Des enfants en santé pour une école en santé : L’influence de l’alimentation sur l’éducation
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Des enfants en santé pour une école en santé : L’influence de l’alimentation sur l’éducation

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Il y a actuellement à travers le monde 130 millions de jeunes filles qui ne fréquentent pas l’école, soit qu’elles se heurtent à des obstacles sociaux ou économiques pour le faire, soit à cause d’autres facteurs. Le 8 mars, Journée internationale de la femme, ONE lançait une campagne d’envergure pour corriger cette injustice, #GirlsCount. À titre d’un des directeurs des politiques à ONE, mon mandat est principalement axé sur le développement agricole, la sécurité alimentaire et l’alimentation. Alors, d’où vient mon intérêt particulier pour #GirlsCount?

Il s’avère que la malnutrition pèse très lourd dans la fréquentation scolaire des enfants et dans leurs résultats à l’école.

Étudiants à l’école secondaire Nyange, région de Kilombero, Tanzanie. (Photo : Sam Vox/ONE)

Ce devrait pourtant être bien évident, on constate les mêmes choses dans des pays riches comme les États-Unis. Ma sœur a enseigné à des étudiants issus de milieux défavorisés dans plusieurs villes américaines qui dépendaient de programmes fédéraux de petit déjeuner et de repas du midi à l’école, et dans bien des cas il s’agissait des seuls repas de la journée pour eux. S’ils arrivaient en retard pour prendre le petit déjeuner à l’école, ils passaient l’avant-midi à être léthargiques, distraits et irritables, n’ayant rien mangé depuis le repas de la veille servi à l’école. Vous avez peut-être remarqué le même phénomène chez vos enfants, même lorsqu’ils manquent une collation. Cette intuition, cette impression courante que la faim et la malnutrition nuisent au rendement scolaire sont confirmées par un nombre croissant d’études scientifiques examinées par des pairs qui se traduisent par des impacts mesurables sur les points de QI.

Tentez alors d’imaginer ce que ce doit être pour les familles en situation de pauvreté modérée ou extrême des pays en développement de tenter de se débrouiller avec moins de 3,10 $ par jour par personne (en n’oubliant pas que le seuil de pauvreté aux États-Unis est d’environ 32 $ par jour par personne). À travers le monde, environ 800 millions de personnes souffrent de faim chronique (c’est-à-dire que régulièrement ils ne consomment pas suffisamment de calories pour vaquer à leurs activités quotidiennes). Ajoutez à cela les cas de malnutrition chronique, et on arrive à des milliards de personnes.

La malnutrition est en cause dans près de la moitié des décès des enfants de moins de cinq ans, soit environ trois millions d’enfants par année, et est liée à environ 40 % des décès maternels. Même quand l’enfant survit, s’il n’a pas une alimentation suffisante au cours de ses mille premiers jours, c’est-à-dire de la grossesse jusqu’à son deuxième anniversaire de naissance, les séquelles physiques et du cerveau sont permanentes. Ce phénomène entraîne une perte considérable sur le potentiel d’apprentissage et des possibilités de revenus qui représenterait une perte de 16 % du produit intérieur brut d’un pays.

Fillettes qui reviennent de l’école à vélo, école secondaire Nyange, région de Kilombero, Tanzanie (Photo : Sam Vox/ONE)

Malgré le gaspillage scandaleux du potentiel d’un enfant (voire d’un pays) qu’entraîne la malnutrition, les pays riches dépensent moins de 1 % de leur aide au développement pour lutter contre la malnutrition à l’échelle de la planète.

Le problème n’est pas insoluble. Nous savons comment le régler (il y a un ensemble convenu de solutions préventives et curatives) de façon efficiente et efficace. Chaque dollar investi dans la lutte à la malnutrition rapporte 16 $. C’est plus de mille fois le rendement moyen d’un fonds de retraite.

Si les chefs des grandes puissances mondiales croient que l’initiative #GirlsCount est importante, ils ne doivent pas limiter leurs efforts à aplanir les obstacles à l’accès et à la persistance scolaire. Ils doivent aussi augmenter de façon significative leurs investissements en alimentation, sinon la malnutrition privera ces jeunes filles de l’expression de leur plein potentiel avant même d’avoir eu la chance de fréquenter une école maternelle.

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