Le Rapport DATA 2017 : Financer ce qui devrait être le siècle de l’Afrique
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Le Rapport DATA 2017 : Financer ce qui devrait être le siècle de l’Afrique

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Aujourd’hui marque le lancement du 12e Rapport DATA annuel qui est la publication phare de ONE qui effectue un suivi du financement du développement et confronte les leaders mondiaux à leurs engagements. Le rapport de 2017, sous-titré « Financer ce qui devrait être le siècle de l’Afrique » arrive à un moment où l’Afrique a de moins en moins de marge de manœuvre pour profiter pleinement de possibles dividendes démographiques. La population du continent devrait doubler d’ici 2050, et les investissements en éducation, en emploi et en autonomisation de la jeunesse devraient constituer des priorités.

Ce qui inquiète, c’est que l’Afrique pourrait rater cette occasion. Le rapport de cette année révèle que les pays les plus pauvres reçoivent une part décroissante des ressources financières mondiales.

Bien qu’à l’échelle mondiale l’aide publique au développement (APD) ait atteint un sommet record de 140,1 milliards de dollars, la plupart des gens dont les besoins semblent les plus urgents sont laissés pour compte. La proportion de l’aide qui va aux pays les moins avancés (PMA) est en chute libre passant de 32 % en 2013 à 28 % en 2016, alors que le pourcentage de l’aide destinée à l’Afrique a chuté de 33 % en 2015 à 32 % en 2016. Entre-temps, les pays donateurs dépensent une partie croissante de l’aide qu’ils accordent au soutien de réfugiés et de demandeurs d’asile dans leurs propres pays. Il est certes indiqué de loger et d’assurer la sécurité des réfugiés, mais cela ne doit pas se faire au détriment des plus pauvres d’Afrique.

Parallèlement, les revenus nationaux des pays d’Afrique ont chuté d’un sommet de 568 milliards de dollars en 2012 à 434 milliards de dollars en 2015. Cette baisse de 24 % (en prix actuels) est particulièrement alarmante parce que les recettes nationales sont la plus importante source de financement, et la plus durable, pour lutter contre la pauvreté. De plus, les pays africains ne respectent pas leurs engagements d’investissement en santé, en éducation et en agriculture, ce qui serait essentiel pour tirer parti des dividendes démographiques.

Une famille de l’association coopérative de production de riz Okyereko au Ghana. (Crédit Photo : Morgana Wingard/ONE)

Le financement privé, national ou international, est essentiel à la création de bons emplois. Cependant, les mouvements d’investissements directs étrangers (IDE) évoluent en dents de scie et demeurent les plus bas que dans toute autre région du monde. À l’échelle mondiale, pour chaque dollar en IDE, seulement trois sous vont vers l’Afrique. De plus, la grande majorité des sommes en IDE ne se rendent pas aux plus nécessiteux. Six pays, dont cinq sont riches en ressources, reçoivent 75 % de l’IDE destiné à 42 pays moins avancés et fragilisés d’Afrique.

Il faut immédiatement inverser ces tendances à la baisse. En guise de premier pas, ONE a appelé les pays à doubler toutes les formes de financement du développement d’ici 2020 pour tenir compte du doublement de la population du continent. Le financement de ce siècle de l’Afrique exige des efforts concertés et des partenariats entre les gouvernements africains, les donateurs d’aide, la société civile et le secteur privé.

C’est le temps d’agir. Consultez le rapport ici

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