Pourquoi le Canada devrait consacrer 1% de ses dépenses en réponse à la COVID-19 et pour la relance à une aide internationale supplémentaire

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À l’approche du budget fédéral, il est beaucoup question de la réponse du Canada à la pandémie et de « reconstruire en mieux ».

Comment souhaitons-nous que le gouvernement dirige notre pays en cette période de crise ?

Heureusement, une solution existe pour protéger les Canadiens et relancer l’économie mondiale.

La mission première du gouvernement fédéral étant de protéger les Canadiens, dépenser 99 % des fonds consacrés à la réponse d’urgence à la COVID et la relance au pays est logique — le public en conviendra. Nous pourrions nous engager à investir le 1 % restant en faveur d’une nouvelle aide internationale afin de renforcer la réponse à la COVID-19 et la relance à l’échelle mondiale. Ainsi, les populations les plus vulnérables du monde pourraient elles aussi nourrir de l’espoir.

Ce don de tout juste 1 % placerait le Canada dans une véritable position de leader au sein du G7. Il jouerait ainsi un rôle essentiel pour relancer l’économie et le commerce et apporter une réponse solide à la crise climatique à l’échelle mondiale. Ce serait aussi une initiative judicieuse. Chaque dollar investi dans l’acheminement de vaccins aux pays moins développés rapportera plus de 5 dollars en retombées économiques au Canada.

Aussi longtemps que la pandémie sévira à travers le monde, d’autres vies seront sacrifiées, de nouveaux variants émergeront, notre sécurité restera précaire et notre relance économique s’essoufflera. Si nous souhaitons un retour à la « normalité », nous devons enrayer cette pandémie partout, pas uniquement au Canada.

En outre, la pandémie a fait reculer de plusieurs décennies les progrès réalisés dans la lutte contre l’extrême pauvreté et d’autres épidémies comme le VIH. Des investissements seront nécessaires pour stabiliser les systèmes de santé et les nombreux programmes de développement social axés sur la lutte contre les maladies évitables et la pauvreté. Nous ne pouvons abandonner maintenant.

Un seul pour-cent suffirait à renforcer le rôle du Canada en tant que champion de l’égalité, de l’équité et de la justice, tout en le plaçant au cœur d’un effort mondial de relance auquel aucune nation ne peut s’attaquer seule.
Investissons seulement 1% dans le plan mondial de lutte contre la pandémie et de relance. Cela fera toute la différence.

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Vous voulez en savoir plus ? Lisez ce qui suit !

Niveau actuel de l’aide internationale du Canada

Bien que le Canada ait pris un certain nombre d’engagements internationaux significatifs ces dernières années, le niveau global de l’aide internationale en proportion de sa richesse nationale a stagné, atteignant un niveau presque sans précédent de 0,27 % du RNB, ce qui est en dessous de la moyenne de 0,38 % des pays riches de l’OCDE. Le précédent record canadien était de 0,34 %, atteint en 2010 sous le dernier gouvernement conservateur.

Le Canada a non seulement maintenu son EAI d’avant la pandémie, mais il a également engagé environ 1,2 milliard de dollars de fonds nouveaux et supplémentaires pour la réponse mondiale à la COVID-19. Ces sommes comprenaient le financement du dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (accélérateur ACT) – le partenariat mondial œuvrant à la mise au point et à la distribution équitable des vaccins, tests et traitements COVID-19 – et des fonds destinés à faire face aux conséquences de la pandémie sur le développement et l’aide humanitaire. Nous estimons que ces investissements pourraient porter le niveau d’aide du Canada à 0,34 % en 2020 (en tenant compte de la récession économique).

L’investissement urgent dont nous avons besoin

Malgré ces initiatives louables, la pandémie présente encore d’immenses défis, qu’il s’agisse de la nécessité immédiate de garantir un accès universel aux vaccins COVID-19, de la perturbation massive des systèmes de santé, d’alimentation et d’éducation, ou des effets en cascade de la crise économique mondiale sur des enjeux tels que la dette souveraine.

Le Canada doit donc impérativement accroître son aide internationale pour se voir au cœur de l’action mondiale de lutte contre la COVID et des efforts de relance connexes, et pour concrétiser ses aspirations à faire figure de leader mondial dans la lutte contre la crise climatique. Mais les engagements pris par le gouvernement en matière d’aide en 2020 ne sont pas permanents et, à moins que celui-ci ne prenne des mesures politiques dans le cadre de son prochain budget pour les inscrire dans la continuité, le niveau d’aide du pays reculera à un échelon historiquement bas alors que les besoins mondiaux atteignent des sommets sans précédent.

L’augmentation que nous proposons pour l’EAI, et la trajectoire d’augmentation soutenue de l’aide sur laquelle elle placerait le Canada, pourraient contribuer à atteindre trois objectifs.

Premier objectif : éliminer la COVID partout

Mettre fin à la pandémie de COVID-19 partout où elle sévit est nécessaire pour rétablir la santé et la sécurité économique à l’échelle mondiale. Alors que le virus et ses variants ont touché à ce jour plus de 100 millions de personnes, faisant plus de 2 millions de victimes et causant des pertes économiques mondiales mensuelles estimées à 500 milliards de dollars, nous n’avons tout simplement pas d’autre choix que de prendre des mesures extraordinaires.

