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« La seule façon de combattre l’injustice est d’agir. »

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Aya est une féministe panafricaine, blogueuse de renommée mondiale et une de nos porte paroles pour la campagne Lettre ouverte qui milite en faveur de l’égalité des sexes. Elle est une ardente défenseure de l’autonomisation des jeunes qui deviennent des agents de changement, et est la fondatrice du volet jeunesse du Holistic Empowerment Mentoring (Y PHEM), de l’Afrika Youth Movement (AYM), un des plus importants mouvements panafricains issus des jeunes, et d’Afresist, un programme de développement du leadership chez les jeunes.

Aya s’est récemment rendue à Berlin et à Paris en appui aux filles et aux femmes lors du Sommet des femmes W7. Voici ce qu’elle a fait et pourquoi elle continue de lutter pour l’égalité des femmes.

Je crois que la seule façon de combattre l’injustice est d’agir.

C’est pourquoi je me suis associée à ONE et contribué à une lettre ouverte à l’instar de 44 autres militantes. Nous demandons aux dirigeants mondiaux qui seront présents au Sommet du G7 en août ce qui suit :

  • s’engager à constituer une enveloppe budgétaire affectée à l’égalité des sexes, axée sur la situation des filles et des femmes en Afrique, ce qui aidera à combler l’écart entre les sexes;
  • créer des mécanismes qui facilitent l’adoption de lois et politiques innovantes visant l’égalité entre les sexes et avoir recours à des pratiques budgétaires sexospécifiques;
  • établir un cadre permettant d’éliminer les iniquités à l’échelle mondiale et de faciliter à l’échelle de la planète des échanges porteurs d’une plus grande égalité entre les sexes.

À titre d’une des porte-paroles de la campagne, j’exprime ma solidarité envers toutes les femmes qui sont aux premières lignes du combat pour l’égalité des sexes. Et en qualité de cosignataire, tout comme 44 autres signataires de 15 pays du continent africain, nous exigeons des progrès réels d’envergure en signant cette lettre ouverte.

Les pays du G7 représentent 58 % de la valeur nette mondiale, et comprennent le Canada, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Italie et le Japon. Ces pays se réunissent chaque année à l’occasion d’un sommet pour discuter des enjeux économiques, ce qui leur donne un immense pouvoir d’amener des changements et de défendre l’égalité entre les sexes.

Lors de la plus récente réunion ministérielle, des mouvements féministes de la société civile ont tenu le Sommet des femmes W7. Le Sommet W7, qui a réuni 400 féministes d’une centaine d’organisations, avait été lancé à l’automne 2018 après un appel à la mobilisation lancé par des organismes de la société civile des pays du G7 et des pays du Sud dans la foulée du mouvement du Sommet W7. J’ai eu l’honneur de participer à cet événement, que j’ai toutefois précédé de rencontres importantes.

Parler d’égalité à Berlin

J’ai entamé mon périple à Berlin. Lors d’un petit-déjeuner de discussion avec des journalistes allemands, nous avons parlé des décisions fermes que le G7 pouvait et devait prendre pour assurer que les filles et les femmes d’Afrique aient des droits égaux. Ces pays doivent aussi assurer que la pauvreté extrême soit vaincue en mobilisant les jeunes, notamment les jeunes femmes d’Afrique, pour qu’ils participent aux processus décisionnels.

Plus tard, ce même jour, j’ai rencontré des influenceuses d’opinion allemandes dont les actrices Katja Riemann et Jeannine Michaelsen, et les militantes féministes Kristina Lunz et Diana Kinnert. Nous avons abordé les priorités pour les femmes en Afrique en partageant nos points de vue et nos expériences concernant les grands enjeux. Nous avons aussi parlé de l’importance d’une hausse de l’aide publique au développement (APD) et d’un meilleur aiguillage vers des projets féministes issus de la base et dirigés par des jeunes.

Aya Chebbi, envoyée jeunesse de l’UA, en compagnie d’influenceuses d’opinion. Berlin, mai 2019.

