COVID-19

Si nous devons lutter seuls, nous n’avons aucune chance

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Le Dr Isaac Olufadewa est directeur administratif de l’Initiative pour les bidonvilles et la santé rurale au Nigeria. Nous l’avons interviewé dans le cadre de notre série #PassTheMic

Voici quelques-uns de ses propos.

En Afrique, non seulement nous devons faire face à la crise du coronavirus, mais nous devons aussi composer avec des systèmes de santé en proie à de véritables difficultés.

Si l’on considère certains des problèmes auxquels nous sommes confrontés en ce moment, il apparaît que la désinformation et les fausses nouvelles sont un véritable combat. Tant que ces questions ne seront pas abordées, les gens ne seront pas enclins à recevoir des services, même si ceux-ci sont gratuits. C’est pourquoi je me suis vraiment investi dans la diffusion d’informations précises sur les soins de santé et leur traduction dans les langues locales.

Quant aux gouvernements africains proprement dits, rares sont ceux qui disposent d’installations de dépistage et d’équipements suffisants et adéquats, notamment de protection individuelle (EPI).

Les besoins actuels et ce dont il faut tenir compte

En outre, il est vraiment important d’accroître les capacités de dépistage des pays africains. Au Nigeria, moins de 15 000 tests de dépistage du coronavirus ont été effectués à ce jour, alors que notre pays compte plus de 200 millions d’habitants. En revanche, l’Afrique du Sud a effectué plus de 250 000 tests de dépistage. Bien que le Nigeria ne revendique que 2 500 cas de coronavirus, nous savons que ce chiffre est bien plus élevé encore.

Nous devrions également accroître les fournitures destinées aux médecins de première ligne. Car sans EPI, masques et gants, les hôpitaux deviendront des vecteurs de ces maladies. L’État dans lequel je vis dispose du plus grand centre hospitalier du Nigeria, et 60 % des cas recensés à ce jour dans ma région y remontent. Voilà qui est très préoccupant.

En ces temps de crise, la chaîne des autres services de santé n’est pas épargnée.

En ces temps de crise, la chaîne des autres services de santé n’est pas épargnée. Par exemple, les services de lutte contre le VIH sont suspendus en cette période de confinement. Je m’inquiète également de la santé reproductive, des vaccinations de routine des enfants et des services de santé destinés aux femmes.

Nous devons veiller à ce que ces services soient fonctionnels. Dans le cas contraire, il est probable qu’une telle négligence fasse plus de victimes que la crise du coronavirus elle-même.

Les pays ne peuvent affronter seuls cette situation

Je considère que nous devons coordonner notre action dès maintenant. Les pays ne peuvent affronter seuls cette situation. Si le Nigeria doit lutter seul, nous n’avons aucune chance. Voilà toute la vérité.

Le Centre de contrôle des maladies du Nigeria a déjà signalé le manque d’EPI, de lits et de cellules d’isolement auquel nous sommes confrontés. Nous savons que cela coûte de l’argent. C’est pourquoi il faut absolument accorder une aide économique ou proposer un plan de relance aux pays concernés.

Il est également très difficile pour les communautés des bidonvilles du Nigeria et d’autres régions d’Afrique de suivre la distanciation physique recommandée. Il n’est pas concevable de parler d’hygiène et d’assainissement quand les gens n’ont même pas l’eau courante. Comment pouvons-nous protéger les enfants qui mendient dans les rues ? Que dire du niveau d’analphabétisme au Nigeria ?

J’ai peine à imaginer la présence du virus dans les bidonvilles, qui sont vraiment des endroits surpeuplés. Cela m’inquiète.

À titre de citoyens, nous devons tenir le gouvernement responsable de ses plans pour l’avenir.

Nous devons donc, à titre de citoyens, tenir le gouvernement responsable de ses plans pour l’avenir. Malheureusement, en raison de pressions sociales, le gouvernement s’affaire déjà à assouplir ses mesures de confinement dans l’ensemble du pays.

Nous devons aussi nous enquérir de l’utilisation de l’argent reçu pour lutter contre la COVID-19. Par exemple, nous devons chercher à savoir comment sont dépensés les quelques millions de dollars reçus de l’Organisation mondiale de la santé, ou toutes autres contributions de philanthropes.

Nous devons passer des paroles aux actes

Dans l’ensemble, je suis optimiste quant à la situation de l’Afrique. J’ai récemment signé une lettre ouverte aux Nations unies appelant à la création d’un groupe de travail sur l’équité mondiale. J’ai également pris connaissance de messages d’autres pays, reconnaissant la faiblesse de nos systèmes de santé et la nécessité de faire quelque chose pour y remédier.

Je constate que des gens veulent s’attaquer au problème et cela me procure un certain espoir.

J’ai aussi lu divers articles de recherche. L’un d’entre eux m’a particulièrement interpellé en mentionnant, notamment, qu’il ne fallait pas répéter les erreurs commises pendant la pandémie de VIH/sida. En Afrique subsaharienne, quand le reste du monde aura tourné la page, la lutte contre le VIH/sida sera toujours d’actualité. Je constate donc que des gens veulent s’attaquer au problème et cela me procure un certain espoir.

Néanmoins, j’entends beaucoup parler, mais qui a fait quoi ? La création d’un groupe de travail sur l’équité mondiale pour garantir un accès équitable aux soins de santé pendant la COVID-19 sera évoquée, mais que fait-on pour la mettre en place ?

Nous devons impérativement passer des paroles aux actes.

Ces extraits de l’interview ont été adaptés par souci de longueur et de clarté.

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