La seule façon de mettre fin à la COVID-19 et ses répercussions partout dans le monde est d’accroître l’accès à ses vaccins, tests et traitements. Le Canada a fait don de 973 millions de dollars à l’accélérateur ACT et s’est révélé un véritable champion de l’initiative en atteignant sa juste part du besoin mondial total de 38 milliards de dollars US cette année. Mais nous savons qu’un financement supplémentaire est indispensable, car il est peu probable que la crise de la COVID-19 soit résolue dans le monde en développement en 2021. Nous devons donc accroître l’EAI afin de renforcer notre contribution, notamment en matière de préparation aux pandémies.

Ces investissements n’aideront pas seulement les pays à faible revenu ; ils aideront aussi le Canada, dont l’économie dépend de l’exportation et s’appuie sur des relations commerciales et des chaînes d’approvisionnement internationales. Une étude menée par Eurasia Group a révélé que pour chaque dollar investi par le Canada dans l’accès au vaccin COVID-19 dans le monde, plus de 5,60 dollars seraient récupérés en retombées économiques .

Le Canada a fait don de 973 millions de dollars à l’accélérateur ACT et s’est révélé un véritable champion de l’initiative en atteignant sa juste part du besoin mondial total de 38 milliards de dollars US cette année

Deuxième objectif : reprendre la lutte contre la crise climatique

Cette année, le Canada sera appelé à respecter ses engagements mondiaux en matière de climat en amont de la conférence COP 26. Il devra notamment renouveler et accroître sa contribution au financement international de la lutte contre le changement climatique. Pour couvrir sa juste part du besoin annuel de 100 milliards de dollars en vertu de l’Accord de Paris, le Canada devrait investir 1,8 milliard de dollars par année, en plus de l’aide internationale déjà consentie, d’ici 2025-26 afin d’aider les pays en développement à réduire leurs émissions et à s’adapter aux changements climatiques.

Le Canada ne peut pas respecter ses engagements mondiaux en matière de climat sans accroître son aide internationale.

Cela nécessitera une augmentation significative de l’EAI, et la présente requête de 1 % pourrait couvrir cet engagement sur les deux premières années. Cela signifie aussi d’investir dans l’agriculture, la sécurité alimentaire, la nutrition, l’énergie et l’amélioration de la qualité de l’eau et des installations sanitaires, ces éléments étant essentiels pour mieux préparer les populations du monde entier à faire face à la menace du changement climatique.

Troisième objectif : Respecter l’engagement de mettre fin à l’extrême pauvreté dans le monde

La Banque mondiale estime que les impacts collatéraux de la COVID-19 plongeront jusqu’à 163 millions de personnes dans l’extrême pauvreté — une toute première montée de la pauvreté mondiale depuis des décennies. Deux fois plus de personnes ont été confrontées à une faim aiguë, environ 1,2 milliard d’apprenants ont vu leur parcours scolaire interrompu et au moins 80 millions d’enfants n’ont pas reçu leurs vaccins de routine en 2020, augmentant ainsi le risque d’autres épidémies.

Avant la pandémie, le taux de pauvreté chez les femmes devait reculer de 2,7 % entre 2019 et 2021. Or, celui-ci est appelé à croître de 9,1%. La Politique d’aide internationale féministe, revêtant un caractère emblématique pour le Canada, est directement menacée par la COVID-19.

Ces revers malheureux nous ont fait dévier des objectifs mondiaux des Nations Unies et pourraient effacer des décennies d’investissements canadiens en faveur des plus vulnérables dans le monde entier — une issue totalement inconcevable. Un investissement relativement modeste dans l’aide humanitaire, la sécurité alimentaire, la nutrition, l’éducation, le renforcement des systèmes de santé et la croissance économique durable pourrait permettre à des millions de personnes de s’émanciper et de perpétuer des décennies de leadership canadien autour de ces enjeux, tout en continuant à s’attaquer à la COVID-19.

Que veut-on dire par 1 %?

Au moment de la mise à jour fiscale de 2020, le gouvernement fédéral avait dépensé 490 milliards de dollars pour la réponse nationale à la pandémie de COVID-19. Il a également déclaré son intention de consacrer jusqu’à 100 milliards de dollars supplémentaires sur 3 ans pour stimuler la relance économique du pays, pour un total d’au moins 590 milliards de dollars en guise de réponse et de relance au Canada.

Un pour cent représente 5,9 milliards de dollars, et c’est ce que nous réclamons comme aide internationale supplémentaire de 2020-21 à 2022-23. Un pour cent des dépenses intérieures totales du pays en matière de COVID s’avérerait un investissement relativement modeste pour contribuer à mettre fin à la pandémie partout dans le monde, à atténuer le changement climatique et ses effets, et à rétablir la promesse mondiale d’enrayer l’extrême pauvreté.

Le gouvernement s’est déjà engagé dans la première étape de cette augmentation en 2020. Dans une démonstration exemplaire de leadership mondial, il a consacré environ 1,2 milliard de dollars en aide supplémentaire à la lutte contre la pandémie mondiale, tout en maintenant l’ensemble des fonds d’aide préexistants. N’étant toutefois que temporaire, ce financement supplémentaire devrait être intégré dans une expansion de l’EAI et pérennisé.

Si le Canada investit 1 % de ses dépenses intérieures consacrées à la réponse à la COVID et à la relance dans une nouvelle et plus ample APD, nous estimons que dans le budget 2021-22, l’EAI serait de 7,8 milliards de dollars et qu’en 2022-2023, elle passerait à 8,7 milliards de dollars. Ainsi, le Canada dépenserait la moyenne de ce que les autres pays riches investissaient dans l’APD en proportion du RNB avant la pandémie (0,38 %) et s’engagerait sur la voie des hausses annuelles soutenues auxquelles il doit consentir à long terme.

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