J’ai aussi eu le plaisir de converser avec les ambassadeurs jeunesse de ONE, de discuter des élections au parlement européen et le rôle des politiciens dans l’engagement envers des gestes concrets sur le terrain. J’ai eu l’occasion de me familiariser avec le travail des ambassadeurs jeunesse et leurs activités de lobbying et d’animation de campagnes en faveur de l’autonomisation etr de l’inclusion des femmes.

Aya Chebbi, envoyée jeunesse de l’UA, dialogue avec l’équipe de ONE. Berlin, mai 2019.

Aya Chebbi, envoyée jeunesse de l’UA, discute avec les ambassadeurs de ONE. Berlin, mai 2019.

Sommet des femmes W7

Le lendemain, 9 mai s’ouvrait à Paris le Sommet des femmes W7. J’ai pris la parole devant le groupe de discussion d’EQUIPOP « Women speaking out! Women’s participation in policy-making and decision-making processes. » J’ai eu l’occasion de faire part de mes expériences et défis personnels en tant que jeune femme, que militante et d’envoyée jeunesse du président de la Commission de l’Union européenne.

J’ai fait part de mes réflexions du point de vue d’une féministe panafricaine, notamment sur le rôle que jouent les femmes qui sont aux premières lignes du combat pour l’égalité, bien qu’elles soient exclues des postes de décisions et de responsabilité. Par exemple, des jeunes femmes au Soudan mènent une révolution paisible et demandent l’instauration de la démocratie dans leur pays, mais sont écartées des négociations. La question est donc la suivante: comment faire en sorte que les femmes qui luttent aux côtés des hommes lors d’un combat obtiennent un partage du pouvoir politique qui en résulte?

J’ai formulé des recommandations sur les mariages forcés et précoces, les mutilations génitales féminines (notamment des filles qui ne fréquentent pas l’école), des femmes atteintes du VIH et des femmes dans l’incapacité d’ouvrir un compte bancaire ou d’être propriétaires de terrains. Ces problèmes, pour ne citer que ceux-là, sont des préoccupations majeures sur le plan de la justice sociale.

J’ai aussi expliqué l’autonomisation économique des femmes en empruntant l’analyse du féministe Thomas Sankara: « Nous luttons pour l’égalité de l’homme et de la femme, pas d’une égalité mécanique, mathématique, mais en rendant la femme l’égale de l’homme devant la loi et surtout devant le travail salarié. L’émancipation de la femme passe par l’instruction et l’obtention d’un pouvoir économique. »

En terminant, j’ai lancé un appel au W7 pour qu’il conjugue ses efforts à ceux de ONE et signe la lettre ouverte demandant aux dirigeants mondiaux d’agir résolument pour les filles et les femmes qui vivent en situation de pauvreté extrême. Il est grand temps que la société civile soit vue comme une partenaire pour en arriver à l’égalité des sexes grâce à des engagements concrets, un dialogue ouvert sur les vrais enjeux et des réponses à des questions qu’on ne peut balayer du revers de la main. Ma génération n’a pas 108 ans à attendre pour l’égalité des sexes.

Plus tard en journée, j’ai fait équipe avec les ambassadeurs de ONE et l’actrice belge Déborah François pour rencontrer les ministres responsables de l’égalité des genres. Nous avons remis la lettre ouverte à Marlène Schiappa, Secrétaire d’État auprès du premier ministre français, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Maryam Monsef, ministre canadienne des Femmes et de l’Égalité des genres, et d’autres homologues.

Je tiens à remercier la campagne ONE pour cette occasion de collaboration. D’ici au Sommet du G7 en août, nous poursuivrons nos actions militantes. Au cours de mon voyage, j’ai rencontré une foule de gens fantastiques, tous et toutes luttant en faveur des droits des filles et des femmes où qu’elles soient. Mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire, et si nous voulons gagner ce combat, nous aurons besoin de votre aide.

Êtes-vous d’accord pour aider Aya dans la lutte pour l’égalité des sexes? Signez la lettre ouverte pour vous montrer solidaires des filles et des femmes de partout!

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