécessaires pour maintenir une éducation de qualité : recrutement et formation des maîtres, agrandissement des salles de classe et achat de matériel. C’est en Afrique subsaharienne que la pénurie est la plus grande : 1,4 million d’enseignants supplémentaires auraient été nécessaires pour atteindre l’objectif d’éducation primaire universelle d’ici la fin 2015.

Sur les 138 pays pour lesquels des données étaient disponibles en 2012, 24 d’entre eux (24 dont 21 situés en Afrique subsaharienne) avaient un ratio élèves/enseignant dépassant 40 pour 1 dans l’enseignement primaire. Le ratio élèves/enseignant en Afrique subsaharienne demeure de 40 pour 1, alors qu’il était de 42 pour 1 en 2013. Ces raisons expliquent que la qualité de l’enseignement dans la région reste faible et que de nombreux enfants quittent l’école primaire sans un niveau d’alphabétisation et de compétences mathématiques de base. Actuellement, 250 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire sont incapables de lire ou écrire, qu’ils soient à l’école ou pas.

Dans les pays où les salles de classe sont surchargées, où les fournitures scolaires sont rares et où les chances de passer au secondaire sont limitées, de nombreux enfants décrochent. Les enfants ayant fini leurs études primaires sont particulièrement rares en Afrique subsaharienne.

La parité des sexes est un autre défi qui concerne particulièrement l’enseignement secondaire et qui a connu peu de progrès depuis 1999. En Afrique subsaharienne, le taux d’inscription au secondaire des filles comparé à celui des garçons a augmenté de façon insuffisante depuis 1999 : pour 100 garçons inscrits, il y a 88 filles inscrites. Le mariage précoce ainsi que les grossesses durant l’adolescence représentent toujours pour les filles un obstacle majeur à l’accès à l’éducation.

Possibilités

Les recherches montrent que les investissements en enseignement, avec un accent sur celui à l’intention des filles, pourrait être parmi les plus efficaces dans les pays en développement. En fournissant un savoir et des compétences aux enfants, l’éducation produit un rendement sociétal considérable.

D’après les derniers chiffres de 2011 de la Banque Mondiale, en augmentant de 1 % le nombre de femmes ayant fréquenté l’école secondaire, les pays pourraient accroître de 0,3 % leur revenu annuel par habitant.

On estime que si toutes les femmes terminaient leur éducation primaire, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans diminuerait de 15 % dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. La vie de presque un million d’enfants pourrait ainsi être sauvée chaque année. L’éducation secondaire a un impact encore plus important. On estime que si toutes les filles de ces pays achevaient leur éducation primaire, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans chuterait à 49 %, sauvant la vie de 3 millions d’enfants chaque année. De plus, une étude réalisée en Ouganda a démontré que les enfants ayant terminé leur risquaient sept fois moins d’être contaminés par le virus du VIH que ceux qui sont peu ou pas instruit. En outre, l’éducation est l’un des éléments constitutifs d’une société forte et cohésive. Selon une étude menée dans cent pays, l’éducation des filles et la réduction de l’inégalité entre les sexes peuvent favoriser la démocratie.

Ces dernières années, de nombreux gouvernements, y compris ceux des pays les plus pauvres, ont reconnu le potentiel de l’enseignement en faisant de nouveaux investissements considérables dans ce secteur. De nombreux pays d’Afrique subsaharienne, par exemple, ont consacré à l’enseignement une partie des milliards de dollars US libérés par l’allègement de la dette. Conjointement à l’aide au développement pour l’éducation, les économies réalisées grâce à l’allègement de la dette en Afrique subsaharienne ont contribué à scolariser 60 millions d’enfants de plus à l’école primaire, qui ont fait leur première rentrée entre 2000 et 2013. De nombreux progrès ont aussi été réalisés en matière d’égalité des sexes par rapport ‘a la projection selon laquelle 69 % des pays atteindront la parité en éducation primaire d’ici 2015.

En plus de l’allègement de la dette, les donateurs ont reconnu l’importance du rôle qu’ils jouent dans leur soutien aux gouvernements qui s’engagent à étendre l’accès à l’éducation. Au Forum mondial sur l’éducation de Dakar en 2000, les donateurs et les pays en développement ont établi les objectifs de l’Éducation pour tous (EPT) et ont fixé à 2015 l’échéance pour atteindre l’éducation primaire universelle. Même si cet objectif ne sera pas atteint, des progrès majeurs ont eu lieu : 91 % des enfants en âge d’aller à l’école sont maintenant scolarisés, l’augmentation la plus importante ayant eu lieu en Afrique subsaharienne. En 1999, le taux d’inscription net ajusté au primaire était de 59 % et de 78 % en 2013. Les pays donateurs et ceux en développement ont pris un engagement : si les pays en développement mobilisent les ressources politiques et financières nécessaires pour mettre en place l’école primaire gratuite et obligatoire d’ici 2015 et s’ils créent des projets éducatifs crédibles et réalisables, les donateurs fourniront le savoir-faire technique et le financement supplémentaire nécessaires. Cet accord a été réaffirmé lors des trois sommets du G8 suivants, et notamment en 2008 à Hokkaido.

Ces accords ont donné naissance à la toute première Convention mondiale sur l’Éducation en 2002. Le Partenariat mondial pour l’Éducation, anciennement connu sous le nom d’Initiative de Mise en œuvre accélérée de l’Éducation pour tous (FTI – Fast Track Initiative), est un partenariat entre donateurs et pays en développement. Son objectif est d’accélérer les progrès vers une éducation primaire universelle de qualité. Le Partenariat mondial coordonne les financements bilatéraux et multilatéraux en hausse, des pays dont les programmes d’enseignement ont été vérifiés et approuvés par un groupe d’experts et de pays donateurs.

Les pays partenaires ont fait des progrès remarquables vers l’éducation primaire universelle au cours des dernières années. Depuis 2002, 51 millions d’enfants de plus des pays membres du Partenariat mondial ont été scolarisés au primaire partout dans le monde. Malgré ces résultats encourageants, le Partenariat mondial est confronté à un manque de financement persistant. Le leadership des donateurs est nécessaire au Partenariat mondial pour financer leur fonds multilatéral, encourager l’aide bilatérale pour l’éducation et apporter un financement prévisible pour les programmes d’enseignement dans les pays partenaires, au cours des trois prochaines années, conformément à son plan stratégique triennal pour 2015-2018.

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