L’histoire de Patricia : une mère qui se bat pour améliorer l’avenir de #ToutesLesFilles à travers le monde.
HIV/AIDS

L’histoire de Patricia : une mère qui se bat pour améliorer l’avenir de #ToutesLesFilles à travers le monde.

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Par Patricia Asero Ochieng

J’ai appris que j’étais séropositive en 1990. Je venais d’avoir 22 ans, et je m’étais rendue dans un hôpital local de Nairobi pour donner naissance à ma fille, Consolata. C’est à ce moment-là qu’une équipe de chercheurs est venue me faire une prise de sang. On ne m’a pas dit pourquoi, mais j’étais tellement épuisée après la naissance de ma fille que je n’y ai pas prêté attention.

Deux semaines plus tard, j’ai reçu une lettre m’invitant à me rendre dans un centre de santé pour discuter des résultats. C’est ce jour-là que j’ai appris que j’étais séropositive et que j’avais problablement transmis le virus à ma magnifique fille. Rien n’aurait pu me préparer à cette terrible nouvelle.

PatriciaConsulata-4752À l’époque, la maladie était mal connue. Tout ce que je savais, je l’avais appris sur les panneaux d’information dispersés dans la ville de Nairobi, couverts d’images de squelettes et de cercueils. La maladie était fatale. Tout le monde pensait qu’une fois le virus contracté, la mort était inévitable.

De retour chez moi, j’ai reçu beaucoup de soutien de la part de mes parents et mes amis – ils ne m’ont pas abandonnée. J’ai eu la chance d’être bien entourée, mais pour la majorité des filles ici, au Kenya, c’est une autre histoire.

Heureusement, à l’âge de 23 ans, le vent a tourné : j’ai enfin obtenu les conseils nécessaires pour faire face au diagnostic. J’ai réalisé que tout n’était pas perdu. Je me suis renseignée et j’ai appris que je pouvais faire quelque chose, qu’il était possible de se soigner et de vivre malgré la maladie. C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision de reprendre ma vie en main.

Je suis devenue une militante contre le VIH.


PatriciaConsulata-4781Au début de mes actions de plaidoyer, lorsque je suivais une formation de conseillère, seules quelques centaines de personnes bénéficiaient d’un traitement contre le VIH au Kenya. Désormais, grâce au soutien d’initiatives telles que le Fonds mondial, nous sommes parvenus à mieux informer les communautés, à leur proposer des plans de traitement adaptés et des médicaments plus abordables. Aujourd’hui, ce sont près de 700 000 personnes qui sont soignées à travers le pays.

Ces progrès sont incroyables, mais nous devons poursuivre nos actions pour s’assurer que chaque personne séropositive soit prise en charge – plus particulièrement les filles et les femmes, qui ont trois fois plus de risques d’être touchées par le virus que les hommes du même âge au Kenya. Cette situation est inacceptable.

Les violences liées à la pauvreté et aux inégalités entre les sexes ont un impact considérable sur les taux élevés de transmission du VIH constatés chez les jeunes adolescentes dans la région. Pourquoi ? Parce que ces jeunes femmes et filles ne connaissent pas leurs droits. Elles n’ont pas reçu d’éducation sexuelle pour apprendre à se protéger, et vivent trop souvent dans des ménages financièrement instables. Beaucoup ont perdu leurs parents et doivent s’occuper seules de la famille et du foyer, nourrir et habiller leurs frères et sœurs, les envoyer à l’école et s’assurer qu’ils sont en bonne santé.

Ces jeunes filles doivent prendre des décisions difficiles au quotidien et n’ont malheureusement pas d’autre choix que de se faire exploiter… parfois même par des voisins, des amis ou des membres de la famille, qui les marient ou les prennent comme aides ménagères. L’inceste et le viol font partie de leur quotidien et poussent une grande majorité de ces jeunes filles à penser que tout espoir est perdu.

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Ma voix peut contribuer à changer la donne, je le sais, et je souhaite aider les jeunes filles à prendre conscience qu’elles doivent faire entendre la leur. Je veux qu’elles comprennent qu’elles ont des droits et qu’elles doivent les faire valoir. Mais je ne peux pas y arriver seule.

Nous devons convaincre un maximum de personnes de rejoindre notre mouvement. Ce sont les militants qui ont permis de faciliter l’accès aux traitements, de faire avancer la recherche et de trouver des financements. Leur rôle vital a permis de concrétiser une grande partie des progrès actuels, et aujourd’hui, nous faisons appel à vous.

PatriciaConsulata-4739Grâce au Fonds mondial, j’ai pu, en tant que mère atteinte du VIH, m’occuper de mes trois enfants, les scolariser et leur donner toutes les chances de mener une vie digne. Si je n’avais pas reçu le traitement dont j’avais besoin, si les gouvernements du monde entier n’avaient pas financé le Fonds mondial, je ne serais plus là aujourd’hui. Je n’aurais pas été capable d’éduquer ma fille, Consolata, qui fait preuve d’un courage incroyable et s’implique dans la communauté en aidant des jeunes filles qui, comme elle, vivent avec le VIH.

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Consolata et moi-même adressons une lettre ouverte au Premier ministre canadien Justin Trudeau qui accueillera à Montréal, en septembre prochain, la conférence des donateurs du Fonds Mondial en vue d’intensifier les efforts dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Dans cette lettre, je l’appelle à continuer son combat contre le sida.

Vous aussi vous pouvez agir. Rejoignez notre combat et signez notre lettre ouverte pour appeler les dirigeants mondiaux à protéger #ToutesLesFilles du sida.

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