La prévalence des MGF a baissé considérablement chez les filles africaines
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La prévalence des MGF a baissé considérablement chez les filles africaines

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Cet article a initialement été publié sous la plume de Lin Taylor et adapté par Lyndsay Griffiths pour la Thomson Reuters Foundation.

La prévalence des mutilations génitales féminines a connu une baisse considérable au sein des jeunes populations africaines au cours du siècle présent si on en croit les chercheurs. Toutefois, selon des militantes prenant la parole mercredi, les adolescentes et les jeunes femmes risquent toujours d’être soumises à cette pratique préjudiciable.

« Des pairs-éducateurs utilisent les modèles illustrés ici pour sensibiliser les collectivités au Burkina Faso aux différents types de MGF et à leurs conséquences préjudiciables. » (image via DFID)

Connue sous le nom de MGF, la mutilation génitale féminine est un rituel qui comporte habituellement l’excision partielle ou totale des organes génitaux externes, y compris le clitoris. Cette pratique est un rite de passage dans plusieurs sociétés et vise souvent à promouvoir la chasteté. Elle peut être la cause de douleurs chroniques, de problèmes menstruels, d’infections du tractus urinaire récurrentes, de kystes et d’infertilité. Elle peut entraîner des hémorragies ou des infections mortelles. Elle peut aussi, plus tard dans la vie, entraîner des complications fatales liées à l’accouchement.

Après analyse de données recueillies sur plus de 20 ans, BMJ Global Health a constaté dans une étude « une baisse considérable et significative » des MGF chez les moins de 14 ans partout en Afrique.

C’est en Afrique de l’Est qu’on constate la chute de prévalence la plus importante, passant à 8 % en 2016 de 71 % qu’elle était en 1995 selon l’étude du BMJ publiée mardi.

En Afrique du Nord, les taux de prévalence étaient de 14 % en 2015 alors qu’ils étaient de près de 60 % en 1990 selon le rapport. En Afrique de l’Ouest, les taux étaient de 25 % en 2017 comparativement à 74 % en 1996.

L’organisme des Nations Unies pour l’enfance, UNICEF, estime qu’à l’échelle mondiale 200 millions de filles et de femmes ont subi des MGF, le plus grand nombre se trouvant en Afrique et dans certains pays du Moyen-Orient.

CE SONT DE BONNES NOUVELLES, MAIS…

Les organisations militantes ont bien accueilli la nouvelle de la chute de la prévalence, mais souligné que les MGF touchent aussi les adolescentes et les jeunes femmes, des cohortes ignorées par l’étude.

« Nous sommes ravies de la baisse constatée dans plusieurs pays » a déclaré Emma Lightowlers, porte parole pour le groupe 28TooMany qui mène des recherches sur les MGF en Afrique.

« Mais on ne dit pas tout ce qui en est, il y a d’autres groupes qui pratiquent les mutilations sur des filles et femmes de plus de 14 ans, des adolescentes ou même des femmes qui s’apprêtent à se marier » a-t-elle dit à la Thomson Reuters Foundation.

Julia Lalla-Maharajh, fondatrice du projet Orchid qui milite contre les mutilations, est du même avis.

« Des efforts croissants pour mettre fin à cette pratique sont efficaces, mais les fillettes de ces groupes pourraient tout de même y être exposées plus tard dans leur vie » a-t-elle écrit dans un courriel à la Thomson Reuters Foundation.
Bien que les fillettes de moins de 14 ans soient le plus à risque, les recherches devraient aussi porter sur celles entre 15 et 19 ans selon l’organisme caritatif britannique Forward qui offre un soutien aux survivantes des MGF des collectivités africaines.

« Ces données ne devraient pas être une excuse pour relâcher nos efforts et dire que toutes ces filles ne courent plus de risque » dit Naana Otoo-Oyortey, directrice de Forward. « Nous devons travailler à assurer que ces filles reçoivent un soutien et soient protégées contre les MGF. »

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